Willuckge, Nuremberg
2. Schiferli, Dis. de cataracta, Iena, 1 796. 5. Sciiabp, Philosoph. Transaet., 1753.
i. Béer, Méthode den grauen Staar sammt der Kapsel auszuiiehen, Yuen, 1799.
plus grande étendue du traumatisme et les dangers résultant de l'indocilité des opérés, enfants pour la plupart. Nous répondrons que non seulement la sécurité opératoire est absolue, pourvu qu'on agisse sous le chloroforme, mais que la cicatrisation s'effectue en deux ou trois jours au plus, sans douleur ni réaction sensible. Dès ce moment tout est terminé, alors qu'avec la discision la résorption est lente, souvent compliquée d'accidents inflammatoires, sans compter qu'on est parfois obligé d'intervenir à nouveau.
L'extraction linéaire simple s'exécute de la façon suivante :
La pupille étant largement dilatée par l'atropine, le blépharostat en place, et l'œil lavé antiseptiquement, on fixe le globe avec la pince en saisissant un pli du limbe conjonctival au point diamétralement opposé à la pénétration de l'instrument.
La pointe d'une large pique triangulaire droite ou légèrement coudée sur le plat est enfoncée perpendiculairement dans la cornée, à 2 millimètres en dedans de l'anneau scierai; on en abaisse alors le manche, de façon à faire cheminer la lame parallèlement à l'iris jusqu'à l'extrémité opposée de la chambre antérieure, et l'on retire l'instrument de l'œil.
L'incision verticale doit mesurer extérieurement de 5 à 6 millimètres. Pour Travers, elle comprenait un quart de la circonférence de la cornée, d'où le nom de quarter section qu'il donnait à son procédé. Plus tard, les deux Jseger proposèrent la désignation d'extraction linéaire, qui a prévalu.
Comme le canal de la plaie est plus exigu vers la profondeur, nous avons pris l'habitude, avant de retirer définitivement la pique, de lui imprimer un mouvement de latéralité, à droite et à gauche, pour donner à l'incision partout la même étendue et faciliter ainsi les manœuvres ultérieures.
Afin d'éviter la blessure du cristallin ou de l'iris, pendant que l'humeur aqueuse s'écoule et que la chambre antérieure s'efface, il faut avoir soin d'appliquer le plat de l'instrument le plus près possible de la face postérieure de la cornée.
Le second temps consiste à introduire par le dos un kystitome coudé, qu'on fait cheminer doucement entre la cornée et l'iris, jusqu'à ce que sa pointe parvienne au bord opposé de la pupille. Dirigeant alors le tranchant en arrière, on divise linéairement la capsule par un simple mouvement de retrait de la pointe; puis on tourne l'instrument d'un quart de cercle, de façon à ramener la pointe à plat, et on le retire définitivement par un mouvement oblique à celui de son entrée.
Partant du fait qu'une fois l'humeur aqueuse écoulée, l'orifice pupillaire, bien que largement dilaté par l'atropine, se resserre, il
nous arrive souvent de confondre les deux temps, ponction coméenne et kystitomie.
Lorsqu'on veut procéder de la sorte, on enfonce d'emblée la pique jusque dans la cristalloïde antérieure, puis, abaissant horizontalement le manche, on élargit l'ouverture capsulaire, et l'on achève la section de la cornée de la façon précédemment décrite. A mesure que l'instrument est retiré, l'humeur aqueuse s'écoule lentement, et les couches cataractées molles ou liquides ne tardent pas à faire irruption au dehors. Lorsqu'il en est autrement, il suffit de déprimer avec la pique la lèvre postérieure de la boutonnière cornéenne, pendant qu'avec la curette ou la spatule on exerce une légère pression sur la cornée.
En supposant que, par suite de la consistance visqueuse de la cataracte ou de la présence d'un noyau scléreux, cette manœuvre reste incomplète, on achève l'extraction à l'aide de la curette introduite dans la chambre antérieure, pendant qu'avec la spatule on déprime la cornée en sens inverse.
Dans la crainte d'une perte du vitré et d'une hernie de l'iris, on a conseillé, la ponction et la discision effectuées, de procéder à l'extraction par des pressions digitales à travers les paupières demicloses. Nous ne contestons pas qu'on ne puisse réussir, mais, lors de noyau scléreux, on risque de le laisser en place, outre qu'on s'expose à infecter la plaie, mise en contact avec le bord libre des paupières.
Lorsque l'opération a été bien conduite, le succès immédiat est la règle. C'est à peine si'l subsiste plus tard sur la cornée une ligne légèrement opalescente correspondant au passage de la pique. A part une mince membranule visible seulement à l'éclairage oblique, le champ pupillaire recouvre toute sa pureté et l'iris sa mobilité. Pour obtenir ce résultat dès le second ou le troisième jour, on doit procéder à des instillations d'atropine.
Le prolapsus irien et une certaine perte de vitré sont exceptionnels. Pour éviter le premier accident il suffit de se conformer minutieusement aux règles opératoires précédemment posées, et instiller de l'ésérine sitôt après l'opération. De môme, on refoulera dans la chambre antérieure à l'aide de la spatule tout enclavement, et l'on fera de légères frictions digitales sur la cornée à travers les paupières. Si l'on échoue, il faut séance tenante retrancher avec les ciseaux la portion prolabée.
La perte du vitré n'a vraiment d'importance que lorsqu'elle est abondante et se produit sitôt après la kératotomie. Pour la prévenir, on se garde d'exercer sur l'œil des pressions trop fortes au moment de la ponction cornéenne et de la kystitomie. Si elle survient malgré tout,
on pratique une petite iridectomie, et avec la curette introduite directement derrière le cristallin on opère facilement l'extraction.
L'enclavement capsulaire est rare, et n'est à craindre que dans les cas où l'on combine l'iridectomie.
Le pansement consiste en rondelles de gaze et d'ouate hydrophile, le tout maintenu à l'aide de quelques tours de bande. Pendant deux ou trois jours, le pansement est laissé en place; après quoi, on lui substitue un simple bandeau noir flottant ou des conserves garnies de taffetas noir sur les côtés. Huit à dix jours au maximum suffisent pour la guérison définitive.