Chiduet, ibid., p
sauf s'il est retenu par des adhérences ou si la tension intra-oculaire est réduite. En toute circonstance, on le saisit avec la pince pour bien étaler le sphincter, en tirant dessus d'une façon douce et continue. II ne reste plus qu'à exciser soigneusement le lambeau à la base et à en abraser les angles avec les ciseaux.
Pans l'iridectomie pour glaucome, l'opération ainsi faite serait souvent insuffisante, à cause de l'adhérence de la grande circonférence au limbe cornéen. Aussi Bow-
Fif,r. 10'2. — Pince à rotation de Liebreich.
Kig. 10.-
Pince courbe pour iridecloiiiie.
Fis-. 104.
Spatule d'argent.
man a-t-il donné le conseil de sectionner l'un des angles du lambeau, d'en arracher la base par traction et de finir son détachement en incisant l'angle opposé.
On termine par la réduction des lèvres du colobome, à l'aide de frictions douces exercées sur la cornée, à travers la paupière supérieure, ou, ce qui vaut mieux, au moyen de la petite spatule d'argent, qu'on promène dans le canal
de la plaie. On se gardera de trop enfoncer l'instrument, de peur de blesser la zonule et le cristallin placés immédiatement derrière, par suite de la vacuité de la chambre antérieure.
Une bémorrhagie abondante n'est à craindre que si l'œil est glaucomateux. Pour parer à cet accident, on doit évacuer le sang qui remplit la chambre antérieure, après avoir fermé les paupières, et attendu la formation de l'humeur aqueuse. En supposant que l'évacuation ne soit pas complète, on abandonne le reliquat de l'épanchement à la résorption spontanée.
Une hémorrhagie profuse ne devient gênante que dans le cours des opérations de cataracte. C'est ce qui arrivait souvent à l'époque où prévalait l'extraction dite combinée. Pour nous débarrasser du sang, nous n'hésitons pas alors à pousser dans la chambre antérieure une injection d'eau distillée, contenant 0,50 à 1 pour 100 de chlorure de sodium. C'est en nous inspirant de l'innocuité de cette pratique proposée par Saint-Yves, que nous avons été conduit plus tard à adopter les lavages intra-oeulaires antiseptiques, au moyen d'une seringue spéciale.
Bien exécutée, l'iridectomie constitue une opération inoffensive et dont les suites sont la plupart du temps favorables. Au bout de quatre à cinq jours la cicatrisation s'opère sans réaction notable.
La seule crainte, dans les cas de larges adhérences par iritis plastique, est l'occlusion de la nouvelle pupille. Pour y obvier, on instille largement de l'atropine, sauf à procéder, en cas d'insuccès, à une seconde et même à une troisième iridectomic.
Les conditions les plus fâcheuses sont celles où la totalité de l'iris a contracté des adhérences avec le cristallin. Toute la couche uvéenne restant alors appliquée contre la cristalloïdc, l'opération ne saurait offrir aucune garantie. En pareille circonstance, Wenzel avait proposé de retrancher un triangle d'iris et d'extraire simultanément le cristallin, souvent cataracte. Cette pratique, qui a réussi à de Grsefe, nous a également donné de bons résultats. Seule la perte du vitré est à craindre, principalement lorsqu'il est liquéfié. Pour la prévenir, le mieux est de recourir à l'anesthésic générale et, une fois l'iris excisé, d'extraire le cristallin dans sa capsule, au moyen de la curette.