Rosas, Lehre v. cl. Aitgenh., 1854, p
EXOPI-ITALMIE PULSATILE. 399
Les rapports intimes de La carotide avec le sinus sphénoïdal expliquent la possibilité d'infection eL les hémorrhagies nasales, surtout fréquentes dans les cas traumatiques. Une autre complication, parfois salutaire, est la thrombo-phlébite plastique qui intercepte la communication de l'artère avec le sinus.
L'exophtalmie bilatérale tient à la rupture des deux carotides, plus souvent à l'exagération du tonus artériel dans le second vaisseau par l'intermédiaire du sinus coronaire.
À tout prendre, le pronostic est grave, surtout à cause des compli cations : troubles cérébraux, perte de la vue, fonte du globe, hémorrhagies nasales répétées; à quoi il faut ajouter les dangers des interventions chirurgicales, bien que depuis l'antisepsie celles-ci soient moins graves que par le passé.
Les moyens mis en usage se divisent en médicaux et chirurgicaux.
Les premiers ne sauraient convenir que lors d'exophtalmie de faible ou moyenne intensité, ne déterminant aucun trouble sérieux. Dans ce cas, on prescrit divers agents cardio-vasculaires, en vue de régulariser et ralentir la circulation, en recommandant le repos et au besoin le régime lacté. Lorsque l'arlério-sclérose est en cause, les iodures alcalins trouvent leur application.
Comme moyens chirurgicaux, on a recours successivement aux injections coagulantes dans la veine ophtalmique, à l'électrolyse, à la compression digitale ou instrumentale de la carotide et à la ligature de cette dernière.
Les injections sont peu efficaces, et offrent le danger de provoquer un thrombus migrant. L'électrolyse, d'après la méthode perfectionnée de Ciniselli1, mérite d'être essayée toutes les fois qu'en comprimant la veine on parvient à faire cesser le bruit de souffle. La compression digitale est préférable à celle instrumentale ; bien qu'elle ne compte que peu de succès, vu son innocuité, il faut commencer par là, surtout lors d'exolphtalmie idiopathique.
La ligature de la carotide, sans être souveraine, constitue en définitive le procédé de choix, outre qu'on peut en compléter les effets par une compression digitale ultérieure. Les dangers qu'elle entraine reviennent moins aux accidents cérébraux dont elle est parfois responsable, qu'aux complications du côté de la plaie, hémorrhagies après la chute du fil et septicémie. En réunissant tous les faits publiés jusqu'en 1880, Sattler arrive à établir que la mortalité est de 14,29 pour 100. De son côté, Nieden2, sur 18 ligatures faites de 1880 à 1887, compte 5 morts. Si nous ajoutons les observations de Eissen3,
.1. Cisiselli, Gaz. Med. ital., 1SG7.