De Wecker, Sem. méd., 20 avril
Lique surajoutée entraine la suppuration, pouvant aller jusqu'à la panophtalmie.
Les variations de température, l'action prolongée d'une lumière intense et le surmenage des yeux, bien que souvent incriminés, ne constituent que des conditions adjuvantes, capables de favoriser les rechutes.
Au point de vue clinique, nous étudierons quatre variétés principales d'irilis : celle plastique à marche aiguë, une seconde également plastique à marche subaiguë, une troisième séreuse et enfin une dernière dite purulente ou septique. Nous ajouterons deux formes insolites, l'une hémorrhagique, .l'autre ne s'accompagnant d'aucun signe réactionnel et qui mérite le nom de torpide.
Il reste entendu que ces distinctions n'ont rien d'absolu, étant donné que l'iritis change souvent d'allure, non seulement suivant les sujets et les âges, mais aussi dans les différents stades du processus morbide.
A. — IRITIS PLASTIQUE AIGUË
Celte variété se lie très souvent au rhumatisme chronique et à la goutte, rarement au rhumatisme polyarticulaire aigu. Elle se caractérise par sa tendance marquée aux récidives, qui alternent avec d'autres manifestations de même nature, du côté des articulations, des muscles et des nerfs.
Le sexe masculin y est particulièrement prédisposé, surtout entre vingt et quarante ans.
Bien que d'intensité variable, l'iritis rhumatismale offre généralement les allures d'une phlegmasie franche. Aussi s'accompagne-t-elle d'injection vive de la conjonctive et de l'épisclère, de larmoiement et de pholophobie. Les sécrétions muco-purulentes font ordinairement défaut, ce qui la distingue d'une conjonctivite aiguë. De très bonne heure, des exsudats iritiques s'organisent; d'où l'importance des mydriatiques, afin de prévenir et de combattre au plus tôt l'occlusion de la pupille.
Les troubles fonctionnels varient. Dans les formes suraiguës, il n'est pas rare de rencontrer une exagération du tonus, auquel cas on devra modérer ou même suspendre les instillations d'atropine, de peur d'accidents glaucomateux.
Dans une période avancée, surtout après de nombreuses rechutes, le globe se ramollit et s'atrophie. Une pareille terminaison est toujours la conséquence de complications du côté des procès ciliaires et de la choroïde.
B. — IRITIS PLASTIQUE SUBAIGUÈ
Cette variété, presque toujours liée à la syphilis, s'accompagne de peu de réaction. Lorsque exceptionnellement elle revêt une marche aiguë, il s'agit d'une forme hybride où le fond rhumatismal prédomine. Il en est de môme lorsque, déviant de son type normal, de plastique elle devient séreuse. Un fait curieux est celui dellock.1 concernant un vieux syphilitique chez lequel un œil était atteint d'iritis plastique et l'autre d'iritis séreuse.
Au début, l'iritis syphilitique est unilatérale. Ce n'est que trois ou six mois plus tard que le second œil se prend à son tour. Bœck, sur 126 cas, ne l'a rencontrée que deux fois bilatérale d'emblée.
Depuis Béer on a cherché des signes permettant de la reconnaître. C'est ainsi qu'on a fait valoir la décoloration particulière de l'iris, la déformation ovoïde de la pupille et la présence d'excroissances cuivrées. Si l'on excepte ce dernier caractère, qui est loin d'être constant, les autres n'ont pas une grande valeur.
Pour le diagnostic, on doit surtout tenir compte de la marche subaiguë et parfois insidieuse de l'iritis, des commémoratifs et de la coexistence d'autres manifestations syphilitiques.
Nous ne possédons que peu d'éléments sur l'anatomie pathologique. Michel2 n'a eu à sa disposition que des lambeaux d'iris excisés dans un but thérapeutique. Pour lui, les divisions cliniques reposent plus sur Pédologie que sur des différences anatomiques. Seuls les tubercules, les gommes et les néoplasmes font exception.
Fuchs", sur un œil atteint d'iritis depuis six semaines et provenant d'un individu infecté depuis six mois, trouva dans le slroma des nodules envisagés par Widder1 comme caractéristiques. 11 s'ajoutait une infiltration de cellules migratrices jusque dans les procès de la choroïde, plus une sclérose des vaisseaux iriens. Le vitré contenait de nombreux dépôts poussiéreux exsudatifs et cellulaires. La rétine était saine, à l'exception de ses fibres nerveuses et de celles du nerf optique, qui étaient atrophiées. L'auteur pense que cette atrophie provenait d'une inflammation antérieure de la gaine piale; mais il nous semble qu'on peut tout aussi bien la rattacher à l'endarlérite.
Dans l'iritis spécifique fœtale, les lésions sont les mêmes, sauf que les procès ciliaires y prennent une plus grande part. Hutchinson en a fourni plusieurs observations cliniques, mais rien ne prouve que la