OPHTALMIE PAR IMPRESSION DE L'AIR
moindre précaution. Il est prudent de ne pas traiter trop légèrement ces affections, et d'examiner s'il ne se forme pas des complications, malgré leur peu de probabilité. J'ai vu souvent les constitutions épidémiques de ce genre donner naissance à des phlegmasies des membranes transparentes de lintérieur du globe (obs. 122), à des engorgements dans l'iris (obs. 123 et 124), à des amauroses plus ou moins graves ( obs. 125), à l’ægilops, ou fistule lacrymale (obs. 126), à des paralysies des muscles de l'oeil ( obs. 127), à l'inflammation de la cornée, à des abcés qui ont percé cette membrane et donné lieu à une procidence de l'iris ( obs. 127).
On a vu des ophtalmies épidémiques accompagnées des symptômes les plus graves (1). Cependant en général elles sont bénignes et se bornent à un gonflement inflammatoire de la conjonctive, qui passe d'un oeil à l'autre, et dure en tout huit à quinze jours. |
Cette phlegmasie régne généralement, d'une maniére plus ou moins apparente, à la fin de l'hiver : je la désigne alors par le nom d'ophtalmie du printemps. Elle dure rarement au-delà
(1) Voy. la relation d'une ophtalmie inflammatoire, épidémique, et contagieuse, qui a régné à Vicence pendant le cours de 1808 , par M. Laverine, Journal général de Médecine, de chirurgie et de pharmacie, octobre 1811, t. XLII, n? CLXXXIT.
210 SECTION IV, CHAPITRE T; ^ À de.huit ou neuf jours (obs. 128). Je l'ai vue souvent revenir chaque année à la méme époque chez le méme sujet (obs. 129), et quelquefois à au méme ceil.
Elle a beaucoup de rapport avec celle qui est produite, en toute saison, par l'impression d'un air froid (obs. 130 et 131), et celle désignée sous le nom de catarrhale (obs. 132). Dans la premiére période de ces sortes d'ophtalmies, les astringents produisent quelquefois une prodigieuse irritation (obs. 133). M. le comte de*"*, qui fait le sujet de cette dernière observation , et dont j'ai suivi la maladie jour par jour du 15 juillet au 15 août 1816, a rédigé et écrit lui-même le Mémoire, qui est de la plus grande exactitude. L'état qu'il décrit a éprouvé fort peu d'amélioration pendant trois semaines, et a subitement cédé à l'emploi du fromage mou appliqué en cataplasme sur les yeux pendant la nuit. Ce moyen, qui convient aux fluxions de cette espèce accompagnées d'irritation aux paupières ; ne doit pas. étre employé quand le siége principal de la phlegmasie est le globe de l'oeil. — |
De l'Ophtalmie, effet des substances ácres.
L'action des vapeurs et des substances àcres est une cause fréquente d'ophtalmies. Une espéce particulière aux vidangeurs, et qu'ils appellent la mite, est due, suivant M. le docteur Dupuyven, à l'hydro-sulphure d'ammoniaque, qui se