DE LA CATARA€TE. 335 CHAPITRE IT
De la Cataracte.
Observation 415.
Mémoire, le 30 avril 1766. — Madame***, qui était d'un bon tempérament, eut la grossesse la plus rude : elle vomissait tout ce qu'elle prenait linstant d'aprés; elle ne dormait point la nuit (c'était sa première grossesse): sa couche fut assez heureuse. Les premiers mois que l'enfant fut en nourrice il avait les yeux beaux et voyait. Sa nourrice manqua de lait pendant quelque temps, et on le changea; alors on s'apercut qu'il ne fixait pas ses yeux. Il a aujourd'hui deux ans et huit mois. Les médecins du pays pensent que ce sont des cataractes assez müres pour souffrir lopération, étant aussi belles qu'elles puissent étre. Cet enfant, qui est d'une maigreur affreuse, est vif et dans un mouvement perpétuel; il veut toujours se promener : il semble qu'il a quelque chose dans la téte, voulant toujours la soutenir; en marchant, il l'appuie sur une de ses épaules; et, étant assis, il l'appuie sur ses mains. Pour comble de malheur, il a toujours les doigts dans ses yeux : il semble qu'il voudrait les arracher. La prunelle est de la plus grande sensibilité; elle peut se dilater dans une certaine obscu-
rité, et se contracter avec la méme facilité dans le grand jour, qu'il parait souffrir avec beaucoup de difficulté. La santé dont il jouit, son áge tendre, la bonne conformation de ses yeux, tout, à la réserve de sa grande maigreur, présente le pronostic le plus avantageux pour la réussite de l'opération. On prétend que lorsque les cataractes sont en maturité et qu'elles ne sont point adhérentes, elles peuvent le devenir. L'enfant a eu la rougeole. Peut-on lui faire l'opération?
Réponse.
Il faut attendre l’âge de treize ou quatorze ans; à moins d'inflammation des membranes intérieures de l’œil, on ne doit craindre aucune adhérence à cet àge, à cause de la grande mobilité de l'iris, qui dilate et rétrécit la prunelle avec la plus grande facilité, selon le degré de lumiére auquel l'œil est exposé. |
Observation 416.
EM, JT ND m'apporta le Mémoire suivant :
Saint-Malo, le 15 mai 1804.
Un enfant, âgé aujourd'hui de douze ans, eut, il y a environ cinq ans, un bouton sur le sourcil, qui n'aboutit point. Au bout de quelque temps, on s'apercut que l'enfant louchait, et il lui survint une cataracte. On lui ordonna divers
remèdes : on lui fit faire des fumigations avec différentes plantes; il prit du petit lait avec des cloportes, et chaque jour une cuillerée de sirop antiscorbutique. Depuis cinq ans, il a un vésicatoire ‘au bras, du côté de l'oeil malade.
L'autre œil est beau et clair : l'enfant voit de loin, et distingue bien. Depuis environ un mois, il a eu des démangeaisons aux yeux, et a vu un brouillard qui lui paraissait rouge ; depuis quinze jours, il a éprouvé deux fois la méme sensation. On demande, 1° le régime à observer; 2° ce qu'il faut faire pour préserver l'œil sain; 3° sil faut mettre un autre vésicatoire; 4° l'enfant aime à se baigner; les bains de mer ou ceux d'eau douce lui sont-ils bons? |
Il faut remarquer que l'enfant travaillait à son éducation : on a pensé que de lire, sur-tout la musique, lui fatiguait la vue; on a tout cessé.
Lettre de M. J'* M***,
Paris , le 3 juin 1804.
Monsieur, le médecin de mon neveu a cru s'apercevoir que l'oeil n'était pas aussi net qu'il devait l'étre, quoiqu'il ait toujours bien vu. Il propose l'application d'un vésicatoire à l'autre bras. Lorsque l'enfant regarde un objet, sans remuer cet œil, il voit rouge; le battement de la paupière fait disparaitre la teinte rouge: il a vu quatre ou cinq fois un brouillard total; il voit quelquefois comme de petites mouches, et cela se passe.
Iur | 22
Réponse.
