TITI
Montargis, le 1" novembre 1777.
Monsieur, je me suis chargé de vous instruire de l'effet des remèdes que vous avez prescrits en septembre dernier à un malade de mes amis, pour une paralysie des muscles releveurs des paupières, paralysie qui me parait d'autant plus compléte, que les fibres musculaires me semblent dans une atonie parfaite, et par-là peu susceptibles de guérison.
Le malade a suivi exactement votre consultation. Il a pris, autant de fois et de la manière que vous le lui avez prescrit, l'émétique, qui l'a fatigué, mais beaucoup évacué. Les eaux de Balaruc, la potion cordiale, les vésicatoires, tout à été administré. La potion a été sans effet marqué; les vésicatoires ont irrité et causé des douleurs aigués qui lui enlévent jusqu'au sommeil : elles sont d'autant plus vives que les houpes nerveuses sont à découvert, et dans un état de crispation produit et entretenu par la réapplication du populeum fortement imprégné de cantharides. 11 en a encore pour près de trois semaines. Il ne prend plus la potion dont l'usage était prescrit pour un temps qui est expiré. Voilà à-peu-pres, Monsieur, l'effet immédiat de tous ces remèdes. Les paupiéres s'ouvrent assez bien à son réveil, mais cela ne dure pas; elles s'abaissent bientôt dans la matinée au point que le malade ne peut voir
qu'en les soulevant avec ses doigts; les yeux se trouvent en outre baignés de larmes, ce qu'il n'éprouvait pas auparavant. Il croit que c'est l'application du baume de Fioravanti qui produit cet effet. | . GASTELLIER ,
. Associé régnicole de la société royale de Médecine.
Réponse.
La saison est peu favorable à l'effet des remèdes. Cette maladie, qui est une des plus difficiles à guérir, ne cédera, si elle est curable, qu'aprés un an de remèdes et de régime; du moins toutes celles que j'ai vues guérir ne l'ont été que dans cet espace de temps. Je ne conviens pas avec M. Gastellier que la paralysie des muscles releveurs des paupiéres soit compléte, puisque le malade les ouvre assez librement le matin. Adoucir, mais entretenir pendant tout l'hiver les vésicatoires... Eau de Balaruc continuée... Donner des nouvelles au mois de mars. : |
; Montargis, 5 décembre 1777.
NLoasidik 0 l’état où se trouve actuellement M. P'"** est tel, que je suis obligé de devancer le terme que vous aviez fixé pour qu'on vous rendit compte: de l'effet. des remédes.
Le malade a suivi le régimie ordonné : il fait usage des eaux de Balaruc de la manière indiquée par votre dernière lettre. Enfin il a souffert pendant deux mois et plus les pansements des vésicatoires, et les supporterait encore jusqu'au
TE
mois de mars, ainsi que vous le lui prescriviez; mais depuis quelque temps l'effet enést devenu nul; la péau s'est crispée et desséchée au point qu'ils n'ont plus de prise: ainsi plus de suppuration. Ses paupières sont toujours à- peu- prés dans le méme état, c'est-à-dire que le matin à son lever il ouvre assez bien les yeux; mais ensuite les paupières s'appesantissent et se ferment. Il a observé que le froid lui faisait beaucoup plus de bien que le chaud, qui au contraire lui était funeste. Sans doute l'air froid agissant comme styptique, comme tonique, la fibre se contracte
par son impression , tandis que le chaud au con-
trarre augmente le relàchement.
Jai eu tort en effet si J'ai marqué expressément que la paralysie des muscles releveurs était complète, puisqu'ils sont mus presque qot mE lement par des contractions spasmodiques.
Il ya des matinées entiéres quy les paupiéres s'ouvrent assez bien; mais les aprés- dinées elles se ferment souvent, et encore plus le soir.
GASTELLIER.
Réponse.
Un vésicatoire au bras. Infusion de sassa-
fras... Des frictions d'eau de rid sur les pau-
pières.
IN. B. Jai su, en août 1817, par M. Gastellier, que le de était mort sans avoir éprouvé
d'amélioration.
NÉVROSES DES MUSCLES DE L'OEIL. 309 Observation 399.
Mémoire, le 31 octobre 1775. — La maladie de Madame de L'* a commencé, il y a plus d'un an, par un mal de téte opiniátre OCCasionné par le chagrin de la perte de son mari. Cette dame a supporté sa douleur de téte, sans y apporter remède, jusqu'au mois d'août dernier, qu'elle se fit ramener de la campagne. Appelé auprès d'elle aussitót son arrivée, je la trouvai avec de la fièvre, la peau sèche et brülante, se plaignant d'envies de vomir et d’un très-violent mal de tête. Son pouls était enfoncé, tres-lent et intermittent, sa tête pesante et absorbée. Madame fut saignée du bras, mise à la diète, aux boissons et lavements rafraichissants. On se disposait à une saignée de pied le lendemain matin; mais ayant trouvé la fièvre et la chaleur considérablement diminuées, les envies de vomir étant continuelles et la langue fort chargée, je préférai l'émétique, d'autant que le pouls était tellement enfoncé et lent, que jaurais appréhendé de jeter la malade dans l'apoplexie ou la léthargie, qui me paraissaient imminentes. Nonobstant les évacuations abondantes et long-temps continuées, la paupière de l'ocil, du cóté de la douleur, se paralysa; elle est toujours restée abattue depuis. Ayant examiné le globe avec attention, je trouvai la prunelle considérablement dilatée, et elle l'est encore aujourd'hui. Je fis surle-champ appliquer, autour de l'œil et de la tempe,
des sangsues, et un large vésicatoire aux épaules, dont l'écoulement n'a pas duré, de sorte que la douleur de téte et l'état de l'oeil n'ont pas changé. Ce vésicatoire a attiré au dos une inflammation cutanée, qui a été suivie, sur l'épaule, d'un abcés considérable et semblable à un anthrax : cet abces a été trés-long à guérir. Je pense que l'on peut attribuer la cause de cette maladie au vice des digestions, qui a procuré à la longue un épaissement et un engorgement humoral; et au relâchement des solides. Ces deux causes réunies occasionnent, comme l'on sait, la plupart des apoplexies, sur-tout dans les tempéraments replets. Il est bon dé faire observer que Madamé était trés-sujette à des dévoiements et à des rhumes de cerveau, qui se sont supprimés depuis quelques années, et qu'en conséquence de cette suppression, des engorgements se sont faits dans le cerveau: et dans les sinus, où, par le reláchement des vaisseaux, il a pu se faire des dilatation& variqueuses ou quelque léger épanchement, ce qui rend la douleur de téte rebelle. | |
Loyré, D. M.
IV. B. Madame de L** apporta à Paris ce Mémoire. Mon père approuva l'explication des causes de la maladie, fut obligé d'avertir que l'autre œil courait quelque danger, et insista pour que les moyens conseillés par M. Loyré fussent employés avec la plus grande exactitude : il regarda l'es-
DE L'EXOPHTALMIE. 3rr A 9 3 Li ? .
péce d'anthrax survenu au-dessus du vésicatoire comme ayant mis le bon œil à l'abri de la méme maladie, et il conseilla un séton à la nuque.
Du déplacement du Globe, ou Exophtalmie.
— De la Cataracte. — Des filaments volti-
geants. — De la Pupille artificielle.