Becker. Zur. anat. (1er Linse, 1883, p
l'ophtalmoscope et en tenant compte de l'abaissement corrélatif de la vue qu'on arrive au diagnostic exact. 11 est à présumer que bien des cas de ce genre ont dû être pris autrefois pour de l'amblyopic nerveuse.
Lorsque, à côté d'un noyau scléreux petit, il existe des couches corticales transparentes denses et comme cirrheuses, on est conduit à admettre faussement que la cataracte n'est pas mûre, cela d'autant mieux qu'un degré suffisant de vision subsiste longtemps. L'observation la plus curieuse à cet égard est celle de Becker, concernant un vieillard de 94 ans, qui avec des verres -+- 2 jouissait des deux tiers de son acuité visuelle.
Anatomiquement, la phacosclérose réside dans le tassement des fibres cristalliniennes, avec de rares lacunes remplies d'une substance grenue. Ce n'est guère qu'à l'équateur qu'il subsiste une mince couche transparente.
Dans ces cataractes, surtout celles foncées et noires, on rencontre parfois Varc sénile provenant des altérations de l'épithélium sous-capsulaire devenu vésiculeux. Sur tout le reste de la cristalloïde antérieure, dense et résistante, les cellules épithéliales sont aplaties et pauvres en protoplasma.
La substance propre subit des modifications chimiques importantes. D'après Catm1, la globuline se transforme en un composé albuminoïde insoluble dans l'eau et l'acide carbonique; la leucine de 0,65 pour 100 monte à 4,5 pour 100; la cholestérine, de 0,62 à 6,22; les matières extractives solubles dans l'eau et l'alcool augmentent du double, 2,24 au lieu de 1,12; il en est de même des sels, dont la proportion est de 1,70 et non de 0,90 comme à l'état normal.
Ces analyses n'auraient une réelle valeur que si elles étaient faites sur des cristallins normaux et cataractes provenant d'individus du même âge, tandis qu'on a pris comme terme de comparaison des lentilles transparentes d'animaux jeunes pour la plupart.
Un fait important signalé par Deutschmann est l'augmentation de l'albumine dans l'humeur aqueuse, ce que l'auteur attribue à la diffusion de la substance cristallinienne altérée vers le liquide de la chambre antérieure. Ce qui tendrait à prouver l'exactitude de cette conception, c'est que, dans le cours du mal de Bright, la proportion d'albumine n'augmente pas.
Armagnac* rattache la couleur acajou ou franchement noire de certaines cataractes à la présence de grains d'hématoïdine. Comme 0. Becker, dans les examens que nous avons pratiqués, nous n'avons jamais rencontré de pigment; aussi sommes-nous porté à croire que
\. Caiix, Zur Physiol. und Pathol. Chcmic des Auges, Thèse de Strasbourg, 1881. 2. Arsiagsac, Note sur la cataracte noire [Journ. de Méd. de Bordeaux, IX, p. 557).
cette coloration est due au tassement excessif des fibres du cristallin. Ce qui est certain, c'est qu'une fois la cataracte noire extraite, elle apparaît beaucoup moins saturée. Deux fois seulement nous avons observé des lentilles d'un noir charbonneux au centre, recouvertes en partie ou en totalité d'une couche corticale d'aspect crayeux.
D. — CATARACTE CAPSULAIRE
Le temps n'est pas encore très éloigné où l'on considérait comme constante la participation de la capsule dans la cataracte. Malgaigne ayant nié le fait, on se livra à de nouvelles études, tant en France qu'à l'étranger.
Ad. Richard et Ch. Robin1 arrivèrent au résultat que la capsule présente souvent des lésions sur sa face externe et dans son épaisseur. Lomeyer et Rroca insistèrent sur le fendillement des cristalloïdes ; pendant que Millier, partageant l'opinion de Malgaigne, attribuait l'intransparence de la capsule à des dépôts cataractes sur sa face profonde. Les travaux récents ont démontré que, sans être fréquentes, les opacités capsulaires n'en existent pas moins, principalement vers les pôles. Il est rare de voir les
cristalloïdes entièrement opa- .,-,.;. ... , •
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cataractes secondaires, consé- ijP^r^VpsC -.\v ''■&'■■ IIÈS •>cutives à un traumatisme du ^3^p^jp*=fa^'V__^ {/}) O
cristallin ou compliquées d'iri- M^^^Ê -J^^S^^-^^^fiL do-cyclite chronique, qu'on <^y'T'C..ys^^^\!'':'s:'^H^^ observe des altérations aussi "^,'©/v '■-[-. : 0---J1' ïMÊÊÊSï étendues. ■■-SSpt ®^'^f^% p & Q)Êf
Ce qui ressort nettement, ^|^^^®îi^^S&^^^^^, c'est que l'épithélium endo- '/^■-x^-i^S-^'^-'' & A'fe^Q* capsulaire est principalement \-^ ç^"^\ î SpfS?
