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ÊPAISSISSEMENT PATHOLOGIQUE DE LA SCLÉROTIQUE

Histologiquement, la lésion fondamentale résidait dans les couches moyenne et externe de la sclérotique. Les mailles élargies de son tissu étaient remplies par des amas de petites cellules rondes, rappelant bien plus l'élément des bourgeons charnus que celui du sarcome. Ces cellules entouraient en arrière les vaisseaux et les nerfs ciliaires. Les canaux sanguins de moyen et petit calibre, atteints d'endartérite, offraient un tel épaississement de leurs parois qu'il en résultait la disparition de leur calibre. Nombre d'entre eux étaient bourrés de leucocytes.

Des coupes faites dans la région ciliaire montrent la sclérotique saine, tandis que les mailles du muscle accommodateur sont infiltrées de cellules lymphoïdes. Même envahissement du limbe tout autour du canal de Schlemm. L'épithélium de la cornée hyperplasié envoie dans le stroma de gros prolongements papilli formes. Ça et là, on rencontre des cavités lacunaires remplies de globules rouges. La substance fondamentale se trouve farcie d'éléments figurés en divers points. Conservation de la membrane de Descemet. Ce qu'il y a de plus frappant, c'est l'existence de grandes vacuoles situées à diverses profondeurs. Elles ont une teinte jaune, contiennent une matière granuleuse et de grandes cellules à noyau ratatiné, colorable par l'hématoxylinc et le carmin. Nulle part le stroma ne présente de vaisseaux. Ceux qui existent sont creusés dans le. revêtement épithélial épaissi et privé de la couche de Bowman.

Gayet, après avoir rappelé deux cas analogues observés par lui, l'un chez un homme de trente ans, l'autre chez une belle et forte femme des environs de Màcon, émet l'hypothèse que le processus phlegmasique pourrait bien dériver d'une affection microbienne. Mais, étant donné l'absence de preuves au sujet des germes pathogènes et l'incertitude des commémoratifs, nous nous demandons s'il ne s'agissait pas de gomme, ayant eu pour point de départ anormal la partie postérieure de la sclérotique. Toujours est-il qu'en face d'un cas de ce genre, il y aurait lieu de tenter tout d'abord le traitement antisyphilitique.

Schcebl1, sous le titre de sclérite hyper plasique, décrit une altération qui a des rapports avec la précédente.

Le fait concerne un enfant de deux ans, mal nourri et dyscrasique, ayant eu la scarlatine neuf mois auparavant. Depuis six mois l'œil droit est enflammé, douloureux et augmenté de volume. À la place de la cornée détruite, on aperçoit un tissu opaque et autour cinq mamelons rougeàtres, dont le plus gros offre le volume d'un pois. Tous ces caractères réunis firent pensera un gliome, et l'on pratiqua l'énucléation.

Sur une coupe antéro-postérieure du globe, on constate un épaississement colossal de la partie postérieure de la sclérotique, comprenant

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