Je conseillai de revenir au sirop antiscorbutique, de ne faire reprendre à l'enfant ses occupations qu'aprés la disparition des symptómes qu'il éprouvait; de suspendre les bains; et j'ajoutai qu'un second vésicatoire ne paraissait point nécessaire. Ces menaces n'ont point eu de suites. = Le petit Julien B***, fils d'un charretier de Ville- Neuve-le-Roi, a été moins heureux. Cet enfant, de forte sro àgé de douze ans, m'a été envoyé, le 1*^ juillet De par M. le octets Cheftel, maire d'Orly, prés Paris. 11 à une cataracte à l'œil droit, et il s'en forme une au gauche : elles n'ont aucune cause connue.
. Quinze jours aprés, on m'a amené la petite Jul""*, àgée ‘de six ans, bien constituée, fille d'un cultivateur de Verdelot, canton de Rebais, département de Seine- et- Marne, à laquelle on avait remarqué, depuis six jours seulement, une cataracte à moitié formée à l'oeil droit. On ne connait aucune cause à cette maladie, l'enfant jouissant d'une bonne santé et assurant n'avoir recu aucun coup.
Observation 41 D.
Rome , le 15 mai 1781.
Mémoire. — Un personnage illustre est attaqué depuis plusieurs années, et peut-être dés sa naissance, d'une indisposition d'yeux qu'on appelle myopie. Cette imperfection affecte plus ‘sensible-
DE LA CATARACTE. 339 ment l'oeil droit, et, puisqu'elle est probablement aussi ancienne que l'œil même, on pourrait en conclure que ce défaut a son origine dans la conformation primitive de l'oeil, telle que serait la trop grande convexité du cristallin, ou sa trop grande distance de la rétine.
Le sujet dont il s'agit abonde en humeurs salines qui tendent au scorbut : le devoir de sa charge l'oblige à s'appliquer continuellement à l'étude et à la lecture. Depuis quelque temps l'œil gauche, dont il se sert plus que du droit, est sujet à un obscurcissement semblable à celui que souffrirait un cil aprés avoir été exposé à une sensation trop vive de lumière. Quoique cette incommodité ne lui óte pas l'usage de la lecture, cependant, en fixant les yeux sur les lettres ou sur un autre objet, il ressent une douleur légére et un obscurcissement : ce qui pourrait faire craindre le progrés du mal, et la nécessité de renoncer bientôt à toute espèce d'occupation. Cette crainte a fait souhaiter à la personne qui se trouve dans cet état que je fisse un détail exact des circonstances, et elle a desiré que ce détail füt envoyé à un professeur habile en ce genre. C'est pourquoi ayant observé l'organe avec tout le soin possible, j'ose assurer que la pupille n'a contracté aucune imperfection, puisqu'elle exerce librement ses mouvements de dilatation et de constriction, selon les différents degrés de lumière auxquels elle est exposée. Cependant j'ai observé un léger com-
mencement d'opacité et de nuage qui pourrait menacer de quelques suites fàcheuses; mais je suis persuadé qu'on pourra, à l’aide de quelques remedes convenables, dissiper entièrement le mal, ou du moins en prévenir les conséquences.
À cet effet, j'ai conseillé un régime qui consiste dans l'usage des aliments humectants et rafraichissants : j'ai prescrit la modération dans l'étude autant qu'il était possible, et j'ai interdit toute application immédiatement aprés le repas; dans lequel temps, selon le conseil de Celse, zec cogitare quidem satis tutum est.
Réponse.
D’après l'exposé contenu dans la consultation qui nous à été adressée , nous croyons pouvoir annoncer que la personne illustre qui en est l'objet est menacée de cataracte à l'oeil gauche, et qu'il n'y a pas de temps à perdre, si l'on veut en arréter les progrès.
L'épaississement de la lymphe étant la cause générale et ordinaire des altérations qui surviennent au cristallin , c'est à la diviser et à l'atténuer qu'il faut principalement s'attacher, comme à l'indication la plus essentielle.
Un régime humectant est donc, comme l'a trèsbien senti l'auteur du Mémoire, celui qui parait le plus propre à corriger cette disposition vicieuse de la lymphe et à en prévenir les mauvais effets.
