‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 10 sur 547 · CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CORPS VITRÉ

Le vitré, appelé aussi corps hyaloïde, consiste en une masse sphérique de consistance gélatineuse, entièrement transparente, qui remplit tout l'espace compris entre la concavité de la rétine en arrière, le cristallin et la zonule en avant. S'il est assez facile de le détacher de la coque oculaire en arrière et sur les côtés, il n'en est plus ainsi à partir de l'ora serrata et dans la fossette pàtellaire, où il existe une adhérence marquée. Même adhérence au niveau de la cupule du disque optique comme le prouve la présence d'un bouchon dans le fond de la papille après arrachement du vitré.

Deux parties le composent : une membrane enveloppante, l'hyaloïde, et une substance propre.

Certains auteurs ont nié l'hyaloïde, en se fondant sur ce qu'elle adhère intimement à la rétine. Cet argument est sans valeur si l'on se rappelle que la même chose a lieu entre le feuillet pigmentaire rétinien et la limitante de la choroïde. Il suffit du reste de pousser dans la gaine du nerf optique une injection colorée pour détacher l'hyaloïde de la limitante antérieure de la rétine. On sait que cette dernière se trouve constituée par l'accolement des pieds des fibres de Mùller.

Sur une coupe, la membrane enveloppante se présente comme une mince pellicule finement plissée. Entre elle et la rétine, il n'est pas rare de rencontrer des soulèvements remplis de lymphe coagulée: preuve qu'il existe dans cet espace appelé sous-hyaloïdien un courant nutritif.

Par sa face interne, l'hyaloïde se confond chez l'homme et les mammifères avec la substance vitréenne, tandis que chez les oiseaux et les amphibies, elle en reste isolée. Ce n'est qu'à partir de l'équateur et de l'ora serrata qu'elle se plisse dans le sens méridien et gagne en épaisseur pour prendre une certaine part à la constitution de la zonule. Contre sa face antérieure et dans les couches superficielles du vitré, on rencontre des cellules aplaties pourvues d'un ou de deux noyaux et formées d'une masse protoplasmique grenue. Ces cellules diminuent avec l'âge ; surtout abondantes au niveau de l'ora serrata et de la papille, elles deviennent rares vers l'équateur. En tenant compte de la variabilité de leur nombre et de leur forme, de leurs mouvements amiboïdes et de leurs réactions chimiques, Schwalbc les envisage comme des leucocytes immigrés provenant des vaisseaux de la rétine. À l'appui de sa manière de voir, il invoque leur siège principal dans

Page 1