‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 201 sur 344 · Rieke (/oc. cit · texte numérisé non relu

Rieke (/oc. cit

panas. — II. 19

cancer. Toutes avaient débuté par la prolifération de l'épithéliuin conjonclival. Le fait que les cellules composant l'épithélioma se présentent souvent sous la forme arrondie et qu'elles possèdent des affinités chromatiques analogues à celles du sarcome, s'explique par la rapidité de leur genèse et les conditions anormales clans lesquelles elles évoluent. Quant à l'agent qui pousse les éléments épithéliaux à proliférer de la sorte, il est inconnu, et seul l'avenir pourra nous apprendre si les coccidies qu'on a signalées jouent un rôle quelconque.

En terminant cette revue anatomo-pathologique, nous mentionnerons encore ce que Parinaud1 a décrit sous le nom de dermo-épithéliome de l'œil. Il s'agit de tumeurs ayant pour point de départ exclusif le limbe péricornéen, et dont il rapporte cinq observations. Les plus petites étaient lisses, tandis que les plus volumineuses offraient un aspect granuloïde et parfois lobule; île couleur rouge jaunâtre, la masse apparaissait souvent comme translucide. L'examen histologique fait par Sabourin démontra que la couche épithéliale était hypertrophiée et envoyait dans le tissu conjonctif sous-jacent des sortes de boyaux, les uns pleins, les autres creux, simulant des glandes tubuleuses.

Se fondant sur ces caractères, l'auteur en fait une classe à part tenant le milieu entre les dermoïdes et les épithéliomes. Nous pensons qu'il n'est point démontré que de pareilles tumeurs bénignes à leur début ne puissent plus tard devenir malignes. Ce qui le ferait supposer, c'est une observation d'épithéliome de cette nature prise dans notre service par Kalt 2.

Les faits recueillis par nous nous ont continué dans l'idée que les prétendus sarcomes mélaniques du limbe sont exceptionnels et que le type dominant réside dans l'épithéliome, ou cancroïde. Sans doute il s'y ajoute des éléments fibrô-plas tiques ainsi que des grains de pigment et des vaisseaux nombreux, mais cela n'enlève rien à la signification des follicules cancéreux qu'on y trouve. La marche très chronique de l'affection, l'âge avancé des sujets, la tendance extrême aux récidives sur place et la rareté des métastases plaident en faveur de cette nature. Si, dans le tiers des cas environ, la tumeur présente du pigment, cela tient à la constitution anatomique du limbe qui en contient normalement, surtout chez les bruns, outre qu'une partie peut être de provenance hématique.

Nous relaterons brièvement nos cas, en y ajoutant des figures histologiques à l'appui, faites d'après nature par notre ancien chef de laboratoire Vassaux.

Observation I. — Notre première observation exposée dans notre atlas

1. P.vnivu'i), Arch. d'opht., 188i, p. 5i9. '2. Kalt. Arch. d'opht., 1889. p. 15S.

TUMEURS CONJONCTIVALES ÉPIBULBAIRES MALIGNES. 291

d'anatomie pathologique1 concerne un vieillard de soixante-dix-neuf ans qui depuis un an présentait une tumeur mélanique du limbe, coiffant toute la cornée, mais dont il était facile de la séparer. L'énu-

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