‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 152 sur 547 · Ciiibret, Arch. d'opht., 18J0, p · texte numérisé non relu

Ciiibret, Arch. d'opht., 18J0, p

premières se cicatrisent rapidement et sans complications, alors que les secondes à bords déchiquetés ont peu de tendance à se réunir, suppurent plus facilement et demandent une attention spéciale.

Ordinairement, la plaie revêt la forme du corps vulnérant, détail important en médecine légale. Tantôt elle est perpendiculaire à la cornée, tantôt oblique ou en biseau. Son étendue varie ainsi que son siège, qui peut être central ou périphérique.

Lorsque l'instrument pénètre profondément, il en résulte des lésions qu'il faut rechercher avant de formuler le pronostic. Desmarres cite l'exemple d'un enfant qui, se servant d'un couteau-poignard pour couper une corde, se transperça l'œil jusqu'au fond de l'orbite.

Le travail de réparation comprend deux phases principales.

Dans la première, l'épithélium antérieur fait tous les frais. Les lèvres de la blessure, légèrement déprimées et comme recroquevillées, se touchent en avant, tandis qu'en arrière elles restent entrebâillées. La prolifération épithéliale procède avec rapidité, comble d'abord la partie antérieure du canal de la plaie, puis s'enfonce sous forme de coin à couches stratifiées. Un exsudât, constitué par la lymphe circulant entre les lames de la cornée, ne tarde pas à s'interposer et à revêtir l'aspect d'un réseau (ibrillaire. Les parties voisines participent à l'infiltration ; d'où la légère nébulosité des bords de la plaie. La membrane de Descemet ne se répare pas, à l'exception de son endothélium.

Comme dans tout travail cicatriciel, on voit apparaître une injection du cercle périkéralique, qui acquiert son maximum dans le cours du second septénaire. A partir de là, et à mesure que l'organisation avance, l'œil se dévascularise de plus en plus et la cornée reprend sa transparence, sauf au niveau de la ligne cicatricielle, où l'opacité reste indélébile. Outre le trouble visuel qui en résulte, toutes les fois que la plaie occupe l'aire de la pupille, nous devons ajouter que pour longtemps le tissu de cicatrice résiste moins que le reste à une violence extérieure. Nous citerons à l'appui de ce fait l'exemple d'une dame opérée de cataracte qui, un an plus tard, s'étant heurtée contre le bras d'un fauteuil, eut une large rupture de la cicatrice.

Une particularité non moins importante est la perméabilité du tissu cicatriciel pour tout agent infectieux venu du dehors. De là, des complications tardives possibles.

La suppuration primitive ou consécutive dérive toujours d'une infection par les instruments, les pansements malpropres ou les sécrétions pathologiques de la conjonctive, des paupières et du sac lacrymal; d'où la nécessité d'une antisepsie rigoureuse.

L'étal constitutionnel mérite également notre attention.

S'il existe des lésions du cristallin, blessures ou luxation, ou qu'il y

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ait hernie de l'iris, on se comportera comme il a été dit à propos des contusions et des plaies par instruments piquants.

La perle d'une quantité abondante de vitré aggrave le pronostic. Non seulement on a à craindre les liémorrliagies intra-oculaires pouvant décoller la rétine et même la choroïde, niais aussi l'enclavement du vitré entre, les lèvres de la plaie, ce qui expose singulièrement à l'infection.

Le traitement varie suivant que la blessure est nette ou irrégulière, aseptique ou non.

Dans le cas le plus simple, il suffit d'immobiliser l'œil sous un bandage légèrement compressif pour obtenir une cicatrisation prompte, sans opacité notable. Une réaction vive, sans même aller jusqu'à la suppuration, indique toujours une infection quelconque ou, pour le inoins, un état général mauvais.

En présence d'une suppuration commençante, s'annonçant par l'apparition d'un liséré jaune crémeux, on doit cautériser vigoureusement les lèvres de la plaie à l'aide du thermocautère, puis appliquer de l'iodolbrme ou, ce qui vaut mieux, du bleu d'éthyle.

Ces brûlures sont produites par tout corps surchauffé, solide, liquide ou gazeux, ainsi que par un grand nombre d'agents chimiques. La conjonctive et les paupières sont souvent atteintes.

L'aspect de la cornée est caractéristique. De brillante et transparente, elle devient mate et dépolie, outre qu'on observe une réaction inflammatoire plus ou moins vive et parfois des eschares sur les parties environnantes. En môme temps, il apparaît du larmoiement, de la photophobie et un ebémosis avec sécrétion muco-purulente ou même diphtéroïde. Le gonflement œdémateux des paupières est quelquefois tel qu'il détermine leur occlusion.

De tous les corps en ignition, les métaux produisent les brûlures les moins graves, et pour s'en convaincre il suffit de se rappeler l'action si mitigée du thermocautère. Il en est de même des grains de poudre enflammés et des parcelles de phosphore. Peut-être faudrait-il faire une réserve au sujet des fragments de coke enflammés. Dans deux cas, Terrier a vu survenir de l'hypopyon, et pour l'un d'eux la fonte purulente de la cornée.

Par contre, le jet de vapeur, l'eau bouillante, les corps gras surchauffés et surtout les gaz enflammés causent des lésions graves, aboutissant à la destruction de la cornée, à l'atrophie du globe ou

bien au glaucome, avec complication d'ophtalmie sympathique. Cela est surtout à craindre lorsque l'œil devient leucomateux et qu'il s'y ajoute de larges adhérences iritiques.

Combattre les phénomènes réactionnels et prévenir la suppuration constituent les indications principales du traitement. Pour cela, on doit recourir à l'application de compresses froides évaporantes et aux lavages antiseptiques de tout ordre, pourvu qu'ils ne soient pas trop irritants. A cela, on joindra les collyres ou les pommades à la cocaïne et à l'atropine, quitte à leur substituer ceux à l'ésérine et à la pilocarpine, sitùt que le tonus tend à s'élever. Contre les brûlures par la chaux vive, Gosselin avait conseillé les instillations d'une solution concentrée de sucre, en vue d'obtenir un saccharate terreux dépourvu de causticité.

Comme les brûlures de la cornée se compliquent souvent de celles de la conjonctive et même des paupières, il faut s'attacher à prévenir et à combattre l'accolement cicatriciel, désigné sous le nom de symblépharon. C'est là une suite grave contre laquelle les moyens préconisés tels que : la section des adhérences, l'interposition d'une coque de verre et jusqu'aux divers procédés plastiques, échouent le plus souvent.

Si la cornée est entièrement détruite et l'œil en pleine purulence, il ne reste d'autre ressource que l'énucléation, qui fait cesser les souffrances et préserve le malade d'une ophtalmie sympathique.

Les tumeurs primitives de la cornée sont extrêmement rares; certains auteurs les ont même mises en doute.

Vu cette pénurie, nous rapporterons brièvement les quelques faits jusqu'ici connus.

Comme carcinomes probables, nous ne saurions citer que la tumeur de 2 millimètres de large sur 1 millimètre de haut, pédiculée, signalée par Stellwag, et une autre de Galezowski1 occupant seulement les couches superticielles.

Les fibromes ne sont guère plus communs. Silex2 en a observé un. développé sur une cornée depuis longtemps cicatricielle. La masse avait 8 millimètres de base et 4 de hauteur. Elle contenait un grand nombre de petites cellules ainsi que des vaisseaux. La surface était

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