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II. — COLOBOME CONGÉNITAL DE L'IRIS

Le colobome de l'iris est représenté par une fente qui occupe presque invariablement la demi-circonférence inférieure. Exceptionnellement, il s'y ajoute une encoche du cristallin, du vitré et de la sclérotique.

L'étendue est variable. En général la forme est celle d'une raquette à pointe dirigée en bas. D'après sa longueur, on distingue le colobome en complet et en incomplet. Il en est dont les bords sont reliés par une travée noire à la base, plus souvent au sommet, ce qui leur a valu le nom de colobomes à pont.

Dans quelques cas, la brèche est comblée par une fine membrane dont seules les parties latérales sont pigmentées. Enfin on a observé des colobomes imparfaits consistant en une simple ligne suturale.

(Juelle que soit la variété, le petit cercle de l'iris existe et peut être suivi jusqu'au sommet de la fente colobomateuse où il finit par se confondre avec les bords de la brèche. 11 est rare que la grosse extrémité de l'ovale s'élève au-dessus du centre de la cornée. C'est dire qu'au colobome s'ajoute la corectopie. Cette disposition se retrouve après l'iridodésis, procédé opératoire imaginé pas Critchett.

Ces particularités nous permettent de différencier le colobome congénital d'une fente irienne accidentelle.

Presque toujours le colobome est bilatéral; quand par exception il existe d'un seul côté, on l'observe de préférence à gauche. Souvent,

1. Hirschberg, Cenlralbl. f. prakt. AiigenheU/t-, 1885. p. 511.

2. Recss, Wiener Mal. Presse, 1886, n» 9 à '29. 5. Weixdatjsi, Ktin. MM., 1892. p. 520.

Fi g. 94.

il s'associe à la microphtalmie, à la cataracte congénitale, au nystagmus et à un astigmatisme par asymétrie de courbure de la cornée. Parfois, il s'accompagne de colobomc des paupières, de bec-de-lièvre simple ou compliqué, d'bypospadias et d'autres vices de conformation.

A part l'influence de l'hérédité, tout ce que l'on invoque comme cause nous parait peu concluant. La théorie qui a prévalu depuis v. Ammon est celle de l'inocclusion de la fente embryonnaire de l'œil. Elle est passible de plusieurs objections.

La première est fournie par le mode d'évolution de l'iris. On sait en effet que cette membrane, véritable bourgeon annulaire issu de la partie antérieure de la choroïde, apparait longtemps après l'occlusion de la fente oculaire. D'un autre côté, si les colobomes de l'iris et de la choroïde ont une même origine, comment se fait-il qu'on les rencontre si souvent isolés? On ne voit pas davantage comment, avec la théorie de v. Ammon, on peut expliquer le défaut de continuité entre le colobomc de l'iris et celui de la choroïde, séparés qu'ils sont par les procès ciliaires ininterrompus. D'ailleurs, s'il est vrai que dans les premiers stades de l'évolution la rétine reste ouverte à sa partie inférieure, il n'en est plus ainsi du mésoblaste qui l'entoure et la pénètre, pour constituer d'une part la choroïde et la sclérotique, de l'autre le vitré. Enfin, comment rattacher le colobome à la théorie de l'inocclusion de la fente fœtale, depuis que Vossius a démontré la rotation temporale de l'œil embryonnaire, fait que Vasseaux explique par l'inclinaison sur l'axe du capuchon céphalique.

Du reste, on connaît aujourd'hui des cas permettant de soupçonner un processus différent.

Seggel1 a rencontré, sur le même œil, un colobome total de l'iris obliquement dirigé à gauche et un colobomc typique de la choroïde. Du sommet de la brèche irienne partait un filament qui allait s'attacher à la cristalloïde antérieure. Pour lui, il s'agit là d'un reste de la membrane capsulo-pupillaire, dont la présence aurait déterminé la fente colobomateuse de l'iris. C'est également à cette cause qu'il rattache les colobomes iriens atypiques.

Rindfleich2 a observé un colobomc à gauche, avec aniridie totale du côté opposé, et rappelle un cas analogue publié par Tokkus3. Se fondant sur la coexistence de cataractes polaires, de microphtalmie et d'autres lésions du fond de l'œil, il attribue les malformations de l'iris à des processus pathologiques survenus pendant la vie intra-utérine. Cette opinion fut émise aussi par Stellwag'* et Deutschmann3.

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