CORPS VITRE
les points de pénétration des vaisseaux d'apport, papille et zone ci li aire.
La structure du vitré n'est pas encore bien définie.
Chez l'homme, les parties périphériques offrent habituellement une consistance plus grande que le centre. Le contraire est vrai chez le bœuf et le chien.
Sur une coupe équatoriale traitée par la solution faible d'acide chromique,on aperçoit des couches stratifiées d'où partent des alvéoles à direction rayonnée.
Après congélation, le corps vitré se transforme en une coque conte nant des glaçons globulaires. Lorsqu'on le dessèche lentement dans une capsule, il se réduit en une mince couche, sauf à reprendre sa forme et son volume par l'addition d'eau.
Tous ces faits conduisent à penser qu'il est pourvu d'un système lacunaire, mais sans cloisons véritables, attendu que le microscope n'en a pas encore démontré l'existence.
La composition chimique consiste en 98,5 pour 100 d'eau contre 1,5 départies solides. Ces dernières sont représentées par de la mucinc, des traces d'albumine et d'urée, des chlorures de sodium et de potassium, des sulfates et des phosphates de potasse et de magnésie, ainsi que du carbonate de chaux. La cholestérine n'existe que dans les cas pathologiques.
Lorsque l'on injecte du bleu de Prusse sous la gaine piale, on remarque que la solution suit dans le vitré un trajet central. Ce trajet, connu sous le nom de canal de Cloquet, est à l'état de vestiges chez l'adulte, mais existe constamment chez le fœtus. Tapissé par une fine membrane, il contient l'artère hyaloïdienne et offre ça et là les mêmes cellules que celles décrites à propos de l'hyaloïde. A son extrémité postérieure, on rencontre chez le bœuf une saillie conique qui, partie de la papille, s'avance par un prolongement filiforme jusque près de la lentille. Klebs a vu cette disposition chez l'homme, et nous l'avons également constatée.
Dans le vitré de l'embryon on trouve des cellules rondes à noyau et d'autres fusiformes d'origine embryoplastique disséminées au milieu d'un réticulum vasculaire. Chez l'adulte, lorsqu'il existe des troubles de nutrition, on aperçoit les mêmes cellules, mais avec cette différence qu'ici, elles revêtent les configurations les plus irrégulières. Il n'est pas rare d'observer aussi de petits globes protoplasmiques à prolongements amiboïdes. Ces deux espèces de cellules fusiformes et multipolaires occupent les couches superficielles. La couche profonde en contient une troisième variété caractérisée par des vacuoles remplies d'un liquide aqueux, d'où le nom de cellules plujsali formes sous lequel on les désigne. Ces dernières sont surtout nombreuses dans les cas de
liquéfaction du vitré, tandis que les autres abondent lorsqu'il y a ratatinement avec augmentation de consistance de ce corps.
Pour déterminer la nature et l'origine de ces cellules, Schwalbc a eu l'ingénieuse idée d'introduire des vitrés de mouton et de porc dans le sac lymphatique dorsal de grenouilles, auxquelles il pratiquait en même temps une injection de poudres colorées dans les gros vaisseaux. Douze à dix-huit heures après, les vitrés étaient remplis de leucocytes revêtant les trois formes principales signalées précédemment. De ces expériences il conclut que les éléments décrits par Iwanoff dans le corps hyaloïde ne lui appartiennent pas en propre, mais doivent être considérés comme des globules blancs immigrés.
Au point de vue embryonnaire, le vitré est manifestement d'origine mésodermique et vasculaire. Aussi mérite-t-il d'être envisagé comme un dérivé du tissu conneclif, du genre colloïde ou mucoïde pourvu d'une membrane élastique enveloppante.
D'après les recherches de llsensel, les cellules fœtales anastomosées entre elles constituent un système canaliculaire parcouru par la lymphe. A l'état adulte, ce système subsiste et toute irritation du vitré aurait pour effet de le faire revenir à l'état primitif. Ses réactions propres sont celles de la kératine. Dans certaines affections telles que le glaucome, sa consistance augmente et une plus grande quantité de lymphe s'accumule dans les canaux préformés. Ce sont là autant de points qui n'ont pas encore acquis une sanction définitive.