‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 434 sur 547 · Hirschcerg, Klin. Beob. ans. d. Augenh., Wien · texte numérisé non relu

Hirschcerg, Klin. Beob. ans. d. Augenh., Wien

Dans le décollement par rétinite septique, le fond de l'œil est de couleur jaune citron, outre qu'il s'ajoute des plaques hémorrhagiques disséminées et un réseau capillaire de nouvelle formation ; on se gardera de confondre cet état avec le cysticerque sous-rétinien et le gliome de la rétine.

Les symptômes fonctionnels varient d'après l'étendue et le siège du décollement, la brusquerie ou la lenteur de son apparition, la présence ou l'absence de lésions concomitantes de la rétine, du cristallin et de la choroïde. L'acuité visuelle peut être conservée, affaiblie ou entièrement abolie, suivant le plus ou moins de lésions maculaires. Parfois cependant, sans qu'il y ait participation de la macula, l'amblyopie est très accentuée dès le début; cela s'observe surtout dans les décollements à marche brusque et tient aux tiraillements exagérés de la rétine. Il en est de même lorsqu'il existe un degré très élevé d'hypermétropie provoquée par la translation en avant de la membrane rétinienne. En pareil cas, l'emploi de verres correcteurs améliore la vision; particularité dont il faut tenir compte pour la détermination exacte de la part d'amblyopie qui revient au décollement.

A ces troubles, se joint constamment de la métamorphopsie. Le malade voit les objets déformés et flous ; une ligne droite lui apparaît brisée, en zigzag, ou pour le moins recourbée. Toujours il existe dans la partie du champ visuel diamétralement opposé un scotome en rapport avec l'étendue, la forme et le siège du décollement. Suivant le degré de sensibilité de la rétine, l'individu aperçoit une simple nébulosité grisâtre demi-transparente ou bien un voile obscur. L'illusion est parfois telle que les malades essaient de saisir l'objet imaginaire qui leur masque la vue; certains accusent même de l'érythropsie ou de la cyanopie.

A mesure que le détachement progresse, le rétrécissement gagne au point de ne laisser intacte qu'une zone très restreinte. Finalement celle-ci disparaît à son tour, et l'œil devient totalement amaurotique.

Il n'est pas rare de voir survenir sans cause appréciable des améliorations passagères, qu'il faut se garder d'attribuer au traitement mis en usage. Il s'agit tout simplement de phénomènes nutritifs spontanés qui restreignent pour un temps les progrès de l'affection.

Il est bon de noter qu'il n'existe pas toujours un rapport constant entre les dimensions du scotome et celles de la partie décollée. Souvent on constate un scotome peu prononcé avec un vaste décollement ; le contraire est plus rare et ne s'observe qu'au début, à la suite des tiraillements qu'exerce la poche hydropique sur les parties adjacentes.

Pareille contradiction entre les symptômes objectifs et fonctionnels peut se manifester, suivant que la rétine détachée conserve ses fonctions ou les perd de bonne heure ; tout dépend ici de l'intégrité ou de

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la désorganisation rapide des éléments percepteurs. Pour porter un jugement sur les progrès ou la rétrocession de la maladie, il faut donc s'adresser, non seulement au diagramme fourni par l'exploration du champ visuel, mais aussi et surtout à l'examen ophtalmoscopique.

Au niveau du décollement, le sens lumineux est toujours aifaibli ; aussi, lorsque le jour baisse, l'incapacité fonctionnelle augmente, ce que Forster', à l'aide de son photomètre, a constaté dans la majorité des cas.

La photopsie est fréquente, non seulement au début, mais aussi dans une période assez éloignée. Il s'agit là sans doute de phénomènes d'excitation qui témoignent que la sensibilité de la rétine n'est pas entièrement abolie.

Le sens chromatique est en général conservé; dans quelques cas exceptionnels où il y a clyschromatopsie, c'est surtout le bleu et le vert qui sont confondus.

La marche de l'affection est variable. Le plus souvent le début en est brusque; d'autres fois on assiste à des prodromes consistant en phénomènes lumineux, étincelles, raies de feu, rarement à des obscurcissements périodiques, comme dans le glaucome.

La plupart des décollements sont progressifs, excepté ceux qui, succédant à une déchirure spontanée, arrivent à se recoller avant que les éléments rétiniens n'aient dégénéré. De Graefe, Hirschberg, Steiïan, ont cité des exemples de cette terminaison heureuse; le fait a été également observé dans les décollements consécutifs à une rétinite albuminurique (Bucht)'- ou à un phlegmon orbitaire (v. Grœfe3).

Ceux qui ont pour cause une lésion curable de la choroïde, la rétincchoroïdite syphilitique entre autres, peuvent aussi rétrocéder sous l'influence du traitement; mais, lorsqu'ils sont le résultat d'une forte myopie, il ne faut guère compter sur une issue favorable.

Plus la lésion est ancienne et moins il y a lieu d'espérer la guérison ; ce qui est le cas des vieux décollements compliqués de cataracte et d'adhérences iritiques. On rencontre néanmoins çà et là quelques faits où l'on a pu constater après l'extraction de la cataracte la réapplication de la rétine, avec conservation d'un certain degré d'acuité visuelle. Th. Leber4 cite un exemple de ce genre; de notre côté, nous avons observé un cas analogue.

Les causes du décollement rétinien sont nombreuses. En premier lieu, nous signalerons la scléro-choroïdite postérieure myopique à un degré avancé, compliquée ou non de synchisis du vitré ; les trauma-

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