‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 204 sur 344 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

\FFECTIONS DE LA CARONCULE ET Dl PLI SEMI-LUNAIRE

Étant peu protégés par la commissure interne, la caroncule et le repli semi-lunaire deviennent souvent le siège d'irritations et de conjonctivite dite angulaire, principalemenl chez les individus qui travaillent en plein air, les forgerons, les ouvriers des hauts fourneaux, les cuisiniers, etc. Une inflammation prolongée des voies lacrymales et un cctropion cicatriciel angulaire en sont également des causes actives.

Les excoriations fréquentes de la commissure exposent cette partie à devenir le siège de chancres et d'épithéliomes.

L'inflammation de la caroncule constitue Yencanthis bénin, le terme (Yencanthis malin étant réservé aux néoplasmes caroneulaires careinomateux.

Comme cette région est riche en tissu cellulo-graisseux, en glandes pilo-sébacées et acino-tubuleuses île Krause, ainsi que cela résulte des recherches de Giacomini1, Cirincione2 et Terson, il n'est pas étonnant que l'on v rencontre des phlegmons, des furoncles et des adénomes.

Lorsque, par exception, les poils lanugineux et incolores qui recouvrent la caroncule prennent un développement disproportionné, ils entretiennent de la conjonctivite angulaire qui ne cède qu'à leur avulsion. C'est là le trachiasis caronculaire qui, si l'on n'y prend garde, passe inaperçu.

Une autre cause d'irritation réside dans la présence de corps étrangers, grains de sable ou de charbon, paillettes métalliques, glumelles de céréales, etc. Ici encore un examen attentif à la loupe et les renseignements fournis sur l'accident permettront de porter le diagnostic.

Rarement la caroncule suppure, comme dans les deux seules observations de Wecker3 et Arlt4 où l'abcès avait le volume d'une fève et

1. Giacomini, Sopra l'analomia dcl Ncgro, Turin, 1878, p. 13.

Page 1