I. Maître-Jean, Traité des maladies de l'œil
'1. Parisotti, Bull, el Mctii. de la Soc. fr. d'ophl., 1801, p. 290.
ô. Lagraxge, Ji<rf.,1892, p. 71.
i. Caspar, Arch. f. Augenh., XXXIV, p. 181, 1892.
TUMEURS CONJONCTIVALES EPIBULBAIRES MALIGNES. 285
Même si l'on admet nu petit nombre d'exceptions, il reste établi que les tumeurs épibulbaires' nées de la conjonctive, comme les cancers du tégument externe, particulièrement ceux de la face. demeurent localisées.
La durée en est ordinairement longue, à moins d'interventions opératoires incomplètes, d'un traumatisme accidentel ou d'une inflammation conjonclivale intercurrente. Le début remonte parfois à l'enfance sous forme de nsevus limbaire unir, rougeâtre ou gris qui reste stationnairc pendant des années.
Comme pour les néoplasmes malins en général, on n'a pas manqué d'incriminer le traumatisme; mais une cause bien autrement importante est l'influence de l'âge. Ces tumeurs sont en effet l'apanage de l'âge mûr, et il est rare de les voir apparaître avant quarante ans. Très souvent elles contiennent des éléments mélaniques. Sur 170 cas environ où la coloration est nettement indiquée, on en trouve 60 contre 110 dépourvues de pigment.
Leur structure a donné lieu à bien des controverses, d'où les dénominations d'épithéliomes et d'épithélio-sarcomes qui servent à les désigner tour à tour.
Nos études personnelles, corroborées par la connaissance des faits publiés, nous conduisent à cette conclusion que dans "la majorité des cas la néoplasie est êpithéliomateuse, avec adjonction d'éléments sarcomateux surtout abondants dans les tumeurs épibulbaires à marche rapide et volumineuses. La disposition des éléments épithéliaux sous forme de boudins contournés ou de follicules indique nettement, qu'il s'agit de vrais cancers, ce que confirme d'autre part le retentissement dans les ganglions auriculaires, sous-maxillaires et parotidiens, outre que fréquemment ces tumeurs récidivent après une et plusieurs ablations et que les métastases dans l'orbite et les viscères , bien que rares, n'en ont pas moins été signalées.
Comme dans le langage courant on parle toujours de mélano et de leuco-sarcomes du limbe que l'on s'attache à distinguer du cancroïde de la même région, nous nous sommes astreint à compulser les nombreuses observations anatomo-pathologiques rapportées jusqu'ici, et avec notre ancien chef de laboratoire Vassaux nous les avons confrontées avec nos propres examens histologiques.
Malgré notre désir d'être bref, nous croyons devoir rappeler ce qui a été écrit sur la structure intime de ces tumeurs.
De Grœfe1 en relate deux cas qui furent considérés par Yirchow comme des cancroïdes purs.
. Uhtholl'2. — ■ Tumeur s'identifiant avec les couches superficielles