‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 331 sur 547 · GLAUCOME INFANTILE · texte numérisé non relu

GLAUCOME INFANTILE

sa mobilité, et la pupille est souvent élargie. L'iridodonosis est fréquent, ce qui tient à la luxation du cristallin. Le vitré, habituellement transparent, laisse apercevoir la papille blanche et profondément excavée. La sclérotique, fortement distendue, offre une coloration bleuâtre qui empiète plus ou moins sur la circonférence cornéenne devenue opalescente. Par le palper, on constate l'hyperlonie.

L'acuité est exceptionnellement normale, et le champ visuel, toutes les fois que la mensuration en est possible, se montre réduit. La photophobie et le nystagmus ne sont pas rares, et la myopie forte par allongement du globe est constante.

Lors d'opacification de la cornée, les vaisseaux épiscléraux s'injectent et la nébulosité toujours plus prononcée au centre est telle qu'il devient impossible d'apercevoir la pupille : on dirait une kératite parenchymateuse diffuse d'aspect porcelanique. Le. globe distendu peut acquérir un volume énorme, au point de mesurer 58 millimètres d'avant en arrière et 28 transversalement (Schiess)1. On conçoit qu'alors l'œil apparaisse en forte protrusion et qu'il survienne de l'épiphora. Le nom de buphtalmie sert à caractériser cet état.

L'affection a une marche variable. Tantôt elle reste stationnaire ou même rétrograde, au moins en ce qui concerne l'éclaircissement de la cornée et l'amélioration de l'acuité visuelle; tantôt elle fait des progrès incessants jusqu'à la cécité. Dans la statistique de Durr2, prise à l'asile des aveugles de Rostock, sur 69 nourrissons il n'y en avait pas moins de 9 aveugles par hydrophtalmie.

L'étiologie est obscure. Steffan3 et Mùller* accusent l'arrêt de développement de la cornée, à l'époque où cette membrane n'est pas encore différenciée de la sclérotique. D'autres, et nous sommes du nombre, y voient un état pathologique. On n'a pas manqué d'incriminer la syphilis héréditaire; mais s'il est des cas favorables à cette doctrine, il en est où l'origine spécifique reste douteuse, d'autant plus que Gérard3 et Ruckert6 ont rencontré les mêmes lésions chez le cheval et le porc. Ajoutons qu'il s'agit souvent de nouveau-nés bien portants, exempts de toute tare organique, et que les avortements et la mortalité en bas âge sont beaucoup moins fréquents que dans la kératite d'iïutchinson.

Incontestablement l'hérédité joue un certain rôle, exemple le fait cité par Randolph7, où le frère et la sœur étaient affectés.

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