Fuchs, Ibid., XXIV, 5, p
le tarse. La majeure partie des capillaires destinés aux glandes de Meibomius proviennent de ce réseau.
De la partie postérieure de l'artère marginale supérieure se détachent 5 à 8 rameaux perforants qui traversent le tendon de l'élévateur pour se rendre sous la conjonctive tarsienne, où ils s'anastomosent avec ceux fournis par l'artère marginale inférieure. Cette dernière, outre les rameaux perforants postérieurs et ascendants antérieurs, donne encore des filets descendants qui se distribuent à la peau et aux follicules des cils, qu'ils entourent d'un réseau à mailles extrêmement fines.
Tandis que la conjonctive tarsienne reçoit de nombreuses branches du réseau rétro-tarsien, les acini des glandes de Meibomius sont surtout irriguées par le réseau artériel prétarsien.
Les veines principales des paupières sont volumineuses et souscutanées; aussi peuvent-elles être nettement perçues chez les jeunes sujets à peau fine. Elles sont l'aboutissant de veinules venues du tégument externe, du muscle orbiculaire et surtout des plexus veineux du tarse, au nombre de deux, l'un antérieur, l'autre postérieur. Les branches qui composent ces plexus suivent le même trajet que les artères, mais en restant plus superficielles. Celles de la conjonctive, des glandes de Meibomius et du bord ciliaire, très nombreuses, se déversent dans les plexus des deux faces du tarse.
La terminaison des troncs veineux est double : les uns, et ce sont les plus importants, se rendent dans le système de la veine faciale tant antérieure que postérieure; les autres, dans la veine ophtalmique.
A la paupière supérieure, les grosses veines sous-cutanées reçoivent le sang de la peau, du tarse et des glandes qui y sont annexées, plus celui des follicules pileux et de la partie inférieure de la conjonctive. Quant à celles qui se rendent à l'ophtalmique, elles sont uniquement tributaires des veines de la partie supérieure de la conjonctive. Tout au contraire, à la paupière inférieure, la circulation de la conjonctive se fait principalement par les branches de l'ophtalmique et accessoirement par les veines sous-cutanées correspondantes.
Au niveau du limbe cornéen on aperçoit une série d'arcades artérielles venues des ciliaires antérieures et s'anastomosant en arrière avec des artérioles émanées des palpébrales. A ce réseau artériel et capillaire succèdent des veines nombreuses, relativement profondes, qui débouchent dans les veines musculaires et ciliaires antérieures.
La caroncule possède une circulation très riche, et son excision est suivie d'hémorrhagie profuse. Une partie du sang lui vient du système palpébral superficiel, l'autre de la naso-ophtalmique. . Les lymphatiques doivent être étudiés à la conjonctive et aux paupières.
Ceux de la peau et du bord libre palpébral forment un réseau superficiel qui se rend à deux groupes de vaisseaux lymphatiques, l'un interne ou nasal, l'autre externe ou temporal. Tous suivent le trajet des veines faciales antérieure et postérieure pour aboutir aux ganglions sous-maxillaires, pré-auriculaires etparotidiens. La conjonctive tarsienne est pourvue également d'un riche réseau qui a la même terminaison que celui de la peau.
D'après Fuchs, il existerait des lymphatiques profonds disposés contre la face antérieure des tarses et sous la conjonctive. A la paupière supérieure ils s'anastomoseraient au voisinage du bord libre avec des branches perforantes tarsiennes. De son côté Colossanti1 admet autour des acini des glandes de Meibomius des fentes allongées qu'il a reconnues grâce à des injections parenchymateuses de nitrate d'argent, et qu'il envisage comme des espaces lymphatiques. Czerny2, après avoir injecté du liquide coloré dans ces glandes, privées comme on sait de membrane propre, partage la même opinion.
La conjonctive bulbaire possède également, d'après Schmid3, un double réseau lymphatique superficiel et profond à mailles très larges.
Au niveau du limbe conjonctival il existe un riche système qui, suivant Waldeyer, communique avec celui de la cornée et de la sclérotique. D'après Teichmann, on trouve plus en dehors un réseau d'où naissent des troncs lymphatiques qu'il a pu suivre jusqu'aux deux commissures.
Les nerfs des paupières se distinguent en moteurs et en sensitifs, à quoi il faut ajouter les rameaux du sympathique, dont les uns accompagnent les vaisseaux et les autres se rendent aux fibres lisses du muscle de iMùller, puis à la capsule de Tenon.
L'orbiculaire est animé par le facial supérieur, dont l'origine est comme on sait distincte de celle de l'inférieur ou bucco-cervical. Il en résulte que ce muscle peut être paralysé isolément dans les lésions à siège nucléaire.
Déjà nous avons parlé du rameau fourni par la 5e paire au releveur de la paupière. Le muscle de Miiller qui lui est annexé reçoit des filets du grand sympathique, dont le rôle se restreint aux mouvements involontaires ou réflexes.
Les nerfs sensitifs viennent du trijumeau, la branche ophtalmique de Willis pour la paupière supérieure, le maxillaire supérieure pour l'inférieure. Le rameau lacrymal, avant de se rendre à la paupière, traverse la glande du même nom et reçoit le filet zygomatique que lui envoie le maxillaire supérieur ; le filet nasal innerve, outre la partie
1. Colossanti, La terminazione di nervi ncllc gtandule sebacce, Roma, 1873.