Ksies, Klin. M. B. 1880, p
précis, c'est qu'un certain nombre se lient à des états pathologiques ou à un arrêt de développement de l'œil. Elles ont pour caractère de ne pas trop gêner la vision à cause de leur peu d'étendue, de rester longtemps, sinon indéfiniment, stationnaires, et de s'accompagner, surtout celles pathologiques ou par arrêt de développement, de nystagmus et de strabisme. Quand elles deviennent progressives, l'opacilication envahit de proche en proche les couches corticales sous forme de rayons ou de points. C'est principalement dans celles pathologiques que pareille marche progressive s'observe. Leur constitution est la même que pour la variété acquise.
La cataracte pyramidale réside en une opacification du pôle cristallinien antérieur et se caractérise par une saillie conique d'un blanc éclatant au centre de la pupille. Elle peut être congénitale ou consécutive à une perforation cornéenne. Dans ce dernier cas, on explique la production du cùne cataracte par des adhérences temporaires ou permanentes entre la cristalloïde et la cornée. Dans le premier, on a invoqué, sans preuve suffisante, un arrêt de développement des fibres cristalliniennes au niveau du pôle. Ce qui est constant, c'est que, dans les deux formes, l'épithélium capsulaire altéré et épaissi constitue une masse scléreuse qui d'un côté s'enfonce à la manière d'un clou dans la substance propre du cristallin, et de l'autre soulève la cristalloïde amincie et parfois fendillée. A l'examen histologique, on trouve des altérations identiques à celles signalées par Knies dans la cataracte polaire antérieure acquise.
La cataracte polaire postérieure se distingue également en congénitale et en tardive. Pour expliquer sa production, on invoque, non plus une lésion de l'épithélium capsulaire, qui manque à ce niveau, mais une altération du tissu de la cristalloïde avec dégénérescence des fibres correspondantes. La preuve que la substance propre de la lentille y prend une part réelle réside dans la présence à peu près constante de rayons opaques qui, partis du centre, vont en divergeant vers les couches corticales; aussi cette cataracte offre en général l'aspect d'une cupule de couleur grisâtre, habituellement plus saturée à la partie centrale qu'à la périphérie. L'opacification est quelquefois si étendue, qu'elle recouvre entièrement le champ pupillaire et qu'il est nécessaire, pour en apercevoir les limites, d'instiller de l'atropine. Presque toujours la forme acquise se lie à des chorio-rétinites, plus rarement à la myopie forte compliquée de staphylome postérieur; ce qui lui a valu le nom de cataracte pathologique. La forme congénitale dépend ordinairement de troubles évolutifs avec persistance fréquente de l'artère hyaloïdienne. Ajoutons que la coexistence d'une cataracte polaire antérieure est commune.
5i6 PATHOLOGIE DU CRISTALLIN.