‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 215 sur 344 · I. Gibadd-Teulox, An», d'ocul., l. I.XIX, p · texte numérisé non relu

I. Gibadd-Teulox, An», d'ocul., l. I.XIX, p

que 1 tin peut fendre sans scrupule la courte branche du prétendu siphon, sans pour cela entraver l'excrétion.

La théorie qui attribue aux points lacrymaux une action aspiratrice n'est guère plus fondée. Déjà Berlin1 avait fait la judicieuse remarque que, chez le lièvre et d'autres mammifères, ainsi que chez les oiseaux, il existe à la place des canal icules un orifice conjonctival unique admettant un gros stylet et s'ouvrant directement dans le sac. Or, chez eux, l'écoulement des larmes n'en est pas moins assuré, et l'auteur se demande si l'on ne pourrait imiter cette disposition chez l'homme dans un but opératoire.

Demtschensko2, Richet3 et d'autres invoquent l'action du muscle orhiculaire animé d'un pouvoir aspirant et foulant sur le sac. Weber* a combattu cette doctrine en se fondant sur l'expérience suivante. Après avoir introduit un manomètre sensible dans l'un des conduits lacrymaux, il électrise alternativement la portion supérieure et inférieure de Forbiculaire et constate que le niveau de la colonne manomélrique ne subit aucun changement; d'où il conclut à la nonaction du muscle. De plus, l'observation journalière démontre que, malgré une large fistule du sac, les larmes ne sont pas moins absorbées.

De tout cela, il ressort que l'action de l'orbiculaire est insuffisante pour expliquer la progression du courant liquide ; aussi nous rangeons-nous à l'avis de ceux qui admettent que l'appareil se charge par la seule force de la capillarité. Dans ces conditions, il importe peu que les canalicules et le sac soient intacts ou non et que le canal nasal soit perméable ou obstrué. L'orbiculaire a simplement pour but d'appliquer les points lacrymaux contre le lac lacrymal; aussi, lorsque ce muscle est paralysé ou relâché par atonie sénile, il en résulte de l'épiphora.

L appareil excréteur une fois amorcé, on doit rechercher les agents qui mettent le liquide en mouvement. Le muscle de Horner, qui forme une sangle autour du sac, doit sans doute à chaque contraction le comprimer, mais ne saurait à lui seul produire un déversement continu dans les fosses nasales. Le rôle principal revient encore ici à des propriétés physiques, à savoir : Vévaporation par le courant d'air qui s'établit dans le nez à chaque mouvement d'inspiration et d'expiration. C'est ce qui résulte des expériences de Rava3 : cet auteur, après avoir tamponné hermétiquement l'orifice postérieur des fosses nasales, constata que les larmes cessaient de traverser le canal. Introduisant

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