Chdrch, Thèse de Gendre. Paris
excessif, il survient une transpiration abondante, la sécrétion est toujours bilatérale. Une éphydrose unilatérale ne s'observe que sous l'influence de certains réflexes vaso-moteurs dont le point de dépari varie. Un exemple curieux est celui d'un homme de cinquante ans qui ne pouvait mastiquer sans avoir la moitié droite de la ligure inondée de sueur; la nature de la substance broyée était indifférente; de plus, la diaphorèse faciale s'exagérait par les temps froids et s'atténuait par la chaleur, ce qui est le contraire de l'état normal.
L'hypersécrétion de matière grasse, constituant l'affection connue sous les noms de séborrhée et de chromhydrose, est bien autrement commune. Elle s'observe surtout chez des femmes ayant dépassé la quarantaine et de tempérament nerveux. Les paupières, d'un aspect continuellement sale, semblent enduites d'une couche de cambouis bleuâtre.
L'origine de cette matière grasse n'est pas encore bien établie. Pour les uns, il s'agirait de l'hypersécrétion des glandes pileuses, analogue à la séborrhée nasale, alors que d'autres invoquent une modification survenue dans la composition du secrétum de celles sudoripares. Les arguments sur lesquels ces derniers se fondent sont le peu de développement des glandes sébacées du derme des paupières, et le fait que pareille sécrétion anormale s'observe parfois à la paume de la main et à la plante des pieds, où les glandes sébacées font entièrement défaut.
Pour expliquer la coloration bleu sale du produit, on pourrait songer à la présence de micro-organismes spéciaux, dans le genre du bacille pyo-eyanique; mais comme la sueur des aisselles chez certaines personnes est rendue bleue ou violette par suite de sa surcharge en indican, substance contenue normalement dans les urines, rien ne prouve qu'il ne s'agisse ici de quelque chose d'analogue, surtout si l'on se rappelle que chez les hystériques on observe jusqu'à des sueurs de sang presque pur. Le fait que la chromhydrose se borne souvent à la paupière inférieure, et qu'on la rencontre principalement chez des femmes nerveuses, doit faire songer à la possibilité d'une simulation. On parvient à dépister la fraude en nettoyant les paupières avec du savon ou du cold-cream et en surveillant les malades pendant une ou deux heures.
Le diagnostic de chromhydrose une fois établi, on prescrit des frictions avec l'huile au biiodure de mercure, au calomel, au sublimé, ou à l'acide phénique, autant de moyens palliatifs à cause de l'influence du système nerveux sur l'affection. C'est pourquoi il faut adjoindre le traitement général par les toniques, l'hydrothérapie, le massage et une nourriture substantielle. De même, si des troubles gastro-intestinaux coexistent, on les combattra en ajoutant l'antisepsie intestinale par le naphtol et le salicylate de bismuth.
Dans l'exposé qui procède, nous avons fait abstraction et à dessein des bords libres des paupières, dont la constitution anatomique liés complexe les prédispose à des lésions spéciales. Les affections qui leur sont communes avec les autres parties du tégument externe, variole, furoncle anthrax, bouton d'Alep, syphilis, lupus, lèpre, cancroïde, se montrent ici avec une plus grande fréquence^
Dans le cours de la variole, rien n'est plus commun que l'évolution de pustules confluentes tout le long du bord des tarses, laissant après elles des cicatrices ombiliquées avec toutes leurs conséquences fâcheuses. D'après Michel1, les cils tombent définitivement, ou s'ils repoussent, leur direction est changée, d'où trichiasis partiel. Les orifices des glandes de Meibomius venant à s'oblitérer, on voit apparaître dans l'épaisseur du tarse des masses sébacées concrètes et parfois calcaires. La fermeture des points lacrymaux donne lieu à de l'épiphora incurable avec toutes ses mauvaises conséquences pour l'oeil.
Pour prévenir d'aussi fâcheux résultats, il faut, pendant la période éruptive, décoller avec soin les paupières et les laver avec une solution antiseptique non irritante, les enduire d'un corps gras, pommade à l'oxyde de zinc, à l'acide borique ou à l'iodoforme, à moins qu'on ne préfère l'onguent gris mélangé avec parties égales d'axonge ou de coldcream .
Les attouchements avec une solution de nitrate d'argent à 1 pour 30 ont l'avantage de régulariser les cicatrices et de modifier l'inflammation catarrhale de la conjonctive.
Les glandes pilo-sébacées, par leur développement et leur grand nombre, deviennent le siège fréquent de phlegmasies indépendamment du reste de la paupière. Comme l'orifice du follicule qui livre passage au cil et à la graisse est relativement large, il s'ensuit une grande facilité pour la pénétration des microbes. Les deux types principaux de folliculite sont : le furoncle simple ou anthracoïde et l'orgelet.
Le furoncle revêt la forme d'un bouton dur et fortement injecté, s'accompagnant d'une sensation de cuisson. Conique au début, il ne tarde pas à s'élargir à la base, puis à se perforer au sommet, laissant voir un bourbillon purulent gris jaunâtre. La conjonctive s'enflamme, sécrète du muco-pus, et la paupière s'œdématie dans son ensemble.