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DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

Le décollement rétinien n'est véritablement connu que depuis la découverte de l'ophtalmoscope. On a prétendu à tort que Saint- Yves1 l'avait signalé; s'il en parle, c'est au sujet des mouches volantes, qu'il attribuait faussement à des soulèvements partiels de la rétine. Au point de vue anatomique, Morgagni, Haller, Ware, Wardrop, Panizza et v. Ammon n'ont fait que le mentionner. De leur côté, SicheP, puis Arlt3, ont tenté d'en donner une description clinique. Pour ce dernier, ainsi que pour Wardrop, la cause était une choroïdite exsudative, alors que Sichely voyait une affection de la membrane de Jacob, représentée comme on sait par le névro-épithélium.

Ce n'est qu'en 1855, deux ans après la découverte de l'ophtalmoscope, que Coccius, puis v. Trigt, exposèrent les signes du décollement; mais il faut arriver à v. Greefe4 pour trouver une description détaillée de celte maladie.

A l'ophtalmoscope, on est frappé tout d'abord par la présence d'un reflet opalescent du fond de l'œil, et par des sortes de plis ou de crêtes dans les divers mouvements du globe. Par une exploration plus attentive, on découvre des lignes foncées en zigzag représentant les vaisseaux rétiniens dépourvus de leur raie lumineuse centrale; on dirait des tubes vasculaires thromboses, tellement leur couleur est sombre. Au niveau des bords du décollement, ils décrivrent des crochets d'autant plus accentués que la saillie est plus forte et plus abrupte.

L'examen par l'image droite, pratiqué comparativement sur la partie décollée et sur celles restées en place, permet de mesurer le degré de la proéminence. Par l'image renversée, on embrasse non seulement une plus grande étendue du décollement, mais on détermine ses rapports avec la papille, ainsi que l'état de la rétine dans les parties saines. Pour cela, l'emploi d'une forte lentille de 18 à 20 dioptries et la dilatation préalable de la pupille sont nécessaires.

Lorsque le soulèvement est peu accentué et que le liquide demeure transparent, il est parfois difficile de se prononcer. Cependant, en tenant compte que la choroïde sous-jacente apparaît moins nettement

1. Smkt-Yyes, Nouveau Traité des maladies des ycu.r, Paris, 17, 22, p. 351.

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