ESPACES LYMPHATIQUES DE SCHWALBE
l'évacuation de l'humeur aqueui^e, uu par une instillation de digitaline. Après Tinstillation de la calabarine, l'excitation du sym- [)athique est impuissante à dilater la pupille resserrée, tandis (|u'elle produit quand même la contraction des vaisseaux, preuve manifeste que ce nerf possède deux actions distinctes et indépendantes, l'une sur la pupille, l'autre sur le système vasculaire.
De même que les vaisseaux de l'iris, les artères ciliaires postérieures subissent l'influence du sympathique : elles se contractent lu se dilatent, suivant que ce nerf est excité ou paralysé.
Quant à l'action du trijumeau sur les vaisseaux de l'œil, elle est encore contestée, et nous aurons occasion de revenir sur ce sujet en nous occupant, à propos du glaucome, de la tension intra-ocu- 'aire. La plupart des physiologistes attribuent à la cinquième paire une influence analogue à celle du sympathique. Son irritation produirait la constriction des vaisseaux choroïdiens, et sa paralysie leur dilatation ; résultat qui s'explique aisément, puisque ( e tronc nerveux renferme à sa partie interne des nerfs vaso-mof ours fournis directement parle grand sympathique. (Voyez, p. 215.)
Les expériences récentes detlippel etGriinhagen sont, il est vrai, • u contradiction apparente avec ces faits, mais ces observateurs se sont bornés à constater que l'irritation du trijumeau est suivie I l'une augmentation considérable de la tension intra-oculaire, -ans préciser comment se comportent, en pareille circonstance, i os vaisseaux choroïdiens .
ESPACES LYiMPHATlQUES DE SCHWALBE.
Schwalbe (I) a démontré, au moyen d'injections habilement laites, qu'il existe dans l'œil plusieurs cavités désignées par lui •us le nom d'espaces lymphatiques, destinées à porter la lymphe 0 cet organe dans le courant lymphatique. 11 décrit trois voies différentes. La première, dite antérieure, \\û forme un système indépendant des deux autres, reçoit la lymlie du corps ciliaire et de l'iris; la chambre antérieure en est le rincipal réservoir. L'entrée de la lymphe dans la chambre antéioure a lieu en deux endroits différents. Une partie vient du canal Petit et de la chambre postérieure à travers des fentes ca- [•illaires situées entre le bord pupillairc de l'iris et la face anté-
(1) G. Sohwalbo, Untersuehungen Uber die Lymphbahnen des Auges und ihre licgrenzongen {ScliuUz Archiv, t. VI, p. 1).
rieure du cristallin. L'autre partie semble venir du corps ciliaire à travers les ouvertures formées par l'écartcment des fibres du ligament pectiné.
Le canal de Petit, qui entoure le cristallin et qui est formé pour ainsi dire par un dédoublement de la membrane hyaloïdienne. communique par de petites ouvertures situées au niveau du bord équatorial du cristallin avec l'espace connu sous le nom de chambre postérieure ; ce dernier espace communique à son tour, à travers les petites fentes situées entre le bord pupillaire de l'iris et la face antérieure du cristallin, avec la chambre antérieure. Ainsi donc, un liquide contenu dans le canal de Petit peut, en suivant cette voie, arriver dans la chambre antérieure ; mais la réciproque n'a pas lieu : si l'on pousse une injection dans la chambre antérieure, même sous une pression modérée, l'iris s'applique exactement sur la face antérieure du cristallin et les petites ouvertures en forme de fentes du bord pupillaire se ferment, et d'autant plus exactement que la pression devient plus forte.
La lymphe du corps ciliaire se rend dans la chambre antérieure à travers des ouvertures qui se trouvent dans le ligament pectiné. Par où s'écoule maintenant le contenu de la chambre antérieure? Au niveau de l'angle rentrant formé par l'iris et la cornée, la membrane de Descemet se transforme et donne naissance aux fibres du ligament pectiné ; là se trouve un espace aréolaire, très-développé chez les animaux, où il est connu sous le nom d'espace de Fontana (canal de Schlemm chez l'homme), dont les cavités communiquent d'un côté avec le plexus veineux de cette région, de l'autre avec la chambre antérieure, de telle sorte que, d'après Schwalbe, une injection poussée dans la chambre antérieure, même sous une pression modérée, et par conséquent ssmsriiptwe vasculai're, arriverait directement dans les veines ciliaires antérieures, après avoir traversé le canal de Schlemm.
Gomme on le sait, le caractère propre des espaces et des cavités • lymphatiques est d'être munis d'un revêtement spécial connu sous le nom d'endothélium. Or, dans la chambre antérieure, ce revête- • ment n'est autre chose que la couche de cellules tapissant la face • postérieure de la membrane de Descemet et la face antérieure de l'iris. Au niveau de l'angle rentrant de la chambre antérieure, . cet cndothélium se continue directement avec celui qui tapisse > les ouvertures formées par l'écartcment des fibres du ligament pectiné, ouvertures qui correspondent les unes à l'entrée de la : lymphe du corps ciliaire dans la chambre antérieure, les autres à i l'espace aréolaire de Fontana et à la sortie de l'humeur aqueuse.