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SPASME DES MUSCLES OCULAIRES

Il ne sera question ici que du spasme primitif des muscles extrinsèques indépendants de la paralysie de l'antagoniste et du strabisme fonctionnel concomitant.

Nous avons déjà insisté sur la confusion possible de la diplopie par contracture avec celle paralytique, surtout fréquente dans le tabès et l'hystérie, d'autant plus compréhensible qu'il s'agit de formes frustes ou atténuées.

L'origin'e souvent réflexe de la contracture, apparaissant à propos de la carie dentaire, de traumatisme, ou des trouble de la sphère génitale, n'a pas peu contribué à en méconnaître la vraie nature. Grâce à un examen clinique approfondi, on ne tarde pas à reconnaître qu'il s'agit presque toujours de sujets névrosés. C'est là en particulier le cas de l'hystéro-traumatisme, si bien connu depuis les travaux de Charcot et de son école.

Parmi les contractures, le blépharospasme, dont nous n'avons pas

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à nous occuper ici, tient incontestablement la première place; vient ensuite le spasme des muscles intrinsèques du globe, lié en général à celui de l'orbiculaire, du muscle ciliaire et du sphincter de la pupille. Cette participation peut être fixe ou temporaire, ce qui achève de caractériser L'affection. Il n'est pas rare non plus de voir la contracture et la diplopie varier d'un jour à l'autre, particularité qui cadre mal avec l'idée de paralysie.

La déviation strabique par contracture est monoculaire et le plus souvent convergente. Celle conjuguée n'est pas toutefois rare et presque toujours plus accentuée sur un œil, d'où inégalité fréquente dans le niveau des doubles images. Ajoutons que la diplopie varie en tant qu'écarlement, ce qui concorde avec les alternatives en plus ou en moins de la contracture.

Un fait intéressant consiste en ce que l'individu est incapable de redresser volontairement ses yeux, alors que pendant le sommeil naturel ou provoqué parfois par un simple réflexe, le redressement s'effectue sans difficulté. C'est ainsi que dans une observation de strabisme conjugué en bas et à droite publiée par W. Adams Frost', lorsqu'on venait à toucher avec la pointe d'une plume l'une des paupières qui étaient tombantes, celle-ci et les globes oculaires se portaient brusquement en haut tout comme à l'état normal, mais pour retomber quelques instants après. Même phénomène se produisait après l'occlusion d'un œil.

Certaines contractures s'accompagnent de myosis, d'autres de mydriase ou de ptosis partiel. On a également signalé l'ambliopie fonctionnelle, l'hyperesthésie, la fatigue rétinienne et les douleurs névralgiques circumorbitaires.

L'examen du champ de fixation n'est pas moins significatif. Il peut être réduit à sa périphérie, mais ne présente jamais la forte excavation en encoche comme dans le strabisme paralytique. Une fois l'œil correct tenu fermé, celui qui est le siège du spasme tend à se redresser, jusqu'à atteindre ses limites extrêmes par des saccades progressivement croissantes.

Étant donnée l'origine souvent hystérique du spasme, c'est aux moyens généraux propres à combattre cette névrose qu'il faut s'adresser.

Si le point de départ est un réflexe, dent malade, névralgie spontanée ou traumatique des branches du trijumeau, pertes séminales, onanisme, troubles gastriques, etc., il faut s'attacher à écarter toutes ces causes provocatrices.

L'expectation, souvent longue, dans les cas de névrose pure, fait

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