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ÉPAISSISSEMENT PATHOLOGIQUE DE LA SCLÉROTIQUE

En parlant des moignons, nous avons signalé l'épaississement plus apparent que réel de la sclérotique. Nous nous proposons de décrire ici la prolifération dont cette membrane devient parfois le siège.

Une observation intéressante à plus d'un titre est celle de Gayet2. Il s'agissait d'un adulte qui, depuis plusieurs années, portait une tuméfaction annulaire encadrant les deux cornées. Cette tuméfaction avait l'apparence d'un bourrelet blanc jaunâtre, moniliforme, ne laissant libre que le centre cornéen parfaitement transparent. La zone malade était vascularisée et déformée, comme dans le staphylome antérieur total. Les douleurs, très vives, procédaient par crises, et des cautérisations ignées ne firent qu'aggraver le mal. Une cécité complète et des souffrances intolérables déterminèrent le malade à réclamer l'énucléation des deux yeux.

L'examen anatomique prouva qu'il s'agissait d'une altération de la sclérotique, ayant pour siège principal la région postérieure, au voisinage du nerf optique. De là, la lésion s'étendait en décroissant jusqu'à l'équateur.

À part la lamina fusca adhérente à la sclérotique, les autres parties de l'œil, choroïde, rétine, procès ciliaires, iris, vitré et cristallin, étaient saines.

i. Paget, Brit. med. Journ., 1887, p. 120. 2, Gayet, Arch. d'opht., VIII, 18t>8, p. 18.

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