Nous conseillons l'usage du petit-lait avec le
jus de cloportes, non à la dose de quinze, vingt ou vingt-cinq, comme on les ordonne dans des cas ordinaires, mais à celle de deux cents par jour. Qu'on ne soit point effrayé de cette quantité : nous sommes garants qu'elle est exempte de toute espéce d'inconvénient, et nous avons vu des cataractes reconnaissables, tant par les signes rationnels que par les signes sensibles, entieérement dissipées par l'usage de cinq cents cloportes par jour, continué pendant plus d'un an de suite sans le moindre inconvénient.
On donnera donc une pinte ou deux livres de petit-lait tous les matins, auquel on ajoutera le jus de cent cloportes et quatre onces de suc de cresson. Les cloportes ramassés dans les champs sont, en général, préférables à ceux des caves. On donnera dans l'aprés-dinée la méme quantité de cloportes dans une infusion d'eufraise à la dose de trois ou quatre tasses. 1l faudra continuer ces remédes pendant vingt-un jours, purger le vingt - deuxième , interrompre pendant les huit jours suivants, pour recommencer de la méme maniére et continuer plusieurs mois de suite. Les purgatifs sous forme liquide et en grand lavage, tels que les eaux minérales seules ou aiguisées avec le sel d'Epsom, sont préférables aux autres. Le malade se mettra à l'usage de l'eau pour toute boisson. Il prendra deux demi-bains tièdes, par semaine, et observera scrupuleusement le régune qui lui a été prescrit.
Observation 418.
Saint-Paul- Trois-Cháteaux , le 23 janvier 1756.
Mémoire, — 1l y a environ deux ans que Madame***, étant au troisième mois de sa grossesse, vit tout-à-coup de l'oeil gauche une couleur verte sur tous les objets qui se présentaient, pendant que de l'oeil droit elle les voyait tels qu'ils sont. Ce symptóme ne fut précédé ni annoncé par aucüne cause sensible; il n'y eut ni douleur à la téte, ni fluxion, ni larmoiement, ni altération dans le globe, si on excepte la couleur verdátre qu'on découvrait à l'extérieur de l'oeil, et méme dans les humeurs à travers la prunelle. Cette espèce d'ictére a paru sensible jusqu'aprés l'accouchement. Dés que la matrice ne comprima plus les viscéres du bas-ventre, l'ictére ou la couleur de bile qui occupait l'oeil se dissipa. Cependant les objets parurent toujours verts, tantót plus, tantót moins, suivant que Madame s'exposait au grand air et au soleil coiffée en cheveux, ou qu'elle se livrait à quelque exercice fatigant pour sa vue. | |
Madame est myope : l'oeil gauche est plus petit que le droit; mais cette différence a toujours existé. Le soussigné mit la malade à l'usage des apéritifs avec les précautions ordinaires. Comme les objets paraissaient tous d'une couleur verdàtre, on conseilla à Madame d'exposer l'œil ma:
lade à la vapeur de l'eau de Balaruc. Peu de temps après, l'œil a paru cataracté, et l'on présume que ces bains de vapeurs ont donné lieu à la cataracte, en desséchant le cristallin par les parties salines dont l'oeil recut l'impression.
Il est inutile de faire de plus longues réflexions sur la nature de cette cataracte; la vue de l'oeil gauche est perdue, et Madame ne veut point étre opérée. Il s'agit de savoir si l'on doit craindre le méme sort pour l'œil droit, et de connaitre les moyens à employer pour le prévenir. Les motifs de crainte sont, premierement, l'humidité des yeux qui s'est accrue sans former un larmoiement, puisque toute cette humidité est absorbée par les points lacrymaux; en second lieu, des brouillards et des petits filets qui paraissent entre l'œil et les objets; d'ailleurs l'oeil. non cataracté parait dans l'état naturel, l'iris jouit de ses mouvements; on n'apercoit aucune altération dans le cristallin, et la vue, aux brouillards prés, reste toujours la méme.
