‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 93 sur 154 · CHAPITRE SEPTIÈME. 1 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. 1 8l

rible maladie se répandit par contagion, c'est-àdire par le transport d'un virus spécifique (1).

généralement assez faible, l'oplithalmie contagieuse ne prit jamais chez eux le caractère inflammatoire aigu; et que c'est pour cela que les saignées et l'usage répété des purgatifs ne leur convenaient pas. Frank , Collections d'opuscules de méd. prat. de Vophthalmie d'Egypte.

Malheureusement les médecins français et anglais ignoraient que, pour favoriser la résolution de l'inflammation , et déterger les yeux, il est un contre-stimulant fort utile , c'est un collyre fait avec une dissolution de dix ou quinze grains de tartre stibié dans une livre d'eau , collyre dont Vasani dit avoir retiré les plus grands avantages dans l'oplithalmie purulente contagieuse d'Ancône. Mais ces praticiens n'étaient pas initiés dans les mystères de la doctrine des contre-stimulants : ils savaient bien qu'un collyre, tel qur, celui dont nous parlons, enflamme la peau et produit des pustules et des vésicules prurigineuses ; mais il ne lenr serait jamais venu dans l'idée de détruire l'effet d'un stimulant avec un si fort irritant. Je m'attends à entendre dire sous peu qu'on a guéri des ophthalmies inflammatoires aiguës et chroniques avec la teinture de cantharides, puisque les partisans de la doctrine ténébreuse des contre-stimulants, soutiennent qu'il n'y a point de différence entre une ophthalmie aiguë et une ophthalmie chronique (a).

(«)Il est évident que M. Scarpa veut jeter du ridicule sur la doctrine des contre-stimulants dont il est l'un des antagonistes les plus redoutables et les plus prononcés.

(^Note des traducteurs.)

(i) M. Larrey ne doute pas que la matière purulente qui découlait des yeux enflammés, mise en contact avec des yeux sains, ne fût très-susceptible de reproduire l'oplithalmie;

Le même auteur croit avoir observé que , chez plusieurs Européens qui furent affectés de cette maladie, il existait une sympathie singulière entre les yeux et l'urètre. Voici quels étaient les symptômes : écoulement purulent des yeux très-abondant, tuméfaction des paupières, de la conjonctive et du globe de l'oeil, tendance de la cornée à l'opacité et à l'ulcération. Les moyens les plus efficaces, au rapport du même auteur, furent les purgatifs , les saignées sur les sujets pléthoriques (moyens funestes aux habitants du pays) et la prompte administration des collyres astringents ; en un mot, le traitement était le même que ce-

rnais ce n'est pas à cette cause qu'il rapporte la propagation de cette cruelle maladie. Ce mode de contagion ne lui paraît pas saris doute assez actif pour expliquer les progrès d'une affection qui attaqua plus de trois mille soldats dans l'espace de deux mois et demi. Il a cherché d'autres causes au même fait , et croit les avoir trouvées non - seulement dans la chaleur brûlante du jour, la réfraction des rayons du soleil par la blancheur des corps répandus sur le sol de l'Egypte, l'usage immodéré des liqueurs spiritueuses et des femmes, la poussière entraînée par l'air; mais sur-tout dans la suppression de la transpiration cutanée par le passage subit du chaud au froid , et dans l'humidité et la fraîcheur des nuits. Aussi l'expérience apprit bientôt aux soldats la nécessité de porter avec eux des capotles, des couvertures et des vêtements convenables pour se préserver de cette maladie. (Relation historique et chirurgicale de l'expédition de V armée d'Orient en Egypte et en Syrie.) (Note des traducteurs.)

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