‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humain (volume 2)Chapitre 57 sur 84 · OPHTALMIE, EFFET DE CORPS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

OPHTALMIE, EFFET DE CORPS ÉTRANGERS

dégage des fosses d'aisance (1). Les substances âcres cautérisent souvent les parties sur lesquelles porte leur action (obs. 134).

Si la cautérisation est trés- bornée dans son étendue et sa profondeur, c'est une chose surprenante que la facilité et la promptitude avec lesquelles les parties lésées se rétablissent (obs. 135). Rien de plus malheureux que la prédisposition immédiate dans laquelle était une jeune personne (observat. 136) qui éprouvait un peu de fluxion et de gonflement à la partie supérieure de la joue, lorsque quelques gouttes d'une liqueur caustique lui jaillirent dans l'oeil. |

J'ai toujours remarqué qu'une saignée de la jugulaire, répétée s'il est nécessaire, était préférable à tout autre moyen, et suffisait quelquefois dans les plus graves accidents de ce genre (obs. 137).

De l'Ophtalmie, effet de corps étrangers.

Les corps étrangers sont au nombre des causes les plus ordinaires d'ophtalmies. Il n'y a peutétre pas une personne parvenue à un certain âge, à laquelle il ne soit arrivé, dans le cours de sa vie, d'avoir eu, dans un de ses yeux, quelque particule étrangére plus ou moins irritante, et de l'y avoir conservée plus ou moins long-temps.

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(1) Dict. des Sciences médicales, tome XVII, page Bar, art. . de M. Nysten.

La figure 3, planche 21, représente la moitié d'une coque de millet dessinée sur l'œil de Madame**, qui me fut adressée par mon collégue M. Jacquemin. Il y avait sept mois que ce corps étranger était fixé sur la conjonctive : sa présence était accompagnée de beaucoup d'inflammation. Le gros bout d'un cure-dent déplaca facilement cette cause d'irritation, et en peu de jours tous les accidents disparurent. Quelquefois la portion de coque de millet est appliquée sur la cornée, et c'est là qu'elle ressemble encore mieux à un petit abcés qu'on est fort étonné de ne pas voir s'ouvrir après un certain temps. Il ne s'écoule jamais une année sans que je sois consulté plusieurs fois par des personnes qui prétendent avoir un abcès depuis quinze jours, un mois, et même plus, et qui déja portent des vésicatoires. En reconnaissant la nature du corps étranger, il est facile de deviner qu'elles ont nettoyé elles-mémes la cage d'un oiseau, en soufflant dedans. Tous remèdes sont superflus dès l'instant qu'on est parvenu à enlever l'obstacle, et rien n'est si facile; tout instrument est bon pour cela: le gros bout d'un cure-dent de plume est celui dont je me sers. On voit, dans la figure 3 de la planche 21, une petite parcelle de fer sur la cornée, et une semblable à la face interne de la paupiére supérieure. Cet accident est tréscommun, surtout chez les ouvriers qui travaillent.le fer. Il

arrive souvent à ceux qui taillent la pierre, et |

OPHTALMIE, EFFET DE CORPS ÉTRANGERS. 219 particulièrement les meules à moulins; mais je vois souvent des personnes auxquelles le vent a envoyé dans un œil une de ces petites parcelles mélée avec de la poussière. Ce sont des débris de fer usé par le frottement sur le pavé. Quelques-unes sont trés-faciles à retirer, et à peine le gros bout d'un cure-dent les a-t-il touchées, qu'on les apercoit sur cet instrument, ou bien vers le grand angle, ou elles sont entrainées par quelques larmes qu'excite lirritation, toujours plus ou moins considérable. Quelquefois le simplé cure-dent de plume, qui me réussit neuf fois sur dix , devient insuffisant , et il faut la pointe d'une lancette, avec laquelle on doit les attaquer treslégérement, tantót d'un cóté, tantót de l'autre. Au reste la patience y fait beaucoup; car souvent, aprés plusieurs minutes d'essais inutiles et les intervalles nécessités par l'irritation , souvent excessive, que ces tentatives produisent, la petite parcelle de fer se trouve déplacée par un mouvement de l'instrument qui l'a touchée dans un sens plus favorable à son extraction.

Je fus appelé, le rr mars 1815, par M. G***, restaurateur, pour une ophtalmie qui s'était déclarée la veille. Les douleurs étaient fortes; il n'avait presque pas dormi de la nuit. L'irritation était si vive, que je pus à peine examiner l'oeil. Jengageai le malade à envoyer chercher M. le docteur Liniéres, son médecin, et lui prescrivis quelques moyens simples, en lui conseillant de

se faire saigner du pied le lendemain; si ces moyens ne lui avaient pas procuré une bonne nuit. Il allait être saigné, lorsque M. Liniéres, examinant avec une grande attention l'oeil qui était un peu moins irrité, apercut sur la cornée une de ces petites parcelles. Elle était presque imperceptible, il la déplaca avec un anneau; je vis M. G*"* le sur-lendemain ; il n'avait presque plus de rougeur

à l'oeil.

Un rémouleur de Neuilly, pres Paris, m'a dit en avoir eu une centaine en sa vie, qui. toutes avaient été.ótées avec plus ou moins de facilité par des camarades habitués à se rendre mutuellement ce service. Cependant il en avait une qui depuis un mois s'était montrée rebelle à toutes les tentatives, et ces tentatives étaient renouveléés à-peu-prés tous les jours et plusieurs fois dans la journée, lorsque la prodigieuse irritation dans laquelle était son oeil permettait d'y porter un instrument. Je la touchai à peine, le 15 septembre 1816, avec le gros bout d'un cure-dent, quà mon grand étonnement elle se détacha : Je m'attendais à éprouver beaucoup de difficulté, et même à employer la lancette.

J'ai óté quelques-unes de ces petites parcelles de fer à l'aade d'un barreau d'acier fortement aimanté et taillé en pointe obtuse, moyen que Fabrice de Hilden employa le premier; mais qui est ordinairement insuffisant; j'ai remarqué que toutes celles qui tiennent assez peu pour être

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