EXTRACTION DU CRISTALLIN DANS SA CAPSULE
Dans les diverses méthodes que nous venons d'6num6rer, une des causes qui amoindrissent souvent la beautô du résultat, c'est la persistance au niveau de la pupille d'opacités capsulaircs.
De là l'idée d'enlever le cristallin dans sa capsule, idée déjà ancienne, puisqu'elle paraît avoir été mise en pratique par Richter en 1773.
De nos jours, surtout depuis l'introduction des incisions trèspériphériques et de l'iridectomie, quelques chirurgiens, parmi lesquels il faut citer Sperino, Pagenstecher, de Wecker, ont tenté de remettre cette méthode opératoire en honneur. Un de ceux qui se sont le plus occupés de cette question, Pagenstecher, fait une grande section en bas, dans la sclérotique, à \ millimètre de distance du bord cornéen ; puis il pratique une très-large iridectomlo, introduit une large curette derrière le cristallin et l'amène au dehors.
De Wecker taille un lambeau dans la partie inférieure de la cornée comme dans l'extraction à lambeau et excise une petite portion de l'iris. Il introduit ensuite une curette ronde et plate derrière la face postérieure du cristallin et il l'enfonce profondément jusqu'à ce que son centre corresponde au pôle de la lentille.
Pendant cette manœuvre, le doigt qui soulève la paupière supérieure s'oppose par une légère pression exercée sur le bord i?upérieur de la cornée à ce que le cristallin puisse se luxer en haut.
En retirant l'instrument, on porte le manche un peu en arrière, de façon à presser le cristallin un peu en avant contre la face postérieure de la cornée, et on amène ainsi la cataracte au dehors.
S'il est incontestable que cette méthode, quand elle réussit, donne de très-beaux succès relativement à l'acuité visuelle, il n'en est pas moins vrai qu'elle est plus dangereuse que les autres, à cause de la rupture de la zonule et de la perte plus ou moins considérable du corps vitré qui en est la conséquence. Aussi de Wecker, après en avoir été très-partisan, a-t-il modifié son opinion, comme le prouvent les lignes suivantes :
« Ce qui nous a le plus impressionné dans le procédé opératoire dont nous parlons et ce qui nous a détourné de poursuivre avec notre ardeur première un mode opératoire si rationnel, ce sont deux observations de décollement rétinien et trois cas où des hémorrhagies très-tardives ont amené : chez deux malades, le déve-