en cause, et que les novaux ; ® \ x'®>^~m }si)l ' "** des libres sont partois altères.
Les cellules qui le composent Fi?- 155- ~ Altération vésiculeuse de l'épithélium
,.p, capsulaire à divers stades; les cellules devenues
Commencent par prollterer complètement hydropiques sont dépourvues de
pour devenir vésiculeuses, noyau.
surtout vers l'équateur. La
eristalloïde postérieure, normalement dépourvue d'épithélium, finit
par se recouvrir d'une couche d'éléments nouveaux. A une période
plus avancée, on rencontre sous la eristalloïde antérieure des amas
de corps fusiformes, analogues à ceux du tissu conjonctif néoformé,
souvent aussi des dépôts calcaires et de la cholestérine.
1. Ad. Richard et Ch. Rodix, Essai sur la nature de la cataracte capsulaire, 1855, Paris.
5kk PATHOLOGIE DU CRISTALLIN.
La prolifération de l'épithélium capsulaire se fait par kariokynèse. Ça et là, s'ajoutent des saillies verruqueuses épithéliales qui s'enfoncent plus ou moins dans la substance propre.
La dégénérescence vésiculaire est commune et doit être envisagée comme une altération colloïde, bien décrite par Wcdl.
Au sujet des éléments fuso-cellulaires, Manfredi y voit de véritables corps fibro-plastiqucs, parvenus dans le sac à Iravers une brèche de la capsule. Mais le fait qu'on les rencontre sans aucune perforation contredit nettement celte manière de voir. Nous ne nous arrêterons pas sur l'opinion qui veut que ce passage se fasse à travers des stomates de la cristalloïde que personne n'a constatées. La seule explication vraiment satisfaisante est celle faisant dériver ces corps du tissu propre de la capsule très probablement d'origine mésodermique. Disons toutefois que, pour la plupart des histologistes, la membrane enveloppante du cristallin rentre dans la catégorie des productions vitreuses cuticulaires.
Les dépôts terreux et de cholestérine, outre qu'ils sont propres aux cataractes avancées, se rencontrent de préférence au voisinage des pôles.
La capsule rendue opaque tend sans cesse à se rétracter. C'est à cela qu'est due la déchirure de la zonule et la luxation du cristallin survenant spontanément ou sous le moindre effort.
Les altérations épithéliales sont les mêmes dans les cataractes consécutives, pathologiques et Iraurnatiques. Certaines d'entre elles, à cause de leur siège précis et de leur mode de production, méritent une description à part. Ce sont la cataracte polaire antérieure, sa variété dite pyramidale et la cataracte polaire postérieure.
Les deux premières peuvent être congénitales ou acquises, et succéder à une perforation du centre de la cornée, avec ou sans fistule.
Comme exemple de cataracte antérieure acquise, nous mentionnerons l'observation de Knies1 suivie d'examen anatomique. 11 s'agissait d'un nouveau-né, dont la cornée s'était perforée au centre dans le cours d'une ophtalmie purulente diphtéroïde. La cataracte, de couleur crayeuse, était formée par la capsule opacifiée et finement striée en travers. En ce point, Knies trouva une première couche de cellules fusiformes stratifiées à noyau allongé, puis des cellules épithéliales arrondies, et plus en arrière des gouttes myéliniques. Partout ailleurs le cristallin était normal.
Ces formes sont rares, eu égard à la fréquence des perforations cornéennes tant spontanées que traumatiques.
Nous sommes insuffisamment renseignés jusqu'à présent sur l'origine des cataractes polaires congénitales. Ce que nous savons de plus