Knies, Soc. opht. de Heidelberg
vation du sens chromatique ne sont pas des objections valables contre la nature atrophique de ce genre de glaucome, pas plus que le scotome central, caractéristique de l'amblyopie par intoxication, n'empêche de classer l'affection dans les atrophies. Du reste, le rétrécissement nasal du champ visuel n'a rien d'absolu. Sur 119 glaucomes tant aigus que chroniques, Laqueur a trouvé le rétrécissement 95 fois nasal, 10 fois temporal, 14 fois concentrique, et deux fois limité à la moitié inférieure. Nous avons signalé précédemment le scotome central.
Toutes ces particularités ne sauraient être comprises, en ne tenant compte que de la pression anormale, également répartie sur les différents points de la sphère oculaire; alors qu'elles s'expliquent à merveille par la dyslrophie de certains territoires de l'appareil optique. Comme la moitié temporale de. la rétine est la plus pauvre en vaisseaux, on conçoit qu'elle se détruise la première. D'autre part, la dissémination des foyers angio-scléreux permet de comprendre les différents modes de disparition du champ visuel. Nous reviendrons sur ces considérations à propos de la pathogénie du glaucome en général.
Étiologie. — Le glaucome primitif est par-dessus tout une affection de la sénilité et sévit à partir de quarante ans. Exceptionnellement, il se montre chez les jeunes gens, et même chez les nouveau-nés, où il revêt la forme de l'hydrophtalmie. Celui chronique simple est propre à la vieillesse, bien que Lange en cite deux cas, l'un chez un homme de vingt ans, l'autre chez une femme dysménorrhéique de vingtdeux ans.
Les deux sexes y sont exposés, et, d'après Laqueur, la femme y serait dix fois plus sujette, à cause sans doute de l'influence de la ménopause. Les différentes formes sont inégalement réparties. Celles subaiguë et chronique représentent la moitié des cas; l'autre moitié se partage entre le glaucome foudroyant ethémorrhagique (50 pour 100), et celui aigu (20 pour 100). Chez la femme le dernier prédomine, alors que chez l'homme l'hémorrhagique est plus fréquent.
D'après certaines statistiques, la race sémite y serait plus prédisposée.
L'hérédité exerce une influence incontestable qui se fait sentir à travers une ou plusieurs générations. On a également incriminé la goutte, l'arthritisme et la syphilis; autant de causes d'angio-sclérose.
Horner attribue une action déterminante à la névralgie du trijumeau; Donders, Hippel et Grunhagen accusent le grand sympathique. Ils vont même jusqu'à faire du glaucome une véritable névrose, se fondant sur ce que les secousses morales vives et les veilles prolongées précèdent souvent l'attaque.
Toute congestion du côté de la tête d'origine réflexe, tenant à des troubles de l'utérus, de l'ovaire et du tube digestif, doit être mise en ligne de compte. Exceptionnellement, on a cité des tumeurs cervicales comprimant les vaisseaux.
L'atropine en collyre exerce une action funeste, sur laquelle Laqueur a le premier appelé l'attention. Par contre, les myotiques, ésérine et pilocarpine, introduits dans la pratique par Weber1, constituent des agents antiglaucomateux éprouvés.
Suivant de Grsefe2, l'iridectomie sur un œil glaucomateux accélère l'éclosion du mal sur l'œil opposé. Sans contester cette corrélation, on doit se garder de la généraliser, vu que, d'après Grsefe, l'affection est bilatérale 1 fois sur 15 ou 18, et suivant Laqueur 1 fois sur 7, alors même qu'on n'intervient pas opératoirement.
On connaît aujourd'hui des glaucomes qui succèdent à l'extraction de la cataracte. Stôlting3 en rapporte 4 appartenant à de Grsefe4, Brailey5, Schweigger6, Haab7, et ajoute une cinquième observation, où il a constaté l'enclavement de la capsule cristalline dans la plaie, l'occlusion de l'angle iridien, le décollement de la rétine, l'épaississement prononcé de la choroïde, la condensation du vitré; le tout sans excavation de la papille. Sur plusieurs milliers d'extractions faites avec ou sans iridectomie, nous n'avons enregistré que deux glaucomes post-opératoires, et encore pour des cataractes secondaires, le premier après discision, le second après irido-capsulotomie.
La réfraction statique exerce une action prédisposante, et les yeux hypermétropes sont bien plus souvent atteints que les myopes. On a cherché à expliquer l'immunité relative de ces derniers par la plus grande extensibilité de la coque oculaire et la profondeur plus accentuée de la chambre antérieure.
Priestley-Smith incrimine la petitesse de la cornée; mais il faut se rappeler que dans le glaucome, l'extension du limbe opaque est souvent consécutive. Dans sa monographie, cet auteur ne manque pas de faire intervenir l'augmentation incessante de l'équateur cristallinien, qui, à un moment donné, s'applique contre les procès ciliaires, intercepte le passage vers la chambre antérieure des courants nutritifs venus du vitré, et provoque ainsi le glaucome. L'anatomie pathologique n'a pas confirmé cette conception.
Le rôle de l'astigmatisme est plus complexe. D'après Théobald de