CHAPITRE II
Des Lésions des parties extérieures de l'œil par contusions, effets de coups ou de chütes; par un instrument tranchant ou piquant; par l'action du feu.
Les connesions sont si nombreuses entre les nerfs et les vaisseaux sanguins des paupières et des sourcils, et les nerfs et les vaisseaux sanguins qui se distribuent au globe de l'oeil et dans l'intérieur de l'orbite, qu'il est facile de concevoir que les blessures des environs de cette cavité doivent, dans certains cas, étre suivies de névroses plus ou moins graves de la vision. J'ai vu la blessure du nerf frontal et celle du nerf maxillaire inférieur suivies de diminution, et méme de perte totale de la vue de l'oeil du méme cóté. Plempius (1) rapporte que Spigelius, son maître, a vu la paupiére supérieure tombée par l'effet d'une légére blessure au nerf frontal. On a vu méme, à la suite de blessures aux paupiéres, en apparence légères, l'inflammation du périoste orbitaire se communiquer aux membranes du cerveau, et amener la paralysie des membres et la mort.
(1) Ophtalmograph. lib. V, cap. VI.
Si l'on était appelé pour faire l'extraction d'un corps étranger profondément introduit dans l’orbite à travers les téguments et le muscle orbiculaire , il faudrait ne faire d'abord que de légers essais, et si la difficulté était considérable, il serait mieux de temporiser (obs. 17); mais ces cas sont rares, et je crois que des saignées du pied réitérées doivent prévenir une funeste terminalson.
Je me suis bien trouvé quelquefois d'avoir donné issue, par une incision, à du sang épanché dans le tissu cellulaire situé sous les paupiéres, et dont l'épanchement avait été déterminé par une blessure. |
« Un homme avait été blessé à la paupière : la pointe du dard avait pénétré assez profondément. La paupière ayant été incisée, tous les accidents cessérent, et cette blessure n'eut pas de suite fàcheuse; l'oeil fut conservé et guéri promptement. Le sang avait coulé long-temps et en grande quantité (1). »
S'il est rare de rencontrer, dans la pratique, de ces accidents graves, il est extrémement commun de trouver des maux d'yeux de nature équivoque, dont la cause premiére parait étre quelque contusion ou blessure des parties qui environnent le globe de l'œil. |
J'ai donné des soins à M. B"'*, aujourd'hui ITO cis cp LA ap NN
(1) Hippocrat. de Morb. vulg. lib. V, cap. XXI.