Gonella et Vicestiis, Congrès de Naples
NEOPLASMES BENINS DE LA CONJONCTIVE. 277
dans les observations de Ryba, Virchow, Van Duyse, Lannelongue* et Yagcneinann, méritent également d'être signalés. Un fait curieux est celui d'une femme qui vint au monde accolée à sa sœur jumelle par une bride cutanée de la joue. L'examen, fait à l'âge de vingt-six ans, nous mit en présence d'un dermoïde de la conjonctive, d'acrochordons auriculaires, de macrostomie avec raphé le long de la fente oblique de la face et d'aplatissement des arcades dentaires.
Petits à la naissance, les dermoïdes oculaires s'accroissent par la suite, surtout à l'âge de la puberté. Cela nous explique pourquoi ceux sous-palpébraux peuvent ne se révéler qu'au moment de leur -croissance, soit par le soulèvement anormal de la paupière, soit par des signes de conjonctivite due à la poussée des poils implantés.
Ceux du limbe seléro-cornéen ne gênent que lorsqu'ils deviennent volumineux, ou qu'ils empiètent sur la cornée. Au contraire, ceux occupant exclusivement celte dernière l'envahissent au point qu'ils s'y substituent presque entièrement. Vagenemann en a réuni quelques cas qui, vu leur rareté, méritent d'être signalés :
Dans un premier fait concernant un jeune homme de dix -huit ans, rauleur a noté sur l'œil gauche trois dermoïdes, dohl un limbal externe et deux conjonctivaux correspondant, le premierau côté externe du fornix supérieur, le second à un colobome de la paupière situé à la jonction du tiers interne avec les deux tiers externes de celle-ci.
De son côté, Scbniidl-Hinipler- a trouvé la totalité de la cornée envahie par un dermoïde qui formait une poche contenant le cristallin.
Swanzy5 rapporte le cas d'un enfant de lmit mois dont la cornée entière était dermoïdale et présentait des poils nombreux; l'excision fut suivie d'une perte abondante du vitré. A l'examen microscopique, il rencontra des glandes sébacées et sudoripares, l'iris adhérent à la cornée et le cristallin absent.
Bernheimer* a observé une petite fille de six mois présentant sur la cornée deux masses dermoïdales du volume d'un gros pois. L'enfant portait du même côté un dermoïde à la racine de l'aile du nez. Après énucléation, il constata que la cornée devenue stapbylomaleuse était réduite à la membrane dcDesccmet, traversée en différents points par le dermoïde; l'iris adhérait complètement, et, à l'exception d'une atrophie du nerf optique, le reste de l'œil était normal.
Dans un cas relaté par Manfredi5, il s'agissait d'une fillette de six
1. Lanneloxgue, Bull, et Uém. Soc. Chir., Paris, VIII, p. 483.