ESPACES LYMPHATIQUES DE SCHWALBE
Il D'après l'auteur que nous citons , le canal de Schlemm, revêtu ji également de cet endothélium, devrait être considéré non plus qI comme un canal veineux, dont il n'a pas la structure, mais bien il comme un espace lymphatique.
Il Les voies lymphatiques postérieures sont au nombre de deux : l'une renferme la lymphe provenant de la choroïde et de la selé-
I rotique, l'autre la lymphe de la rétine et du nerf optique. Le premier système se comporte de la façon suivante. Entre la choroïde et la sclérotique, depuis le corps ciliaire jusqu'à l'insertion périoptique de la choroïde, se trouve un espace connu sous le nom d'espace péri-choroïdien, que l'on considérait auparavant comme occupé simplement par le tissu cellulaire lâche et lamelleux de la lamina fusca.
Pour Schwalbe, c'est là un espace lymphatique, c'est-à-dire un système de cavités aréolaires tapissées par un endothélium et séparées par des lamelles membraneuses de tissu conjonctif. Les injections s'y répandent avec la plus grande facilité, les remplissent, traversent la sclérotique aux mêmes endroits que les vasa vorticosay et gagnent ensuite un autre espace situé entre la sclérotique et la capsule de Ténon [espace lymphatique de Ténon). Ce dernier espace, interrompu seulement dans les points où les tendons des muscles de l'œil s'insèrent sur le globe oculaire, se prolonge en avant presque jusqu'au bord de la cornée ; en arrière, il enveloppe la gaine externe du nerf optique {espace sus-vaginal) jusqu'au trou optique.
A ce niveau il communique avec la cavité crânienne et l'injection, continuant à suivre la voie des lymphatiques, arrive dans les ganglions cervicaux.
Le second système, c'est-à-dire l'espace lymphatique du nerf optique dit sous-vaginal, est compris entre la gaîne externe fibreuse de ce nerf et sa gaîne interne ; il se termine en avant en cul-desac au point de pénétration du nerf dans la sclérotique, au niveau de la lame criblée. En arrière, il communique avec la cavité arachnoïdienne, de telle sorte que les liquides contenus dans l'intérieur du crâne peuvent fuser dans cet espace, s'accumuler à l'extrémité oculaire du nerf et le comprimer.
Si ces intéressantes recherches de Schwalbe ont prouvé d'une manière incontestable qu'il existe dans l'intérieur de la cavité oculaire et à son pourtour des espaces perméables dont les parois .sont recouvertes par un endothélium et qui sont remplis peut-être par un hquide séreux, il n'en est pas moins vrai que cet anatomiste va peut-être trop loin en affirmant que ces espaces sont des cavités Ad\die. Mal. des yeux.
lymphatiques, car il n'est nullement flémontn'i qu'elles soient remplies pendant la vie par de la lymphe v6ritahle. N'est-il pas plus rationnel de comparer avec Leber la chambre antérieure, l'espace choroïdien de Ténon, les espaces sus et sous-vaginaux des nerfs optiques, aux cavités séreuses des autres régions, aux cavih's arachnoïdienne, pleurale, thoracique, abdominale, aux bourses séreuses normales ou accidentelles destinées à faciliter le glissement des organes qu'elles renferment ou qu'elles supportent, et dont la face interne est également recouverte d'endothélium ? Le rôle de ces espaces péri et intra-oculaires n'est-il pas analogue ? L'espace compris entre la sclérotique et la capsule de Ténon ne favurise-t-il pas les mouvements de l'œil autour de son centre de rotation? l'espace péri-choroïdien ne semble-t-il pas destiné à faciliter le déplacement de la choroïde pendant l'accommodation? enfin l'espaci' vaginal situé au pourtour du nerf optique ne permet-il pas à ci; tronc nerveux d'éviter les tiraillements imprimés par les changements de position du globe oculaire? Si donc la signification physiologique donnée par Schwalbe à ces cavités est difficilement acceptable, leur importance anatomique n'en existe pas moins, cl nous verrons, à propos des maladies du nerf optique en particulier, combien il importe de tenir compte de la communication qui existe entre l'espace sous-vaginal de ce nerf et la cavité crânienne.