F. — CATARACTES DIABETIQUES ET ALBUMINURIQUES
A part leur étiologie, ces cataractes n'offrent rien de spécial. Blanches et molles lorsqu'il s'agit de jeunes sujets, elles revêtent communément la forme sclérosique chez les vieillards.
Pour expliquer leur production, on a fait intervenir l'action chimique du glucose sur la substance albuminoïde du cristallin, ou encore la déshydratation de ce dernier par le fait de la polyurie. Ces arguments nous paraissent insuffisants, attendu que, pour provoquer expérimentalement l'opacification du cristallin, il est nécessaire de se servir d'une solution de glucose à 5 pour 100, alors que l'humeur aqueuse, chez les diabétiques avérés, n'en contient pas plus de 0,40 à 0,50 pour 100. Une autre preuve de non moindre valeur est la proportion peu élevée des cataractes chez les diabétiques, 5 sur 1 000 environ.
Les expériences qui consistent à rendre les grenouilles cataractées à l'aide d'injections hypodermiques de sel marin (Kùnde1), de glucose (Richardson2), ou encore en enfermant ces animaux dans des espaces surchauffés, ne sont guère convaincantes. Il suffit, en effet, de laisser éliminer ces substances, ou de replacer les grenouilles dans l'eau pour que la lentille, momentanément opacifiée, recouvre sa transparence. Il nous paraît dès lors plus logique d'admettre que la cataracte qui s'observe généralement à la période avancée du diabète dépend d'une lésion de nutrition de l'œil, consécutive à une dystrophie de l'organisme. Nous pourrions citer à l'appui l'observation d'un malade qui, atteint de mal de Bright, offrait à la fois une double cataracte blanche demi-molle et de la papillo-rétinite albuminurique sur les deux yeux. Ce n'est que chez les jeunes sujets non dyscrasiés qu'on pourrait attribuer une certaine action chimique du sucre et de l'albumine sur le cristallin.
Au point de vue opératoire, on craignait beaucoup autrefois toute intervention chirurgicale. Aujourd'hui, grâce à l'antisepsie, l'extraction est suivie de succès, pourvu que les malades ne soient pas profondément débilités.