MÉCANISME DE L'ÉCOULEMENT DES LARMES
Nous étudierons successivemenl le mode de progression des larmes depuis la commissure externe jusqu'au grand angle, leur passage dans le sac et leur écoulement le long du canal lacrymo-nasal.
En ce qui regarde le premier point, le jeu des paupières a une influence incontestable: à cela il faut ajouter l'action de la pesanteur et la capillarité qui s'exerce dans l'espace compris entre les voiles palpébraux et le globe.
Giraud-Teulon ' s'est particulièrement appesanti sur le rôle des paupières. Si l'on examine, dit-il, ce qui se passe, on voit la paupière supérieure s'abaisser directement autour d'un axe transversal, tandis que le point lacrymal supérieur demeure vertical et n'éprouve aucune inclinaison en arrière, d'où la preuve de la non-intervention du chef supérieur du muscle de llorner. Au même moment, la paupière inférieure s'élève par un mouvement spiroïde et la commissure externe remonte plus que l'interne: le point lacrymal inférieur bascule, en dedans et en arrière, pour venir s'appliquer exactement contre le globe. Ainsi donc, le chef inférieur du muscle de llorner agit puissamment dans l'élévation de la paupière inférieure, ainsi que le prouvent les plis cutanés verticaux, d'autant plus prononcés qu'on se rapproche du ligament palpébral interne. C'est grâce à ce mouvement spiroïde que les larmes sont transportées du cul-de-sac inférieur vers le lac lacrymal. L'auteur nie que dans la juxtaposition des bords libres, il subsiste entre eux et le globe un espace canaliculaire, le long duquel les larmes filtreraient. Non seulement les bords palpébraux sont taillés à pic et n'offrent aucune obliquité anléro-postérieure, mais, d'après Roser, ils n'arrivent qu'exceptionnellement au contact.
Pour expliquer le passage des larmes dans les voies d'excrétion, diverses théories ont été émises.
Se fondant sur la disposition de l'appareil lacrymal excréteur en deux branches, l'une courte représentée par les conduits lacrymaux, l'autre longue constituée par le sac et le canal nasal, J.-L. Petit avait admis le mécanisme du siphon. On a objecté avec raison que l'on ne saurait assimiler une fonction aussi intermittente au jeu régulier de cet appareil. De plus, l'obstruction absolue du canal nasal n'empêche pas les larmes de parvenir dans le sac, et l'on sait depuis Bowman