Bjerrdsi, Congrès de Copenhague
REUNITES. 633
D'après Konigstein et Schleich, ces hémorrhagies se produisent pendant l'accouchement ou peu de temps après, et reconnaissent pour cause la longueur du travail par étroitesse du bassin.
Si l'on réfléchit à leur fréquence, comparée à la rareté des apoplexies de la conjonctive, on est conduit à incriminer moins la stase céphalique que l'exagération de tension due à la compression du crâne. Dans ces conditions, il se produit une gène réelle de la circulation en retour de la cavité oculaire vers les sinus, d'où distension et hémorrhagie par diapédèse, ou rupture des veines rétiniennes.
Lorsque les infarctus sont peu étendus et n'intéressent pas la macula, ils se résorbent sans laisser de troubles visuels. Dans le cas contraire, il survient de l'amblyopie périphérique ou centrale, qui souvent a dû être confondue avec celle par évolution défectueuse de la rétine ou du nerf optique. De là la nécessité, lors d'amblyopie congénitale, de se renseigner sur les particularités de l'accouchement, avant de se prononcer.
Le traitement des hémorrhagies rétiniennes doit s'adresser aux causes qui les provoquent. En dehors des dyserasies et de l'artériosclérose, dont nous nous occuperons à propos des rétinites hémorrhagiques, on doit s'attacher à combattre chez la femme les troubles menstruels et, dans les deux sexes, toute maladie ayant pour siège le tube digestif. En cas d'alcoolisme et de syphilis, on prescrira une médication appropriée. Chez les individus âgés, il faut songer au glaucome hémorrhagique et explorer le tonus: chez les jeunes sujets, l'anémie, l'hémophylie ou l'hypercardie de croissance étant souvent en cause, on s'adressera à l'hygiène, à l'hydrothérapie et aux toniques.
RÉTINITES
La rétine, pourvue d'un système vasculaire propre et enfermée de toutes parts dans la coque oculaire, peut être considérée comme s'étendant du nerf optique en arrière au bord de la pupille en avant. Toutefois, étant donné le changement histologique qu'elle subit à partir de l'ora serrata, où elle se réduit à de simples cellules pigmentaires et épithélioïdes incolores, il faut nécessairement exclure les processus inflammatoires qui atteignent cette région, pour les rattacher aux cy dites et aux iritis.
Bien que séparée du cerveau, dont elle fait partie dans les premiers stades de la vie embryonnaire, la rétine n'en continue pas moins à avoir des rapports avec l'encéphale, par l'intermédiaire du nerf optique et de ses gaines. De là cette déduction importante, que les lésions
ayant pour siège les centres nerveux peuvent se propager à cette membrane, et réciproquement. C'est sur ce fait qu'on a cru devoir fonder la cérébroscopie rétinienne, dont on a démesurément exagéré l'importance.
La rétine, à cause de son siège profond et de l'isolement de son système vasculaire, comporte une pathologie spéciale; aussi la plupart des maladies qui l'atteignent sont d'ordre médical et reconnaissent souvent pour origine des dyscrasies ou des intoxications.
Grâce aux travaux modernes basés sur l'anatomie pathologique et l'ophtalmoscope, le chapitre des rétinites et des névrites optiques est devenu un des plus attrayants et des mieux connus de la pathologie oculaire. On ne saurait dès lors trouver trop longs les détails dans lesquels nous croyons entrer.
A. — RÉTINITES HÉMORRHAGIQUES
Dans ce chapitre, nous étudierons tout un groupe d'inflammations caractérisées par de nombreuses extravasations sanguines avec infiltration séreuse de la rétine.
Habituellement bilatérales, les rétinites hémorrhagiques reconnaissent comme origine diverses dyscrasies, parmi lesquelles nous trouvons en première ligne l'albuminurie et le diabète, puis l'oxalurie, la phosphaturie, la leucémie et l'impaludisme. De là autant de variétés qui, à cause de leur pathogénie, méritent une description à part.