‹ Traité des maladies des yeux, avec des planches coloriées représentant ces maladies d'après nature, suivi de la description de l'œil humainChapitre 29 sur 60 · III · texte numérisé non relu

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450 SECTION VIII, CHAPITRE IV, lui présenta. Je n'employais point encore la belladone. Les accidents furent légers, et cependant la pupille nouvelle se ferma, en grande partie. Le vingtième Jour, j'incisai la cornée un peu plus haut, suivant la ligne ponctuée, et je portal ensuite la pointe du bistouri dans le méme point de l'iris, en allongeant un peu l'incision de cette membrane à droite et à gauche. Cette fois il resta une pupille qui fut promptement dans l'état où on la voit. Le malade vit tout, excepté à lire.

Deux mois après, je reçus la lettre dont suit PERS

« J'ai cru, pendant quelque temps , que je touchais aü moment desiré de pouvoir vous tracer de mà main l'état de ma vue. En effet, j'ai éprouvé des changements heureux à mon retour chez moi. J'ai passe e vu; jai distingué les couleurs, les figures; jai vu VHadie à ma montre : je me suis JUS RS sans étre conduit. Mais ma satisfaction n'a pas été de longue durée. Depuis environ un mois, je perds g oraduellement tous ces avantages : je ne vois plis qu'à travers un nuage qui s'épaissit chaque jour. Un nouveau rideau semble REO dans mon œil : jen suis autant alarmé que j'avais été enchanté du résultat que j'avais obtenu:.. » ! | Tq en

N. B: Ta vue de M. T"* n'a pes éprouvé de diminution ultérieure; mais il n'a pas recouvré le degré de clarté dont il avait joui pendant quelques sérsaines, avec trop peu de précautions.

DE LA PUPILLE ARTIFICIELLE. 4DI Observation 465.

M. de N***, âgé de quarante-deux ans, d'une constitution trés-débile dés son enfance, était aveugle depuis vingt ans par l'effet d'une ophtalmie. La pl. 46, fig. 2, représente l'œil gauche dans l'état où il était un mois après l'opération dont je vais rendre compte. L'œil droit ne présentait aucun espoir; le gauche en présentait bien peu; mais je venais de faire la pupille artificielle du sujet de l'observation 457. Le malade était venu en France pour me prier de faire une tentative : M. Sabatier m'engagea à la hasarder. - La pupille était fermée à-peu-près complétement: on voyait, à travers le peu de traces qu'elle avait laissées , que le cristallin était opaque. La cornée était couverte d'un leucoma du côté du grand angle. Il n'y avait plus, derrière cette membrane, d'humeur aqueuse vers ce point, et il n ÿ en avait que trés-peu dans le reste de son étendue. Je fis une incision à la cornée, prés de son bord externe, et l'iris y fut comprise. J'apercus le bord opaque du cristallin. Je pressai légerement le globe du cóté opposé, et la lentille sortit, diminuée de volume d'un tiers au moins. 1l resta, dans le centre de l'incision faité à l'iris, une petite pupille artificielle de la grandeur de celle de la fig. 1, pl. 44. Je demandai au malade sil voyait. Sur sa réponse négative, je donnai deux coups de ciseaux entre l'incision de l'iris et l'an-

cienne pupille. Dans linstant une ouverture, à-peu-près aussi large que celle que l'on voit dans la figure, apparut à l'iris. Le corps vitré se présenta, et je n'osai montrer au malade aucun objet pour savoir s'il voyait. Le sixième jour, les paupieres étaient oedématiées et la vue nulle. Le huitième, la cicatrice de la cornée était trésgrossière, imparfaite , et s'ouvrait par intervalles. M. Sabatier donna une consultation dont suit un extrait.

« L'opération me parait avoir été faite avec adresse et intelligence. On a levé la cataracte, ainsi que j'avais pensé qu'il était possible de le faire, et on a pratiqué une pupille artificielle. Ces procédés doivent donner de la vue au malade; si cela n'est pas encore arrivé, il faut l'attribuer à l'inflammation , qui était inévitable après une opération aussi compliquée. Ce quil convient de faire, pour le présent, est d'employer les moyens propres à la dissiper, et d'attendre l'effet du temps. Lorsqu'il n'y aura plus d'irritation, on aura recours aux discussifs en fomentation ou en bains de vapeurs. La raison me dit que ce qui a été fait doit avoir du succés; mais elle ne me dit pas jusqu'où ce succes doit s'étendre : le temps l'apprendra. Quel qu il soit, la tentative. était sage, et le médecin, ainsi que le malade, n'auront jadis à se reprocher de l'avoir Ww

SADBATIER.

