Mirault d'Angers, Ann. d'oculiste t. XXV, p. loi
CANTHOPLASTIE. 147
1!. — TAPSODIALYSE OU CANTHOTOMIE. — CANTHOPLASTIE
La tarsodialyse vise l'élargissement de la fente palpébrale anormalement réduite. Lorsqu'on se contente de diviser la commissure externe, on fait la canthotomie, réservant le terme de canthoplastie aux cas où l'on ajoute le bordage de la muqueuse à la peau, ou qu'on interpose un lambeau dermique emprunté à la tempe.
Chez les individus atteints d'inflammation chronique de la conjonctive et des paupières avec blépharospasme, la commissure externe s'excorie, devient cicatricielle et se rétrécit, d'où il résulte des frottements dangereux contre la cornée, qui s'ulcère et se vascularise. Cet état porte le nom de blépharo-phymosis par analogie avec ce qui se passe du côté du prépuce chroniquement enflammé.
Lorsque les paupières se soudent entre elles, on est en présence de Vankyloblépharon, qui est congénital ou consécutif à des plaies, des brûlures et des ulcérations du bord libre. Nous ne nous occuperons ici que de celui acquis.
Contre le simple phymosis palpébral. il suffit d'insinuer horizontalement l'une des branches des ciseaux derrière la commissure et de la diviser par un coup sec ; on peut encore glisser dessous une sonde cannelée et pratiquer la section au bistouri ; mais les ciseaux sont d'un emploi plus commode et méritent la préférence. Presque toujours on met à nu la glande lacrymale accessoire qui vient faire hernie ; on s'en débarrasse en l'extirpant. La présence constante d'une artériole commissurale, provenant de la temporale superficielle, ne manque pas de verser du sang, qu'on arrête facilement par la compression digitale ou l'application momentanée d'une pince hémostatique.
Lorsque le blépharo-phymosis est prononcé, le débridement simple ne saurait suffire, et à l'exemple de Wecker on ajoute la section verticale sous-cutanée de l'aponévrose orbito-tarsalè. Pour cela on introduit les branches de ciseaux droits et l'on coupe la conjonctive ainsi que le tissu fibreux. En cas de phymosis excessif, il resterait une autre ressource, celle de fendre verticalement la paupière supérieure dans son entier, sauf à la recoudre plus tard; cette pratique a trouvé peu de partisans.
On conçoit qu'après un certain temps, les lèvres de la plaie commissurale se ressoudent ; on ne saurait donc recourir à la canthotomie que pour obtenir un débridement momentané. Toutes les fois que l'on veut allonger la fente palpébrale d'une façon permanente, il est nécessaire de pratiquer la canthoplastie, opération dont v. Ammon ' est l'inventeur.