Fontan, Recueil d'opktal., 1889, p
Parmi les complications locales, nous avons insisté déjà sur le décollement de la rétine. Le liquide épanché est ordinairement citrin, rarement sanguinolent ou brunâtre.
A la dernière période, le cristallin se subluxe ou se résorbe. Nous possédons quatre exemples de cataracte, ceux de von Graefe1, Schreiter3, Fuchs3 et Lange4. Les uns, avec Becker5, y voient une dystrophie par compression ; les autres, Lange et Iwanoff 6, font intervenir la rupture de la cristalloïde.
Dans les cas de glaucome consécutif ou d'irido-cyclite plastique, on trouve, soit une excavation de la papille, soit des adhérences iritiques avec occlusion de l'angle ridien. Le nerf optique s'atrophie, alors même qu'il ne serait pas envahi par la tumeur.
La symptomatologie du sarcome choroïdien doit être envisagée dans les quatre principaux stades de l'affection.
Au début, tout se réduit au rétrécissement progressif du champ visuel. Le malade se plaint d'une ombre qui lui cache partiellement les objets. Le déclin rapide de la vision ne s'observe que lorsque la tumeur occupe le pôle postérieur, au voisinage de la macula ou de la papille. Dans ce cas, il n'est pas rare de noter un rétrécissement concentrique, comme dans les atrophies optiques de cause centrale. Exceptionnellement, le malade accuse de la photopsie, des douleurs lancinantes à forme névralgique ou migraineuse, des obscurcissements temporaires ou de l'hypermétropie due au refoulement en avant de la rétine encore saine. La métamorphopsie signalée par Knies est rare et n'a lieu que lorsque le sarcome débute par la région maculaire. Ajoutons du reste que ce symptôme ne tarde pas à faire place à un scotome central absolu.
Dans le second stade, l'œil rougit, devient douloureux, par suite des complications iritiques ou glaucomateuses. Toujours est-il que le décollement fait alors de rapides progrès, au point de cacher la tumeur, qui risque de passer inaperçue à l'examen ophtalmoscopique.
Dans le troisième stade, la sclérotique fortement distendue offre des bosselures noirâtres ou ardoisées, qu'on doit se garder de confondre avec des staphylomes. Il se produit bientôt dans l'épisclère des agrégats mélaniques qui ne laissent subsister aucun doute sur l'existence d'un sarcome intra-oculaire. A mesure que ces noyaux grossissent, ils soulèvent la conjonctive et envahissent rapidement l'orbite, ainsi que les paupières, qui deviennent adhérentes.