‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 380 sur 547 · Schweigger, Cenlralb. /'. prakt. Augcn/i · texte numérisé non relu

Schweigger, Cenlralb. /'. prakt. Augcn/i

5. Catham Thompson, Ophlh. H. R., XIII, p. 59, 1890. (S. HinscHBEKG, Cenlralb. f. Augenh., juillet, 1890.

Au premier abord, on sérail tenté de répondre par l'affirmative ; mais si l'on tient compte des défauts optiques inhérents à tout œil privé de cristallin, même après correction, on ne tarde pas à se convaincre que les malades se montrent en général peu satisfaits, attendu que pour lire et travailler de près ils sont obligés la plupart du temps de fermer l'œil opéré.

Que serait-ce si, au lieu d'un succès complet, il survenait une cataracte secondaire ou des complications entraînant l'occlusion totale de la pupille! Pour notre compte, à quelques exceptions près, nous pensons qu'on ne doit pas intervenir tant que le second œil possède un degré de vision permettant au malade de se livrer à ses travaux.

Dans les professions où le sujet a besoin de toute l'étendue de son champ binoculaire, il est permis de se départir de cette règle; et il en est de même chez les myopes, qui une fois débarrassés de la cataracte, se servent volontiers de l'œil opéré pour la vision à distance, et de l'autre pour fixer les objets rapprochés.

Ce qui vient d'être dit concerne exclusivement les cataractes spontanées et non celles trainnatiques, qui, bien qu'habituellement unilatérales, exigent souvent une intervention rapide, surtout lorsqu'il survient du gonflement du cristallin avec complications glaucomateuses. Dans ce cas, l'extraction avec iridectomie est préférable à cause des synéchies iritiques qui en sont l'accompagnement inévitable.

10. — EXTRACTION DES CATARACTES SECONDAIRES ET DE CELLES REDUITES OU SILIQUEUSES

Ces cataractes, formées par des restes capsulaires avec addition de couches corticales et parfois de dépôts plastiques, s'observent à la suite d'extractions incomplètes ou de blessures du cristallin.

Entre la variété aride siliqueuse, caractérisée par son intransparence absolue, et une membranule à peine opalescente, on rencontre tous les intermédiaires.

Dès le xvnie siècle, les cataractes secondaires attirèrent l'attention de Deider, de Hoin et surtout de Saint-Yves et de Béer1. Rognetta2 proposa le premier l'emploi d'un emporte-pièce destiné à perforer la cloison.

Débarrasser à fond le champ pupillairc constitue la condition primordiale pour les éviter. On comprend d'après cela que les cataractes faciles à extraire cemme celles scléreuses et morgagniennes, exposent bien moins à cette complication que celles molles et non mûres. Il va

1. Beer, Sallzburger Med, Chir. Zeitschrift, 1799. i. Rogsetta, Bull. gcn. de Thérap., 1834.

sans dire que, lorsqu'il s'agit d'une cataracte capsulo-lenticulaire et qu'on néglige d'enlever la capsule, la cataracte consécutive se trouve par cela même constituée.

Etant donnée la part que prennent les exsudats iritiques dans leur production, on conçoit que l'antisepsie, en supprimant les inflammations post-opératoires, ait par cela môme diminué leur fréquence.

Toutes les fois que la vision est insuffisante, une intervention s'impose alors qu'on peut se dispenser d'agir dans les simples membranules transparentes ne compromettant pas sensiblement l'acuité visuelle. Entre Knapp qui conseille la discision dans tous les cas, et Gayet qui n'intervient qu'exceptionnellement, il faut savoir tenir un juste milieu.

L'époque de l'intervention n'est pas indifférente. En général, nous préférons attendre que toute réaction ait disparu et que la capsule soit bien organisée, afin d'offrir plus de prise aux instruments; cela exige environ six semaines à deux mois.

Les méthodes opératoires varient.

Lors de fines membranules dépourvues de toute adhérence iritique. on se contentera de la discision à une seule aiguille, plutôt qu'avec deux comme le conseillait Bowman1. Certains préfèrent le couteau de v. Grsefe ou la fine serpette de Knapp.

Les précautions à prendre se résument dans l'antisepsie et la dilatation préalable de la pupille. Pour bien éclairer le champ opératoire, on emploie en général un petit photophore électrique tenu obliquement par un aide.

L'écarteur des paupières étant en place et le globe fixé au moyen de la pince, on fait pénétrer l'aiguille à discision en haut, au niveau de l'un des rayons obliques de la cornée à 2 millimètres en dedans de sa périphérie. La petite cicatrice qui en résulte se trouve ainsi masquée par la paupière supérieure.

La pointe de l'aiguille une fois parvenue au bas du champ pupillaire, on divise verticalement la capsule dans l'étendue de 4 à 5 millimètres au plus; à quoi on peut ajouter une seconde incision cruciale. Cela fait, on retire lentement l'aiguille au dehors, afin d'éviter l'issue brusque de l'humeur aqueuse, l'adossement de l'iris et l'enclavement d'un lambeau capsulaire dans le trajet de la plaie.

Lorsqu'on se sert de deux aiguilles de Bovvman, on enfonce d'abord celle tenue de la main gauche, puis l'autre guidée par la main droite de la môme façon que précédemment. On fait converger les deux pointes vers le milieu de la membrane, puis on les écarte simultanément, de manière à refouler les feuillets ainsi dilacérés. Cette ma-

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