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CORPS ÉTRANGERS, LÉSIONS TRAUMATIQUES, SYPHILITIQUES

Les corps étrangers s'introduisent fréquemment dans le sac conjonctival, quelquefois même ils pénètrent dans l'épaisseur de la conjonctive.

Ce sont, ordinairement, des grains de charbon, des paillettes de fer, d'acier, de petits morceaux de bois, de verre, des larves d'insecte; dans un cas cité par Mackensie, une mouche avait séjourné sous la paupière pendant plus de huit jours, occasionnant d'assez graves désoi^dres. De Wecker a rapporté un exemple analogue.

La présence des corps étrangers provoque aussitôt une réaction fort vive, l'œil est injecté, larmoyant, les mouvements des paupières sont très-douloureux, et le malade les frotte constamment, dans l'espoir de déplacer le corps étranger ; il y parvient quelquefois, mais le plus sou-vent il est obligé d'avoir recours à l'assistance d'un aide.

Pour bien mettre à jour le cul-de-sac supérieur, où se réfugient quelquefois ces corps étrangers, il faut renverser complètement la paupière supérieure, et engager en même temps le malade à regarder fortement en bas : on arrive ainsi à explorer tous les replis de la conjonctive.

La plupart de ces corps étrangers sont peu adhérents et faciles à reconnaître, en essuyant la muqueuse on les enlève aisément ; d'autres fois, ils sont comme enkystés, l'on doit alors avoir recours à la curette de Daviel, à des pinces, quelquefois même à l'excision du pli de la muqueuse dans lequel ils sont implantés.

Une fois le corps étranger enlevé, quelques applications de compresses froides suffisent pour faire disparaître tous les symptômes d'irritation.

Les blessures de la conjonctive s'observent assez fréquemment; elles sont le résultat de traumatismes accidentels ou chirurgicaux.

Au niveau de la perte de substance on voit se former dès le lendemain un exsudât gris blanchâtre, la conjonctive s'injecte, se tuméfie, comme dans l'inflammation catarrhale ; puis, peu à peu, la plaie se cicatrise, l'injection disparaît, et au bout d'un certain temps il ne reste aucun vestige de la perte de substance : la conjonctive bulbaire a repris son aspect normal.

Les blessures profondes de la conjonctive palpébrale sont plus graves, on doit les surveiller avec soin pendant la période de

« ''0 iMALADIES DE LA CONJONCTIVE.

cicatrisation, afin d'éviter l'établissement d'adhérences entre l'œil et les paupières.

Les brûlures de la conjonctive peuvent être occasionnées par des corps incandescents, ou par des agents chimiques. Leur gravité dépend surtout des lésions concomitantes de la cornée : cette membrane est-elle atteinte, le pronostic devient fort grave, la cicatrisation en pareil cas est constamment suivie d'un symblépharon.

S'agit-il d'une brûlure par un acide, on neutralisera aussitôt son action corrosive, en faisant des lavages répétés avec des solutions alcalines, le carbonate de potasse de préférence.

S'agit-il de parcelles de chaux vive, l'on emploiera, d'après les recommandations de Gosselin, des solutions sucrées concentrées. Les jours suivants, on se servira avec avantage, pour calmer l'inflammation, d'injections faites avec du lait : les collyres irritants seront absolument proscrits.

Pour éviter le symblépharon résultant d'une cicatrisation vicieuse, quelques chirurgiens recommandent l'interposition entre les paupières et le globe d'un moule en plomb, d'un œil artificiel, etc.; il suffira, souvent, de rompre avec soin, chaque jour, les adhérences.

Les lésions syphilitiques intéressant d'emblée la conjonctive sont extrêmement rares. Desmarres et Ricord ont observé un malade qui fut atteint de chancre induré de la conjonctive avec adénopathie préauriculaire.

Després (1) a publié également l'observation d'une malade présentant des plaques muqueuses à la vulve et qui, ayant probablement transporté à ses paupières quelques parcelles de matière inoculable, fut atteinte de syphiUde conj onctivale .

Quand des gomynes prennent naissance dans le tissu cellulaire sous-conjonctival. la muqueuse ne s'ulcère que tardivement, au moment de l'élimination de la masse caséeuse. Dans un cas rapporté par de Wecker, la tumeur ulcérée fut prise pour un épithélioma; l'apparition sur le front et la tempe de taches cuivrées, ainsi qu'une éruption de tubercules ulcérés sur le bras gauche , permirent de rectifier le diagnostic.

Dans ces divers cas le traitement spécifique amena une prompte guérison.

(1) Gazelle des hôpitaux, 27 janvier 1806.

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