‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 451 sur 547 · Hoscii, Arch. f. Aagenh., XVIII, p · texte numérisé non relu

Hoscii, Arch. f. Aagenh., XVIII, p

2. Buown, :J.ourn. of Oplh. Oltol. and Laryng., avril 1891. 5. Helfreich, v. Grœfc, Arch., XXI, 2, 1875.

NEOPLASMES DE LA RETINE. 677

fréquence ne dépasse guère 1 à 2 cas sur 5 000 malades, et le chiffre décroît rapidement avec l'âge. C'est ainsi qu'au-dessus de six ans, la proportion est de o pour 100 et tombe à 1 pour 100 de sept à onze ans. Ordinairement un seul œil est affecté; lorsque les deux sont pris, il s'agit presque toujours de gliômes congénitaux, ou développés dans le cours de la première année de la vie.

Un fait digne de remarque est l'envahissement du second œil, sans que le tractus oplico-chiasmalique serve de lieu de passage. C'est ce que nous avons constaté à l'autopsie d'un enfant, où la tumeur avait pénétré dans le crâne au point d'aplatir le lobe frontal; malgré cela le gliôme du second œil était tout à fait indépendant.

11 n'y a rien de particulier à signaler au point de vue de la constitution; les enfants chétifs, comme ceux pleins de santé, peuvent être atteints. Une maladie antérieure de l'œil parait être également sans action, et le traumatisme lui-même ne saurait agir que sur des sujets prédisposés.

Le pronostic est très grave. Pour notre compte, nous n'avons vu échapper à la mort aucun malade, alors même que nous sommes intervenu de bonne heure. Tous les auteurs ne sont pas de cet avis, et Lagrange1 conclut à la curabililé, en s'appuyant sur vingt guérisons relevées dans divers périodiques. De leur côté, Lawford et Collins, sur 60 cas recueillis exclusivement dans les hôpitaux, arrivent au chiffre de 8 guérisons dont 5 remontant à dix-neuf ans de date.

Sans contester que parfois il puisse en être ainsi, nous ferons observer que si les succès ont été publiés intégralement, il est loin d'en être de même des revers. De plus, on doit compter que, parmi les cas réputés guéris, il a dû se glisser des erreurs de diagnostic. A cet égard, l'observation personnelle de Lagrange n'est pas sans nous inspirer des doutes. C'est ainsi qu'au point de vue clinique, la marche de l'affection nous semble différente de celle du gliôme. Le début remontait à deux semaines, et déjà l'œil était en pleine réaction inflammatoire, alors que les vraies productions gliomateuses possèdent une première période où tout se passe à froid. L'examen microscopique n'est guère plus concluant. Il est dit en effet que la tumeur se composait exclusivement de grosses cellules, et qu'il n'y avait qu'un très petit nombre de vaisseaux; tandis que ce qui caractérise le gliôme, ce sont de petites cellules rondes et des vaisseaux néoformés en abondance; de même la bouillie filamenteuse rencontrée dans le vitré est plutôt caractéristique d'un cysticerque.

Mêmes restrictions à faire au sujet de certaines hyalites et cyclites suppurées à marche chronique chez des enfants en bas âge. Ce sont là

l. Lagrahge, Arch. d'ophtalmologie, X, 1890.. . .■• •

autant de raisons qui nous font penser que l'affection ne le cède en rien en tant que malignité au pire des cancers.

D'Œnch1 sur 18 énucléations compte non moins de 15 insuccès et o cas où la récidive restait possible, les malades n'ayant pas été suivis assez longtemps.

Toute chose égale, la récidive est d'autant plus à craindre que le sujet est plus jeune; c'est ce qui explique le succès de Sinclair'2 chez un sujet de dix-neuf ans, atteint de gliôme bilatéral avec propagation dans l'orbite gauche. Une double énucléation avec évidement de la cavité orbitaire procura la guérison, qui ne s'est pas démentie six ans plus tard.

Une fois l'œil rempli par la tumeur, l'opération ne saurait offrir de sécurité que si l'on excise le nerf optique aussi loin que possible, et si l'on procède à l'éviscération de l'orbite y compris le périoste. Dans la période d'exophtalmie fongueuse avec envahissement des paupières, alors surtout que des métastases se sont produites du côté des ganglions et des os, le cas est désespéré et mieux vaut s'abstenir. La conduite opposée, fondée sur le prétendu soulagement qu'on procure au malade, ne mérite pas d'être suivie.

L'opération reconnue utile, on commence par détacher circulairement les paupières à leur base, sauf du côté nasal où on laisse un pédicule. Le lambeau disséqué, on décolle à la rugine le périoste orbitaire jusqu'à l'entrée du nerf optique, et quelques coups de ciseaux courbes suffisent pour enlever le tout. Si des prolongements s'avancent du côté du nez et du sinus maxillaire, on les enlève et l'on gratte toute surface tant soit peu suspecte. L'extirpation terminée, on réunit par des sutures le lambeau bipalpébral et l'on bourre la cavité de l'orbite, après lavage antiseptique, avec de la gaze iodoformée. Certains opérateurs, pour mieux s'assurer de la destruction du point d'attache du néoplasme au canal optique, conseillent d'y appliquer de la pâte de Canquoin (Lawson), ou d'y porter le thermocautère. Étant (tonné la minceur des os et le voisinage immédiat des méninges, nous ne saurions recommander cette pratique, préférant de beaucoup la rugination à fond.

En supposant le succès obtenu, les paupières attirées fortement en arrière par le travail de cicatrisation des os arrivent à tapisser les parois de l'orbite, de façon à constituer une sorte d'entonnoir cutané. C'est là une difformité inévitable, alors même que l'on suturerait les paupières entre elles, ou que l'on appliquerait des lambeaux d'emprunt.

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