Le soussigné pense, 1? que lictére de l'oeil gauche, ayant notablement diminué aprés l'accouchement , on l'aurait vu céder à un plus long usage des apéritifs ou des martiaux précédés et accompagnés des bains et des délayants; 2° que les bains de vapeuss par les eaux de Balaruc ont décidé la cataracte de cet oeil par les raisons énoncées ci-dessus ; 3° que l'état de l'œil sain n'a aucun rapport avec la cataracte du gauche ;
344 SECTION VIII, CHAPITRE II, 4° qu'on doit attribuer ces brouillards à la trop
grande humidité qui séjourne sur le globe, puis-
que les brouillards augmentent, lorsque les yeux sont plus humides; 5° enfin, que le défaut des saignées , pendant cette onde grossesse, auxquelles Madame s’est toujours refusée, a pu donner lieu à cette augmentation d'huraidité des yeux, qui sont trop gros et EROR avancés hors de l'orbite , ont les vaisseaux moins soutenus, et Sont, par p raison, trés-disposés à ocder à l'impulsion du sang dans l'état de pléthore.
On ajoute que les larmes arrachées à Madame par la crainte de perdre encore cet œil, n'ont pas peu contribué au reláchement des glandes lacrymales, sur-tout pendant la derniére grossesse, puisque, par le défaut des saignées, d’une part, et par l'embarras des parties inférieures, de l'autre, le sang a dà prendre une direction plus
forte vers les parties supérieures , et forcer le.
ressort de tous les vaisseaux tant sanguins que lymphatiques des yeux.
AUDIFFRET, Médecin.
Les explications données sont adoptées. Quelques délayants... L'œil droit n'aura probablement point de cataracte... De la dissipation... Éviter les larmes, qui seraient nuisibles.
VERDHELAN, DEMouRs.
DE LA CATARACTE. 345 Observation 419.
Bordeaux, le 14 janvier 1780.
Mémoire. — M. T***, âgé de cinquante-un ans, et en ayant trente-cinq de navigation presque continuelle, d'un tempérament mixte entre le sanguin et le phlegmatique, eut, il y a quinze ou dix-huit ans, une petite dartre farineuse à un doigt, qui disparut d'elle-même pour se porter ensuite successivement tantót sur un bras, tantót sur une jambe, et enfin sur le bas des reins, où elle parut se fixer. On fit prendre alors au malade des pilules dont il ignore la composition, et une tisane faite avec la racine de patience : la dartre diminua beaucoup par l'usage de ces remédes; mais elle ne s'éteignit pas complétement. On en apercoit toujours quelques vestiges. En 1772, à la suite d'un voyage dans lequel M. T""* s'était beaucoup échauffé, il lui survint à la jambe gauche , jadis affaiblie par une entorse, une enflure érysipélateuse, qui se dissipa par l'application de quelques cataplasmes anodins. Peu de temps apres, il ressentit des hémorrhoides qui suppurerent et lui laissèrent une fistule à l'anus, dont il guérit par l'opération. À cette époque, la méme jambe, ou il avait eu l'érysipele, s'engorgea sensiblement, et, depuis ce temps, elle l'est toujours un peu, sur-tout le soir, et le malade y ressent, de temps en temps, quelques
346 SECTION VIII, CHAPITRE II, douleurs : il n'a point éprouvé d'autres incommodités jusqu'en 1778, époque à laquelle il eut une fiévre inflammatoire trés-vive; il fut saigné huit fois en quarante-huit heures, et il se rétablit trés- bien.
