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ACCIDENTS IMMÉDIATS ET CONSÉCUTIFS

Le lambeau est quelquefois trop grand ; c'est là un inconvénient qui a peu d'importance, à la condition toutefois que l'incision reste dans la cornée et n'empiète pas trop dans la sclérotique, ce qui entraînerait la rupture de la zonule. Mais l'ouverture étant alors trop large, on redoublera de précaution dans les autres temps de l'opération, afin d'éviter l'issue du corps vitré.

Si le lambeau a été taillé en haut, il peut se renverser sur luimême; on le redressera avec soin et on cherchera à obtenir sa coaptation aussi exacte que possible avant d'appliquer le bandeau compressif. Il est clair également qu'une trop grande largeur du lambeau prédispose à sa suppuration.

Les dangers résultant d'un lambeau trop petit et d'une section trop étroite sont beaucoup plus sérieux que les précédents.

La sortie du cristallin devient alors très-difficile, quelquefois même impossible, s'il est dur et volumineux ; elle s'accompagne toujours d'une contusion plus ou moins violente de la cornée. Si la section est encore assez large pour que l'extraction de la cataracte puisse être faite avec la curette, on aura recours h ce moyen, sinon il faudra de toute nécessité élargir la plaie, en employant, comme le faisait Daviel, des ciseaux courbes ou un petit couteau mousse.

Quelquefois, bien que la plaie ait une largeur suffisante, le cristallin refuse de s'y engager parce que sa capsule n'a pas été suffisamment ouverte, on cherche alors à la dilacérer de nouveau avec le kystitome ; si l'on ne peut y réussir, vu son épaississement et sa rigidité, on introduit la curette (fig. 52) et on extrait le cristallin

dans sa capsule.

De toutes les complications, la plus sérieuse estl'mwe du corps vitré; cet accident peut se produire quelquefois immédiatement après la section de la cornée. Il peut dépendre alors de plusieurs causes: ou bien la section a été trop périphérique, ou bien les efforts du malade ont été trop violents et les manœuvres de l'opérateur trop brusques, ou bien enfiu la zonule était déjcà altérée et peut-être rompue avant l'opération.

Quoi qu'il en soit, aussitôt que le corps vitré apparaît dans la plaie, il faut recommander au malade de respirer largement, de ne

pas faire d'efforts ; l'ôcarteur sera soulevé par un aide ou enlevé complètement afin d'éviter toute pression sur le globe oculaire; puis, au lieu de chercher à pratiquer

la kystotomie, qui présenterait de grandes difficultés et n'aurait aucune importance, on introduira une curette sous le cristallin et on l'amènera au dehors ; si le cristallin est dur, sclérosé, on pourra le harponner avec un petit crochet et l'extraire de cette façon.

L'issue du corps vitré peut avoir lieu également après la kystotomie et être due à ce que l'incision de la cr-istalloïde a intéressé la zonule, ou bien à ce que les pressions exercées pour faciliter l'expulsion ont été trop fortes. Ici encore il sera nécessaire le plus souvent de terminer l'opération avec la curette, car il est de toute évidence qu'il serait très-imprudent d'exercer la moindre pression sur le globe oculaire.

La perte d'une petite quantité du corps vitré n'est pas un accident grave. On a même cité des cas oii le tiers environ avait été expulsé sans aucune conséquence fâcheuse. Nous croyons néanmoins qu'il ne faut pas s'exagérer l'innocuité de cet accident, car il n'est pas rare de voir survenir à sa suite des hémorrhagies intraoculaires fort abondantes, et même plus tard un décollement de la rétine. Si, le lendemain ou le surlendernain de l'opération, l'iris, qui n'a pas été excisé, formait un prolapsus entre les lèvres de la plaie, il ne faudrait pas hésiter à le saisir avec des pinces à griffes et à l'exciser.

Nous n'insisterons pas ici sur les soins consécutifs ni sur les accidents ultérieurs qui peuvent survenir à la suite de l'extraction à lambeau. Ce sont à peu près les mêmes que dans l'extraction linéaire ; ils seront exposés avec tous les détails nécessaires à propos de cette opération de nos jours la plus fréquemment pratiquée. Disons toutefois que, dans l'extraction à lambeau, le bandeau compressif devra être maintenu un peu plus longtemps, c'est-à-dire huit à dix jours environ. Parmi les accidents qui se produisent plus souvent que dans l'extraction linéaire, nous devons signaler la suppuration de la cornée.

MALADIKS DU CRISTALLIN.

Dans le but de diminuer les dangers de l'extraction à lambeau, Mooren a proposé de pratiquer trois semaines avant une large ir-idectomie en haut.

Cette méthode, à laquelle quelques auteurs donnent le nom de combinée, ne nous semble présenter aucun avantage dans les conditions ordinaires ; par contre, elle a le grave inconvénient d'obliger le malade à se soumettre à deux opérations au lieu d'une. Elle nous paraît devoir être exclusivement réservée aux cas où il existe en même temps des complications oculaires manifestes , tels qu'irido-choroïdite chronique, glaucome, etc.

Si, de plus, en pareille circonstance, il est utile de pratiquer à l'avance Tiridectomie, il est également indiqué d'avoir recours au procédé qui assure le mieux la réussite, c'est-à-dire à l'extraction linéaire.

Jacobson a proposé l'extraction linéaire avec iridectomie pratiquée séance tenante, mais l'excision de l'iris n'était faite qu'après la sortie du cristallin dans le but d'enlever lapoj'tion de ce diaphragme contusionné au moment du passage de la cataracte. Ce procédé était déjà un pas fait vers l'extraction linéaire avec iridectomie, méthode opératoire supérieure à la précédente et qui Ta définitivement remplacée.

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