KYSTES
Les kystes de l'orbite peuvent occuper un point quelconque de • cette cavité. Ils siègent pourtant plus fréquemment sur les bordsque vers le fond. Leur grosseur varie du volume d'une noisette ài
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celui d'un œuf de poule. Leurs parois sont tantôt minces, celluleuses, tantôt épaisses, fibreuses, incrustées de plaques cartilagineuses ou calcaires. Ils sont tapissés à l'intérieur par une membrane lisse séreuse. Le plus souvent simples, ils peuvent être cloisonnés et partagés en plusieurs loges.
La nature de leur contenu est variable et en rapport avec leur origine. Les kystes hydatiques observés assez fréquemment renferment un liquide complètement transparent, très-fluide, dans lequel flottent les vésicules hydatiques. Des masses graisseuses, des cellules épithéliales dégénérées, des cristaux de cholestérine, dès dépôts calcaires, des poils, des cheveux, des germes dentaires : tels sont les produits divers qui remplissent les kystes développés aux dépens des follicules du derme et des aréoles du tissu cellulaire de l'orbite.
Les éléments glandulaires de la conjonctive peuvent aussi donner naissance à des kystes, dont le liquide jaunâtre est plus eu moins visqueux.
Quelques auteurs enfin ont décrit, sous le nom à'hygroma de l'orbite, l'hydropisie de la bourse synoviale, normale ou accidentelle qui se trouve dans le voisinage du muscle élévateur de -la paupière supérieure.
Les kystes, en se développant, donnent lieu à la plupart des symptômes signalés dans les tumeurs de l'orbite en général. Aussi est-il parfois fort difficile de les différencier d'une tumeur solide maligne ; le diagnostic est même presque impossible au début, tant que le kyste reste caché dans la profondeur de l'orbite. Dès qu'il se montre à l'extérieur, une exploration bien faite peut éclairer le chirurgien. La tumeur est-elle lisse, globuleuse, arrondie, présente -t- elle sous les doigts une résistance élastique, est-elle insensible à la pression, il est probable qu'il s'agit d'un kyste. Vient-on à constater la transparence ou à percevoir la fluctuation, le doute n'est plus possible.
Plusieurs procédés opératoires ont été mis en usage dans le traitement des kystes de l'orbite.
La ponction simple, faite avec un trocart ou avec l'aiguille de l'aspirateur Dieulafoy, ne conviendrait qu'aux kystes uniloculaires, dont le contenu fluide peut s'écouler facilement au dehors. Mais cette petite opération est le plus souvent insuffisante : la tumeur se reproduit rapidement.
Il est préférable d'inciser largement la paroi et d'introduire dans la poche kystique de petits tampons de charpie, destinés à provoquer la suppuration et à empêcher Touveriui-e de se refer-
Abadie. Mal des yeux. 2
mer. La quantité de charpie est progressivement diminuée, au fur et à mesure que la suppuration se tarit et que la cavité s'oblitère.
L'excision d'une portion de la paroi du kyste est une opération plus sûre encore que l'incision. L'ouverture béante favorise la sortie du pus, et la cicatrisation se fait plus rapidement et plus sûrement du fond à la surface.
De toutes les méthodes, l'ablation complète serait certainement la meilleure. Malheureusement, la situation très-profonde du kyste, les adhérences qu'il contracte avec des organes importants, tels que l'œil, le nerf optique, le périoste orbitaire, rendent quelquefois l'énucléation impraticable.