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HEMORRHAGIES SPONTANEES DU VITRÉ

Une seule fois Nieden a vu l'œil primitivement emmétrope devenir myope axile de 6 D. A l'extérieur, l'organe offre un aspect normal et le malade ne ressent ni douleurs ni photopsies ; il se plaint seulement de l'abaissement rapide de la vue, qui se réduit bientôt à la simple perception lumineuse.

A l'ophtlialmoscope, le fond de l'œil est à peu près inéclairable, sauf en certains points où l'on aperçoit un reflet rougeâtre. Par l'éclairage focal, on parvient souvent à distinguer une partie du caillot placé derrière le cristallin.

Après un temps variable, l'hémorrhagie se résorbe lentement, mais non sans laisser subsister des flocons noirâtres. Très exceptionnellement chez l'homme, le caillot se décolore pour former une masse blanchâtre ou jaunâtre parsemée de stries et de points rouges, comme cela avait lieu dans une observation de Prôbstiug1, relative à un jeune enfant dont l'œil avait été contusionné, et dans une autre de Raab3, concernant également un enfant.

En supposant que le sang, à cause de son abondance, tarde à se résorber, il provoque la rétraction du vitré et finalement le décollement de la rétine, fait constaté anatomiquement par Brewster3 chez une femme de vingt-sept ans. Cet accident est surtout à craindre, lorsqu'à une première hémorrhagie il s'en ajoute d'autres. Dans un cas où les choses se sont passées favorablement, Nieden a rencontré à l'ophthalmoscope, au niveau de la partie équatoriale, des foyers choroïdiens disséminés atrophiques, entourés d'un encadrement pigmentaire. Les vaisseaux rétiniens placés au-devant témoignaient du siège profond des lésions. L'auteur, se fondant sur ce fait, ainsi que sur l'abondance et la brusquerie de l'hémorrhagie, pense que la source doit être recherchée dans le tractus uvéal. Cette opinion concorde avec l'examen anatomique de Brewster (l. c.) où le caillot s'attachait au corps ciliaire, infiltré de petites hémorrhagies et de nombreuses cellules rondes. Toutefois, rien ne saurait a priori exclure l'origine rétinienne, si l'on en juge par les cas où l'on a rencontré des caillots suspendus à l'un des vaisseaux, au pourtour du nerf optique.

Au point de vue étiologique, la puberté joue le principal rôle. Certains sujets sont anémiques, et quelques-uns exposés à des épistaxis ou à des ménorrhagies. D'autres, au contraire, sont robustes et n'offrent aucune tare organique, ni diabète, ni albuminurie, ni goutte, ni syphilis, ni hémophilie. Chez un fort jeune homme de la campagne, nous n'avons pu invoquer comme cause que l'hypercardie juvénile. Ce malheureux perdit les deux yeux, l'un après l'autre, par des

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