‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 231 sur 344 · MALADIES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

MALADIES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX

Déviations des points lacrymaux. — On sail qu'à l'état normal les points lacrymaux restent appliqués contre le globe, de façon à pouvoir fonctionner par simple capillarité. Toutes les fois qu'ils se dévient en avant ou en arrière, il en résulte du larmoiement.

La principale cause de leur éversion réside dans le raccourcissement de la peau par irritation chronique ou cicatrice; viennent ensuite l'atonie sénile et paralytique du muscle orbiculaire. le gonflement de la conjonctive, plus rarement celui de la caroncule.

L'inversion accompagne l'entropion et le spasme de l'orbiculaire.

La déviation, quel qu'en soit le sens, entraine à la fin le rétrécissement des orifices et l'exagération du larmoiement. La peau irritée par les larmes se rétracte davantage, créant ainsi un cercle vicieux qui aboutit à i'ectropion.

On conçoit donc combien il importe d'y remédier au plus tôt. Pour assurer l'écoulement des larmes, le mieux est de fendre l'embouchure du canalicule au

moyen du petit COUteau de Fig. 266. — Couteau de Weber.

Weber, dont ou dirige le

tranchant vers la conjonctive. Lorsque, par suite de l'étroitesse de

l'orifice, on n'arrive pas à faire pénétrer l'extrémité boutonnée de

l'instrument, on le dilate avec un fin stylet conique, et à son défaut à l'aide d'une épingle dont on a abattu la pointe par un coup de ciseaux. Pour empêcher la réunion des lèvres de la petite incision, on les

écarte deux à trois jours de

■ - -- ■-- -1' "■- ■■--- ■ suite avec le stylet boutonné.

Fig. 267. — sryict coni.|ue. La section méthodique du

canalicule et de son embouchure s'exécute de la façon suivante : après une légère traction sur la commissure externe pour immobiliser la paupière, on introduit le couteau de Weber tenu verticalement de 1 à 2 millimètres au plus. On abaisse alors le manche et on lui fait décrire un mouvement de cercle en haut lorsqu'il s'agit de la paupière inférieure, en bas, pour la supérieure. Si l'instrument a été poussé jusqu'au sac, il faut prendre garde que le bouton terminal, en venant appuyer sur l'unguis, ne déchire la muqueuse et perfore l'os. Le graissage du couteau et l'instillation dans l'œil de quelques gouttes de cocaïne facilitent la manœuvre et rendent la section peu douloureuse. La dilatation du canalicule, préconisée par Anel dès 1716, et le cathétéris me permanent à l'aide d'un fil de plomb, d'argent ou d'or, de cordes à boyau et de Liges de laminaria, ne conviennent que dans les sténoses minuscules avec peu ou pas d'é version.

Lors d'ectropion ou d'entropion prononcés, le principal est le redressement chirurgical de la paupière, sauf à fendre après coup le canalicule. II. Wallon' a proposé l'excision d'un petit lambeau de conjonctive, pensant que la bride qui en résulte suffirait à redresser le point lacrymal éversé; mais il ne faudrait pas trop s'y fier.

Les avis sont partagés sur le rétrécissement purement spasmodique. Les uns avec Merkel2 l'admettent, alors que d'autres le nient. SeggeP dit s'être assuré qu'à chaque contraction de l'orbiculaire la papille lacrymale se rétracte et que son orifice se rétrécit. Partant de là, il propose contre le larmoiement symplomatique de blépharite, l'application de pommade belladonée sur le bord libre. Pour nous, pareil rétrécissement spastique est encore à démontrer.

Oblitération des points et des conduits lacrymaux. — L'oblitération comme les coarclations s'établissent dans les points physiologiquement rétrécis qui sont, après l'embouchure externe, l'orifice de communication avec le sac et le point où ce dernier-se continue avec le canal nasal.

L'oblitération résulte de plaies, de brûlures, de pustules varioliques, plus rarement de vésicules d'herpès au niveau même de l'embouchure.

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