Monakow, Areh. f. Psychialr., XIV
fovea ou deux points quelconques symétriquement placés. Nous verrons plus lard que le sens musculaire n'est pas étranger à celle fonction. Toujours est-il qu'en dehors de ces deux conditions l'individu cesse de voir un objet simple, d'où il résulte de la diplopie.
Lorsque l'ébranlement de la rétine se prolonge ou est intense, il se poursuit pendant des secondes et même plusieurs minutes sous forme d'images en/optiques dites consécutives, qui, dans les premiers instants, sont identiques à celles perçues. Ultérieurement, elles alternent avec des images colorées qui vont en s'atténuant jusqu'à ce que la rétine rentre au repos. Toujours la couleur consécutive correspond à la complémentaire.
Étant donnée la lumière du soleil, les images consécutives parcourent sans ordre toute la gamme des couleurs du spectre. 11 en est de même après une excitation électrique ou mécanique. Ce sont là les phosphènes dont l'intensité augmente avec le repos préalable de l'œil, bien qu'on puisse les provoquer, alors même que la rétine est impressionnée par la lumière ambiante.
L'ébranlement rétinien ne limite pas son action sur les points directement impressionnés; de là le phénomène de l'irradiation. En vertu de ce fait, un disque blanc sur fond noir nous apparaît plus grand qu'un disque de même diamètre sur fond clair. Même chose arrive avec des disques colorés autour desquels on voit un encadrement de couleur complémentaire. On ne saurait trop tenir compte dans les arts décoratifs de cette particularité qui fait que deux couleurs complémentaires placées côte à côte gagnent en éclat, alors que l'inverse s'observe pour des nuances d'un même ton.
Nous avons vu précédemment que le nerf optique était dépourvu de sensibilité générale. D'après certains expérimentateurs, il possède, comme la rétine, la propriété d'éveiller des sensations lumineuses chaque fois qu'on excite après section son bout central. Mais rien ne prouve qu'on ait affaire alors à un ébranlement transmis jusqu'aux cellules de l'écorce qui réagiraient de la sorte.
Ce qui nous intéresse davantage, c'est de connaître les voies suivies par les sensations rétiniennes jusqu'au centre percepteur. Comme ce point n'est pas encore définitivement résolu, nous nous bornerons à exposer l'état actuel de nos connaissances.
Pour Sappey, Meynert et la plupart des anatomisles, les tubercules quadrijumeaux postérieurs ou testes seraient l'aboutissant de la racine interne des bandelettes optiques, après qu'elle a traversé le corps genouillé interne. Au contraire, d'après Huguenin, ces tubercules ne recevraient aucune fibre radiculaire.La racine interne de la bandelette s'épuiserait dans le corps genouillé du même nom. à l'exception d'un petit faisceau se rendant aux tubercules quadrijumeaux antérieurs ou
nates. De son côté, la racine externe n'irait pas plus loin que la couche optique et le corps genouillé externe.
La marche des fibres optiques directes et croisées derrière le chiasma n'est pas encore nettement établie malgré les travaux de Wernike', Siemerling2 et UhthofP. Ce qui importe le plus à connaître, c'est la terminaison du tractus dans les ganglions infra-corticaux. D'après Wernike, il y aurait trois parties : une principale aboutit au corps genouillé externe, au pulvinar et au tubercule quadrijumeau antérieur; une autre, appartenant à la commissure de Gudden, s'épuise
Cijcu
Fig. 29.
To, traclus optique. — Crje, corps genouillé externe. — G, libres de Gratiolet. — P, pulvinar. — CG. commissure Gudden. — Cgi, corps genouillé interne. — Cqjj, tubercule quadrijumeau postérieur. — Cqa, tubercule quadrijumeau antérieur. — AS, aqueduc de Sylvius. — II, protubérance. — Sh, substance noire. — F, racine du pédoncule cérébral.
dans le corps genouillé interne et le tubercule quadrijumeau postérieur. Cette commissure relie les deux corps genouillés internes droit et gauche et paraît établir une communication entre le sens de la vue et celui de l'ouïe. Ce qui est certain, c'est qu'elle subsiste après la perte des deux yeux et que les cellules ganglionnaires du corps genouillé interne ne s'altèrent pas après extirpation de l'écorce cérébrale.
La'demière partie n'est autre que la petite commissure de Meynert qui, formée de grosses fibres myéliniques éparses, plonge dans le pédoncule cérébral pour aboutir au noyau amygdalien de l'ouïe.
Du corps genouillé externe et du pulvinar on voit partir des fibres