Il y a environ six mois qu'à la suite d'un voyage en Amérique, le consultant ressentit un mal de gorge dont on ne sut point déterminer le caractère. On en pourra peut-être juger par les suites. Ce mal de gorge dura environ deux mois, et, au moment ou il cessa de se faire sentir, il se manifesta dans toute la bouche, mais particuliérement à la langue et derrière les grosses dents molaires, des aphtes qui causaient beaucoup de douleurs et génaient les mouvements des màchoires. Dans le méme temps, le malade s'percut aussi un jour, en se levant, quil y voyait à peine de l'oeil gauche , sans y éprouver cependant de douleurs. Eloigné de son domicile, il se hàta de s'y rendre pour étre plus à portée de faire les remèdes nécessaires. Il consulta son chirurgien, qui examina l'oeil et y découvrit un peu d'inflammation, et, de plus, une tache laiteuse qui semblait occuper le cristallin. Le malade fut saigné du bras et purgé le lendemain : alors l'oeil droit s'affecta comme l'autre. L'on eut recours à un large vésicatoire à la nuque. Les deux yeux s'éclaircirent; et le gauche plus particuliérement encore que le droit, en sorte qu'on n'y voyait plus de tache. Cet état se soutint constamment pendant tout le
temps que la suppuration du vésicatoire fut abondante; mais au moment où elle se tarit, la vue commença à s'affaiblir; ce qui détermina à appliquer une pommade épispastique à l'un des bras. Ce fut dans ce moment que je vis le malade pour la première fois. J'examinai ses yeux avec la plus grande attention. Ils n'étaient point enflammés, mais humides et larmoyants;les cornées en étaient fort transparentes; et les pupilles, de grandeur na: turelle, jouissaient avec liberté de leurs mouvements de contraction et de dilatation, en passant alternativement du jour à l'obscurité ef vice versá. Le cristallin de l'oeil droit me parut légerement terni, et le malade me dit ne distinguer les objets de cet oeil que comme s'ils étaient couverts d'une gaze, ou comme à travers un brouillard. Je ne pus méconnaitre à tous ces signes un commencement de cataracte; mais je crus que c'était la maladie dont on devait s'occuper le moins dans ce moment. Les aphtes que le malade avait dans la bouche et à la langue, une faiblesse spontanée dont il se plaignait, et l'histoire de ses voyages sur mer, ne laissaient aucun doute sur l'existence d'un vice scorbutique qu'il était important de combattre préalablement. Pour cet effet, je fis mettre le malade au régime végétal; je lui prescrivis l'usage du petit-lait aiguisé avec le suc des plantes antiscorbutiques, et quelques: purgatifs appropriés à son état. Ces remedes produisirent l'effet que j'en avais attendu: les aphtes dispa-
348 SECTION VIII, CHAPITRE IT, rurent, et les forces revinrent avec l'embonpoint. La vue seule restait constamment affectée, mais avec cette particularité, que c'était alternativement de l'un ou de l'autre œil , et jamais des deux ensemble. Lorsque l'un se troublait , l'autre s'éclaircissait; ce que l'on crut devoir attribuer à l'usage du suc de fourmi dont le malade faisait quelquefois tomber une goutte dans l’œil le moins clairvoyant. Mais le même phénomène ayant été observé sans avoir été précédé de l'usage de ce reméde, on a été convaincu qu'il n'avait dans cette circonstance d'autres propriétés que celles d'exciter la douleur la plus vive et une inflammation qui durait plus de huit jours. Quoi quil en soit, la mobilité de l'humeur fit espérer qu'on pourrait la détourner, en ouvrant un séton à la nuque. La suppuration abondante qu'il produisit, et qui fut suivie d’une amélioration sensible dans la vue, augmenta l'espoir qu'on avait concu d'abord; mais, un mois après, l'oeil gauche s'obscurcit de nouveau. Le malade voyait des mouches et des fils d'araignées voltiger dans l'air; et, en examinant le cristallin, il paraissait couvert d'un léger nuage semblable à la vapeur qui s'éléve de l'eau bouillante. Tel est encore aujourd'hui l'état de cet œil, quoique le séton suppure abondamment.
Peut-on détruire cette maladie, ou en arréter les progrès? Si la chose est possible, quels sont les remèdes les plus propres à produire cet effet?
C'est sur quoi on demande à Messieurs les médecins consultés les éclaircissements qu'on est en droit d'attendre de leurs lumières. |
Nota. On pense qu'il ne faut point perdre. de vue la disposition au scorbut, qui, quoique accidentelle, mérite quelques égards. On observera à cette occasion que le malade ayant été purgé, il y a quelques jours, avec une petite dose de pillules de Belloste, il reparut des aphtes dans la bouche, et un ptialisme assez abondant. Au demeurant, le malade se dit exempt de tout soupcon de maladie vénérienne.