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TOME II

Le globe oculaire représente un sphéroïde qui se meut sur place, autour de son centre de rotation situé, comme on sait, à 15mm,5 derrière la cornée et à 10 en avant de la partie postérieure de la sclérotique.

Six muscles sont préposés aux mouvements de l'œil, à savoir : le droit supérieur et le petit oblique pour l'élévation, le droit inférieur et le grand oblique pour l'abaissement, le droit interne pour l'adduction et le droit externe pour l'abduction. Les deux obliques, en môme temps qu'abducteurs, impriment au globe des mouvements opposés de roue autour de l'axe antéro-postérieur. Dans une faible mesure, les deux droits supérieur et inférieur y participent, outre qu'ils sont quelque peu abducteurs et par cela même antagonistes des obliques.

A ces six muscles, nous devons ajouter lerelevur delà paupière, et chez les animaux le rétracteur du globe ou muscle choanoïde, dont il n'existe aucun vestige chez l'homme et seulement une ébauche chez le macaque.

Tous ces muscles, sauf le petit oblique, prennent leur insertion fixe au fond de l'orbite, sur le pourtour du trou optique et quelque peu à la gaine dure-mérienne du nerf. De là, ils se dirigent en avant, embrassant le globe et s'implantent à la partie antérieure de la

PANAS. — II. I

sclérotique. Le grand oblique fait seul exception : parvenu à la partie supéro-interne du rebord orbitaire, ce muscle long et grêle se réfléchit dans sa poulie de renvoi, puis se porte obliquement en arrière pour se fixer sur le segment postéro-externe de la sclérotique, non loin du point de pénétration du nerf optique dans l'oeil.

Le petit oblique s'insère en avant et en dedans au plancher orbitaire, à 5 millimètres en dehors du sac lacrymal et à 5 ou 4 derrière le bord tranchant de l'orbite. De là, il se porte obliquement en arrière et en dehors, et, après avoir croisé le droit inférieur qu'il recouvre, il contourne le globe pour s'attacher à la sclérotique immédiatement au-dessous du grand oblique.

Les insertions des tendons des muscles droits sur la coque oculaire suivent une ligne spirale. Le plus rapproché de la cornée, celui du droit interne, reste distant de 5 millimètres; ceux de l'inférieur, de 6; de l'externe, de 7 ; et du supérieur, de 8 environ.

Une particularité à signaler pour les tendons des muscles droits supérieur et inférieur consiste dans leur insertion oblique par rapport à la circonférence de la cornée. Tandis que du bord interne au milieu du tendon la distance est celle indiquée plus haut, les fibres tendineuses externes reculent brusquement jusqu'à 9 et 10 millimètres. On conçoit, d'après cela, que, dans la strabotomie, il y a avantage à charger le tendon par la partie interne et à donner aux ciseaux une direction oblique en arrière et en dehors (Motais).

La largeur des insertions tendineuses est de 10 à 11 millimètres, à l'exception de celle du droit inférieur, qui ne dépasse pas 9 à 10 millimètres.

Le tendon du droit interne, formé de fibres courtes et serrées, offre le plus d'épaisseur. Par contre, celui du droit externe, épais au centre, s'amincit et semble se dissocier vers les bords, principalement dans les yeux fortement myopes; ces particularités anatoiniques intéressent l'opération de l'avancement tendineux.

Tous les muscles de l'œil sont enveloppés dans une gaine commune admirablement décrite dans ses traits principaux par Tenon1.

Ayant disséqué plusieurs fois cette loge aponévrolique, il nous sera permis d'affirmer l'exactitude de la description qui va suivre, conforme d'ailleurs sur bien des points à celle de Motais.

Loin d'être un infundibulum fibreux distinct, cette aponévrose se confond partout avec le panicule graisseux de l'orbite, ou pour mieux dire en est une dépendance. Voilà pourquoi, lorsqu'on procède à son élude, il faut aller de dehors en dedans et couche par couche, du périoste vers la sclérotique. On se débarrasse de la graisse en l'arra-

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