DECOLLEMENT DE LA RÉTINE
que partout ailleurs, que les vaisseaux décrivent des flexuosités et sont dépourvus de leur raie lumineuse, que leurs mouvements parallactiques sont changés, que la rétine se montre plissée, et que finalement il existe une lacune dans le point correspondant du champ visuel, on ne manque pas d'arriver au diagnostic exact.
En général, le décollement débute par la partie supérieure, pour gagner bientôt l'inférieure avec ou sans réapplication du point primitivement détaché. Toujours est-il que, une fois établi, il tend sans cesse à s'étendre, jusqu'à ce que la rétine, entièrement détachée et plissée sous forme de fourreau de parapluie ou de convolvulus, ne tienne plus qu'au disque optique en arrière et à la zone ciliaire en avant. Un décollement nettement circonscrit, à bords abrupts et peu plissés, doit faire songer à un néoplasme choroïdien préexistant. Lorsque la partie décollée occupe la macula, le centre se présente souvent sous l'aspect d'une plaque rouge sombre qu'entoure une auréole grisâtre. On évitera de confondre cette disposition avec l'embolie de l'artère centrale, en tenant compte de l'intégrité des vaisseaux papillaires et du plissement de la rétine autour de la macula.
Si le décollement est ancien, il n'est pas rare de rencontrer des apoplexies, des amas pigmentaircs, des paillettes de cholestérine, des corps colloïdes, ou encore des tractus blancs tendineux rappelant la rétinite proliférante de Manz. Lorsqu'il est dû à un traumatisme, ou d'origine syphilitique, on observe souvent, comme l'ont signalé Steffan1 et Hirschberg2, des foyers apoplectiques, ainsi que des hémorrhagies vitréennes et sous-rétiniennes qui donnent à la région décollée une coloration brune ou verdàlre.
Pour les décollements liés à une choroïdite myopique ou à une rétinite hémorrhagique, rien n'est commun comme la présence dans le vitré de corps flottants, quelquefois tellement nombreux que l'œil devient inéclairable. Seuls les antécédents, la consistance molle du globe et des lésions choroïdiennes myopiques de l'œil opposé peuvent alors mettre sur la voie.
Les déchirures spontanées qui ne sont pas constantes siègent d'habitude à la périphérie et affectent la forme d'une fente à bords recroquevillés dans le sens du vitré; au fond, on aperçoit la choroïde, et tout autour un liséré jaunâtre bordé de pigment.
La partie de la rétine restée en place n'est pas toujours exempte de lésions, et revêt parfois l'aspect flou de la rétinite albuminurique, par suite de l'œdème des éléments. Le disque optique légèrement hyperhémié au début, redevient normal ou se décolore.