Une phlegmasie chronique résista pendant plus de deux mois à tous les moyens; la pupille artificielle fut rétrécie de moitié et troublée. Cependant elle resta assez étendue, et devint suffisamment nette, pour permettre au malade de se conduire seul, mais d'une manière imparfaite. Il. aurait vu, méme à lire, si la rétine n'était pas tombée dans une asthénie incomplète, qui a résisté à tous les remédes.

Observation 466.

Madame D""*, âgée de soixante-seize ans, d'un tempérament éminemment sanguin, avait été opérée de la cataracte par extraction à l'œil gauche à l’âge de soixante-six ans. Le globe était atrophié. Une cataracte s'était formée depuis deux aus au droit. J'en fis l'extraction, qui ne présenta rien de particulier; mais, malgré l'emploi de tous les moyens antiphlogistiques , notamment des . saignées , il se forma un dépót, et, un mois apres, l'oeil, représenté pl. 43, fig. 5, était sans vue.

Le quarantième jour apres l'opération , je plongeai un bistouri au lieu indiqué par la petite barre blanche transversale; la cornée et liris furent ouvertes en méme temps, et il en résulta la pupille que l'on apergoit au-dessus de l'ancienne; cette dernière était rétrécie , ovale et blanche. Madame D*'* a vu au moment même, et a joui de la faculté de lire pendant le reste de sa vie qui s'est prolongée jusqu'à l’âge de quatrevingt-deux ans.

Observation 467.

Un tapissier, âgé de cinquante-quatre ans, dun tempérament lymphatique, avait été opéré de la cataracte aux deux yeux depuis un. an. Il avait vu de l'oeil droit, pendant quelques mois, assez pour se conduire. Une vive et courte phlegmasie interne et externe, à cet œil, l'avait depuis peu privé de cette faculté, lorsqu'il me consulta; la pl. 47, fig. 2 et 3, représente ses yeux. La pupille de l'oeil gauche était blanche et presque aussi étroite que celle du droit.

Je commencai par faire instiller dans l'oeil gauche, tous les trois jours, quelques gouttes de solution aqueuse d'extrait de belladone. Une douzaine de ces instillations avaient, non-seulement augmenté le diametre de la pupille, mais encore rendu assez de clarté au malade pour qu'il ait hésité avant de tenter le sort d'une nouvelle opération.

Je perçai la cornée à sa partie supérieure, et de-là je portai au centre de la pupille la pointe du bistouri qui pénétra dans le corps vitré de plus de deux lignes. H en résulta la pupille artificielle allongée que l'on voit distinctement dans la figure 3, et qui a servi au malade, à peu de différence prés, comme une pupille naturelle. J'avais choisi un bistouri à lame un peu large pour que la division de l'iris eüt plus d'étendue.

DE LA PUPILLE ARTIFICIELLE. 459 Observation 468.

Je vais terminer par rendre compte d'une opération qui m'a mis sur la voie de celle que j'ai imaginée et exécutée, pour la premiére fois, sur le sujet de l'observation 457. |

Le sieur Jérôme, tourneur ( dont on voit l'œil représenté, apres sa guérison, pl. 44, fig. 1), avait eu la partie inférieure et interne de l'iris de l'oeil gauche détruite par un coup de flambeau qui n'avait point ouvert la cornée. Cette partie détruite avait été remplacée par une fausse rnembrane très-blanche et luisante. Il eut le malheur, quatre aus aprés, de se faire à l'oeil droit une blessure qui fut immédiatement suivie de la désorganisation du globe, dont j'attendis l'atrophie entière; j'incisai alors la cornée de l'oeil gauche à sa partie supérieure, et Je plongeai dans la membrane blanche un bistouri dans le seus indiqué par la ligne noire qui représente en meme temps la pupille telle qu'elle a subsisté apres le rétablissement de la vue : j'introduisis une petite pince, planche 15, figure 1 , avec laquelle je saisis le bord inférieur de la membrane blanche vers son extrémité la plus éloignée de l'incision de la cornée. Par un rare bonheur, jen déchirai une étroite languette, en tirant assez hardiment; ce petit lambeau resta après ma pince : le malade vit sur-le-champ.

Sa vue est restée trés. bonne, et il a pu conti-nuer à travailler.

Je pourrais extraire de mon Journal beaucoup d'autres observations de pupilles artificielles; mais je m'apercois que je me suis laissé entraîner bien au-delà des bornes que je m'étais prescrites. C'est par ce motif que j'ai supprimé un assez grand nombre d'observations, presque toutes relatives à des opérations de cataractes, et auxquelles j'avais cru pouvoir trouver quelque place.

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