MALADIES DES POINTS ET DES CONDUITS LACRYMAUX
L'ophtalmie granuleuse et le calhétérisme forcé y exposent à la longue. Les polypes muqueux etdivcrs corps étrangers, principalement les cils arrachés, deviennent également cause d'obstruction, lue t'ois averti par la turgescence de la papille lacrymale, on ne larde pas à apercevoir à la loupe le cil émergeant de l'orifice, d'où il s'écoule du muco-pus.
Parmi les autres corps étrangers, Kneschkeet Monnoyer'ont signalé les barbes d'épis de blé; Taylor, un fragment de tournure de cuivre: Gésoin, Sandifort, Syme, Desmarres2, des concrétions calculeuses du volume d'un grain de chènevis à un petit pois. Pagenstecher3en a rencontré mesurant 6 millimètres de long sur 5 de large, et de Wecker1 un de 12 millimétrés sur 7. De consistance pâteuse et friable au début, le calcul augmente à mesure qu'il s'y dépose des sels calcaires: la couleur, tout d'abord grise, devient brunâtre, ce qui tient à l'adjonction de pigment hématique; par la pression, on fait sourdre du pus crémeux.
Aux observations anciennes, il faut ajouter celles de v. Grsefe3, Schirmer6, Del Monte7, Gruning8 et Camuset'. Conheim, à l'examen microscopique, reconnut le premier la présence fréquente du leptotrix, qui, d'après Camuset. se laisse détruire par la suppuration et fait place aux dépôts calcaires. L'analyse chimique de ces calculs a.donné à Bouchardat 57 pour 100 de carbonates et de phosphates chaux et de magnésie, contre iô pour 100 de matières organiques, albumine et mucine. Forster, comme v. G-reefe, explique la pénétration du leptotrix dans les canalicules par la mauvaise habitude qu'ont certains sujets de passer le doigt imprégné de salive sur les bords palpébraux. De son côté Camuset pense que, pour qu'il y ait germination, une altération préalable de la muqueuse est nécessaire; il en donne pour preuve la fréquence de ces concrétions chez les individus atteints d'inflammation chronique du canalicule et du sac.
Les symptômes qui mettent sur la voie du diagnostic sont : la dilatation anormale du conduit, l'écoulement d'un liquide puriforme et parfois l'apparition d'une masse pâteuse au dehors lorsqu'on comprime. Chez un vieux général, nous avons fait sortir de vrais boyaux rappelant parleur couleur et leur consistance le mastic des vitriers; lors de concrétions calcaires, le cathétérisme permet de les sentir.